Such a Nice Place : chroniques électriques d’un monde pas si calme

Jay and the Cooks : toujours aussi bien ici

Il y a des artistes dont chaque nouvelle sortie ressemble à une carte postale envoyée depuis un coin du monde familier, mais jamais figé. Jay Ryan fait partie de ceux-là. Cinq ans après Le Cœur Sec, Jay and the Cooks reviennent avec Such a Nice Place, un sixième album attendu le 27 février 2026 sur le label Juste Une Trace. Un disque qui confirme, s’il le fallait encore, que le temps n’a aucune prise sur l’urgence créative.

SUCH A NICE PLACE Jay Ryan
Crédit photo Bernard Rousseau©

Such a Nice Place : Un album spontané, électrique et sans filtre

Enregistré en analogique, en quelques prises, Such a Nice Place affiche une spontanéité réjouissante. Jay Ryan, Américain installé en France depuis plus de quarante ans, y livre une série de légendes urbaines inspirées du réel, observées avec un regard à la fois tendre, caustique et profondément humain. Musicalement, le septuagénaire se fait plus électrique, plus direct, presque rebelle, comme si l’ombre du CBGB des années 70 revenait frapper à la porte.

Rock, folk rock, blues, punk, americana et country décalée s’y croisent sans jamais se marcher dessus. Le disque avance avec une énergie brute, old-school mais jamais nostalgique, portée par un groupe soudé et inspiré.

SUCH A NICE PLACE Jay Ryan

Cinq singles pour dévoiler plusieurs facettes

Avant la sortie de l’album, Jay and the Cooks ont choisi de dévoiler cinq singles, autant de portes d’entrée vers l’univers du disque. Le premier, It’s such a nice place, donne le ton : un morceau sombrement funky, influencé par Talking Heads, Captain Beefheart ou Tom Waits, qui raconte un fait divers vu à travers le regard rassurant – et glaçant – du voisinage.

Parmi les autres temps forts, Senators have kids s’impose comme une protest song frontale sur l’inaction politique face à l’urgence climatique, tandis que The Bitcoin Boogie moque avec ironie les absurdités du monde numérique. The Man Who Never Smiled et Digital Dude poursuivent cette observation fine de nos travers contemporains, entre humour noir et lucidité désarmante.

Such a Nice Place : Une continuité assumée depuis Le Cœur Sec

Ce nouvel album s’inscrit naturellement dans la trajectoire amorcée avec Le Cœur Sec, disque chanté en français qui avait marqué un tournant plus rock et plus abrasif. Such a Nice Place prolonge cette démarche, cette fois en anglais, avec des compositions encore plus resserrées et un propos toujours aussi affûté. Jay Ryan n’explique pas le monde, il le raconte, le croque, le laisse respirer.

Membres du groupe

Jay Ryan : Chant, guitare acoustique
Stéphane Missri : Guitare électrique
Arnaud Bascuñana : Guitare électrique
Marten Ingle : Basse
Marty Vickers : Batterie, percussions

Discographie de Jay and the Cooks

Albums studio
2014 – Dutch Oven
2015 – I’m Hungry
2018 – Up the Mississippi
2021 – Le Cœur Sec
2022 – Dried Up Dreams
2026 – Such a Nice Place

Albums live
2019 – Live at La Dame de Canton

Site officiel | Deezer | Youtube

Dynah brise le silence avec Sans Voix

DYNAH - SANS VOIX

Dynah brise le silence avec “Sans Voix” un clip très émouvant sur la parole des femmes et leur reconnaissance dans notre société. Une chanson pop à découvrir sur Mazik.

Il y a des chansons qui murmurent, et d’autres qui crient sans hausser la voix. “Sans Voix”, le nouveau titre de Dynah, appartient à cette seconde catégorie. Dès les premiers mots — « Écoute, y a du sable dans ma voix… » — l’artiste nous invite dans un espace fragile, intime, où la parole cherche sa place.

Plus qu’un simple morceau, “Sans Voix” est une traversée émotionnelle. Une chanson qui parle de celles qu’on n’écoute pas assez. De celles qui parlent dans le vide. De celles qui continuent, malgré tout.

Sans Voix : Une chanson née du dialogue

Derrière “Sans Voix”, il y a une rencontre artistique. Celle de Melody Linhart (Dynah) et du pianiste de jazz Edouard Monnin, co-auteurs et compositeurs du titre. Ensemble, ils construisent un paysage sonore délicat, porté par un piano sensible et une voix à fleur de peau.

La production et le mixage, assurés par Edouard Coquart, respectent cette fragilité. Rien n’est superflu. Tout est au service du ressenti.

Ici, la musique ne cherche pas à impressionner. Elle cherche à toucher.

DYNAH @Adrien Roch
DYNAH @Adrien Roch

Sans Voix : Dire ce qui ne se dit pas

“Sans Voix” raconte l’impuissance. Celle qui naît quand on parle et que personne n’écoute vraiment. Quand les mots se perdent. Quand on doute de sa légitimité à exister par la parole.

Mais la chanson ne s’arrête pas là. Elle parle aussi de résistance. De cette force discrète qui pousse à continuer à dire, même quand c’est difficile. Même quand c’est épuisant.

C’est une chanson sur la fatigue, oui. Mais aussi sur le courage.

Le corps comme langage : Alice Lemarié

Dans le clip, la danseuse Alice Lemarié donne un corps à ces émotions invisibles. Ses mouvements traduisent ce que les mots ne peuvent plus porter : la tension, la colère retenue, le désir de s’affirmer.

Sa présence apporte une dimension presque hypnotique au projet. Elle ne “danse” pas seulement. Elle raconte, avec ses gestes, une autre version de l’histoire.

Une version silencieuse, mais éloquente.

Un univers visuel tout en retenue

Le clip mise sur la sobriété. Peu d’artifices, peu d’effets. Juste l’essentiel : un visage, un corps, une lumière, une voix.

Ce dépouillement renforce l’impact émotionnel. Il laisse de la place au spectateur. À ses propres souvenirs. À ses propres silences.

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