The Mountain Goats dévoile Days, un retour intense et chargé de nostalgie

Le prolifique groupe américain The Mountain Goats prépare son grand retour avec Days, un nouvel album attendu pour le 7 août prochain. Emmenée depuis le début des années 90 par l’inépuisable John Darnielle, la formation continue d’explorer les zones les plus sensibles de la mémoire, du temps qui passe et des failles humaines avec cette intensité littéraire qui fait sa signature depuis des décennies.

The Mountain Goats

Days poursuit l’héritage singulier de The Mountain Goats

À l’origine, ce nouvel opus devait s’intituler Grunges, pensé comme une sorte de prolongement conceptuel à l’album Goths, paru en 2017. Fidèle à son sens du récit, John Darnielle explique que l’idée est née d’une plaisanterie publiée sur les réseaux sociaux autour d’une chanson imaginaire baptisée Contemplating Pearl Jam in the Carolina Dawn. Derrière cette boutade s’est progressivement construit un disque traversé par les souvenirs des années 70, 80 et 90, comme une collection d’instantanés émotionnels parfois lumineux, parfois profondément troublants.

The Mountain Goats annonce Days

Le chanteur compare d’ailleurs la genèse de Days à celle du mythique All Hail West Texas, né pendant une absence temporaire de son épouse. Cette nouvelle série de chansons semble ainsi nourrie par la solitude, l’introspection et cette manière très particulière qu’a The Mountain Goats de transformer des fragments du quotidien en récits universels.

Days dévoile déjà un premier extrait marquant

Pour accompagner cette annonce, The Mountain Goats dévoile le single Charlie Sheen Reaches Out to the Feds, un morceau fidèle à l’écriture dense et imagée de John Darnielle. Entre ironie mordante et mélancolie diffuse, le titre donne un premier aperçu de l’atmosphère du disque, où les tonalités majeures masquent souvent des sentiments plus ambigus qu’il n’y paraît.

L’album a été produit par John Congleton et enregistré au célèbre studio Sear Sound, à Manhattan, toujours dirigé par la légendaire Roberta Findlay. Pour enrichir cette nouvelle aventure sonore, le groupe s’est entouré de nombreux invités prestigieux. On retrouve notamment Rob Jost à la basse et au cor français, les harmonies vocales de Catherine Russell, Jamie Leonhart et Carolyn Leonhart, ainsi qu’une participation de The Manhattan Transfer via Janis Siegel sur Hidden Majesty of Later Venom Albums.

Autre présence notable : Matt Nathanson prête sa voix sur Candlebox, tandis que Mikaela Davis apporte une touche aérienne à Going to Fennario grâce à sa harpe.

The Mountain Goats reste une référence de l’indie folk

Depuis ses débuts lo-fi enregistrés sur cassette jusqu’à ses albums les plus ambitieux, The Mountain Goats a construit une discographie impressionnante devenue culte auprès des amateurs d’indie folk et d’americana. L’écriture extrêmement narrative de John Darnielle, capable de mêler références culturelles, humour noir et émotion brute, a largement contribué à faire du groupe une formation incontournable de la scène indépendante américaine.

Avec Days, The Mountain Goats semble poursuivre cette quête artistique singulière : transformer le poids des souvenirs et l’érosion du temps en chansons profondément humaines. Un terrain que le groupe maîtrise mieux que quiconque.

Membres

John Darnielle : Chant, guitare, claviers
Peter Hughes : Basse, chant
Jon Wurster : Batterie, percussions
Matt Douglas : Claviers, guitare, cuivres, chant

Discographie sélective de The Mountain Goats

Albums studio
1994 – Zopilote Machine
1995 – Sweden
1996 – Nothing for Juice
1997 – Full Force Galesburg
1999 – The Coroner’s Gambit
2002 – All Hail West Texas
2002 – Tallahassee
2004 – We Shall All Be Healed
2005 – The Sunset Tree
2006 – Get Lonely
2008 – Heretic Pride
2009 – The Life of the World to Come
2011 – All Eternals Deck
2012 – Transcendental Youth
2015 – Beat the Champ
2017 – Goths
2019 – In League with Dragons
2020 – Getting Into Knives
2021 – Dark in Here
2022 – Bleed Out
2023 – Jenny from Thebes
2026 – Days

EPs
1994 – Beautiful Rat Sunset
1994 – Songs for Petronius
1995 – Yam, the King of Crops
2012 – Steal Smoked Fish
2020 – Songs for Pierre Chuvin

Lives
2009 – The Life of the World in Flux
2013 – Come, Come to the Sunset Tree

Compilations
2004 – Protein Source of the Future… Now!
2007 – Bitter Melon Farm
2007 – Ghana

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Big Scaries : la douce échappée de Lucy in the Lighthouse

Big Scaries

Il y a des disques qui s’écoutent, et d’autres qui se traversent comme des souvenirs. Avec Lucy in the Lighthouse, Big Scaries signent un EP court mais habité, une parenthèse suspendue entre adolescence rêvée et nostalgie douce-amère.

Le duo originaire des États-Unis, composé de Dean Chittenden et Gavin Kendrick Brown, n’a pourtant rien d’évident. Leur rencontre tient presque du paradoxe : l’un venait de l’indie rock, l’autre d’un folk sombre et tous deux semblaient d’accord sur un point… ne pas faire de folk. Raté. Ou plutôt, réussite inattendue. Car c’est précisément dans cette zone floue, entre leurs influences respectives, que leur musique trouve aujourd’hui sa justesse.

Au cœur de cet EP, il y a Lucy. Pas une personne réelle, mais une présence familière, comme une amie dont on aurait oublié le visage mais gardé les sensations. Lucy, c’est celle qui fuit, qui aime, qui doute  et surtout celle qui regarde le monde avec une intensité propre aux premières fois.

À travers elle, Big Scaries racontent moins une histoire qu’un état : celui d’un moment de vie où tout semble possible, où l’on construit son identité dans les marges, entre rébellion discrète et rêves trop grands.

Big Scaries Lucy in the Lighthouse

Le morceau-titre, Lucy in the Lighthouse, ouvre l’EP comme on entrouvre une fenêtre sur la nuit. On y croise des escapades clandestines, des toits surplombant la ville, des films projetés à la volée… et ce phare, surtout, figure centrale et presque mythologique. Refuge, repère, promesse d’ailleurs : il incarne ce besoin d’évasion qui brûle doucement à cet âge-là.

Avec Lucy is Sentimental, le ton se fait plus introspectif. La chanson capte ce moment étrange où l’on commence à comprendre que les choses passent — et que l’on s’y attache d’autant plus. Les objets, les lieux, les gens deviennent des points d’ancrage fragiles, mais essentiels.

Enfin, Lucy Loves Anarchy vient bousculer cette douceur avec une énergie plus libre, presque insouciante. On y retrouve le goût de l’interdit, les journées volées à l’école, les routes sans destination. Mais sous cette légèreté affleure une envie sincère : celle de choisir sa vie, à deux, loin des cadres imposés.

Ce qui frappe dans Lucy in the Lighthouse, c’est sa manière d’évoquer un monde d’avant, non pas avec mélancolie pesante, mais avec une forme de tendresse lucide. Un temps où les souvenirs ne passaient pas par un écran, où les liens se construisaient dans la présence, dans le silence parfois, dans l’intensité souvent.

Big Scaries ne cherchent pas à recréer cette époque : ils la réinventent, à travers une écriture sensible et une atmosphère enveloppante. Leur musique agit comme un déclencheur, une madeleine sonore qui laisse à chacun la place d’y projeter ses propres images.

L’histoire ne s’arrête pas là. Le duo travaille déjà sur un nouveau chapitre centré sur un autre personnage : Margot. Si Lucy incarnait une lumière douce, presque nostalgique, Margot s’annonce plus étrange, peut-être plus trouble.

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