2009 : Wax Tailor > Say yes


Wax TailorVous aimez la trip hop de haute qualité ? Alors vous allez adorer « Wax Tailor », qui confirme avec ce 3ème opus, In The Mood For Life, tout son génie pour tailler sur mesure des mélodies de trip-hop entre jazz, soul, hip-hop et rap.

Du grand art pour ce couturier musical aux multiples récompenses.

Jean Christophe Le Saoût est un ancien animateur de radio qui a d’abord fondé un groupe de rap « La Formule » avant de créer son label « Lab’Oratoire » en 1998.

Il a commencé à travailler sur le projet « Wax Tailor » en 2001 pour publier son premier album Tales of the Forgotten Melodies en 2005, mélangeant hip-hop, downtempo et trip hop.

Son deuxième album Hope & Sorrow publié en 2007 le confirme comme l’un des artistes phares de la scène electro-hip-hop internationale.

Avec ce troisième album In The Mood For Life, il invite Charlie Winston, Charlotte Savary, Sara Genn, Dionne Charles, A State Of Mind, Mattic, Ali Harter et Speech Defect a participer à ce voyage.

En 2012, après un an et demi de travail, Wax Tailor sort un album concept Dusty Rainbow from the Dark, puis son 5ème album studio By Any Beats Necessary avec de nombreux invités comme Ghostface Killah, Tricky, Lee Fields, R.A The Rugged Man, Token, A-F-R-O….

C’est parti pour un cinematic trip hop :

Une ouverture au piano et au violon nous introduit « City Vapors » sur un vinyle mélancolique.

C’est parti pour un trip hop avec Charlotte Savary qui teinte sa voix entre jazz et hip-hop sur « Dragon Chasers »

(Un passage impressionniste avec le hip hop de « Already Begun » qui nous emmène sur…)

…les terres d’un jazz rappé et folâtre avec « B-Boy On Wax » et les Suédois de Speech Defect, réjouissant.

(Intermède new-yorkais avec « Street Scent »)

Le rap nostalgique de « No Pity » captive les cordes comme une illusion cinématographique.

La voix de Sara Genn sur « Dry Your Eyes » agite mes sens pour faire vibrer un trip hop au vague à l’âme, expression de soul.

(J’aime ces interludes, comme ce mini trip hop de Masquerade Theme)

Le rap de Mattic sur « Until Heaven Stops The Rain » se mêle à l’instrumentation déjantée de wax.

(Et une saynète avec « More Songs »)

C’est parti pour un Rythm & Blues digne d’une Motown du 21ème siècle avec la voix de Dionne Charles qui nous chante « Leave It ». Remuant.

(Entracte avec « Escape Theme »).

Il est temps de vibrer sur les cordes sépia avec Charlotte Savary sur « Go Without Me »

Ali Harter donne la réplique à la rappeuse Voice sur le hip hop suave de « This Train ».

Un rap déjanté « Sit & Listen » nous emmène sur les terres du délire animé.

(Feat & Mattic)
La voix feutrée de Charlotte Savary se mêle au rap de Mattic sur « Fireflies » pour nous délivrer une mélodie sucrée salée. Aigre doux

Le rap jazzy de « Say Yes » avec Asm nous met tous d’accord.

Pour laisser place au funk groggy de « I Own You » avec Charlie Winston.

On termine ce voyage avec « Greenfields » et la muse bouleversante « Charlotte Savary ».

Wax Tailor sait créer une musique parfumée de délices sucrés pour laisser couler dans la gorge profonde de Charlotte Savary un gout suave de paradis. Entre ciel et bitume, Wax Tailor nous entraîne dans un hip-hop théâtral et atmosphérique aux accents urbains de jazz, d’abstract hip-hop, de rap pour nous offrir un trip hop cinématique. BRAVO

Regardez, écoutez, délirez, dansez, votez « Say yes »

Et le reste :

I own you

Dragon Chasers

Dry Your Eyes

Until Heaven Stops The Rain

Leave It

This train

Fireflies

Albums studio de Wax Tailor

2005 : Tales of the Forgotten Melodies
2007 : Hope & Sorrow
2009 : In The Mood For Life
2012 : Dusty Rainbow from the Dark
2016 : By Any Beats Necessary
2017 : By any beats remixes necessary

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2008 : Vigon > I Can’t Stop Loving You et Harlem Shuffle


2008 : Vigon > I Can't Stop Loving You et Harlem Shuffle Attention (re)découverte avec « Vigon » chanteur franco marocain à la voix de Soul Man pour cette réédition de son best of de 1972 avec The end of Vigon. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il a collaboré avec des artistes comme Aretha Franklin, les Rolling Stones, Stevie Wonder et même Jimi Hendrix, à (re)découvrir de toute urgence pour tous les amateurs de rythm’blues, de soul et de funk.

Mais qui est Vigon ?

Né en 45 à Rabat, il découvre le rythm’blues et le rock’roll par l’intermédiaire des militaires américains qui vivent dans les nombreuses bases au Maroc. Il fait danser les GIs en chantant des titres américains achetés dès leur sortie, comme « twist and shoot » et ce bien avant les Beatles.

En 64, il vient à Paris ou il découvre le Golf-Drouot. Il demande au maître des lieux, Henri Leproux, s’il peut chanter avec le groupe de Ronnie Bird qui joue sur scène et interprète 3 titres de Little Richard, c’est le début d’une grande carrière. Il se fait connaitre la semaine suivante en chantant avec les « Murators » avec un certain Alain Chamfort au piano. Puis est engagé avec « Les Lemons » avec un pianiste du nom de Michel Jonasz.

En 65, ils font la première partie d’un groupe Anglais au Golf Druot The Who puis partent en tournée en Suisse. A leur retour, Nicole Barclay les remarque et Vigon enregistre son premier 45 tours dans lequel il interprète « Bama Lama Bama Loo » de Little Richard et « Dizzy Miss Lizzy » de Larry Williams que les Beatles venaient de reprendre. Losrqu’ils font à nouveau la première des The Who devant 1800 personnes à la Locomotive, dans le public se trouve Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Jane Fonda, Roger Vadim, Françoise Hardy…

En 66, il se produit à La Mutualité avec les Moody Blues, les Yardbirds et Ronnie Bird, puis en première partie des Rolling Stones à l’Olympia. Il sort son second 45 tours, avec le classique « Hound Dog » de Big Mama Thorton que nous avons vu dans #chronorock et une ballade de Chuck Jackson « I’ll Wake Up Crying » que Vigon interprète avec beaucoup d’intensité. Ils sont expulsés vers Marseille après une tournée écourtée par le Président de la Tunisie qui dans un discours télévisé interdit les mini-jupes et les cheveux longs dans son pays. De retour à l’Olympia, il chante « Lucille » en première partie d’Otis Redding, félicité par Johnny et Sylvie en coulisses. Il est invité dans l’émission « Têtes de Bois et Tendres Années » par Albert Raisner où se produisent également Bill Haley et les Moody Blues.

En 67, il triomphe à Madrid et à Rome avant d’enregistrer un super 45 tours à quatre titres dont une version de « Harlem Shuffle », reprise de Bob & Earl en 63 qui sera repris par Johnny et Edgar Winter en 76 puis par les Rolling Stones en 86 ; une adaptation de « Hold On What You’ve Got » de Joe Tex qui devint « Un Petit Ange Noir » et dont les paroles ont été écrites par Albert Verrecchia qui a succédé à Michel Jonasz aux claviers dans les Lemons. Puis ils font un carton à Knotte-le-Zoute, Bruxelles et Ostende avec les Lemons épaulés par six go-go girls et le danseur noir Gérard Wilson. Retour à Paris, ou ils font la première partie de Stevie Wonder à l’Olympia au Forest National à Bruxelles, au Paradiso à Amsterdam et au Theatro Olympico à Rome.

En 68, Vigon sort chez Atlantic son quatrième 45 tours et sur lequel on trouve une magnifique reprise du slow « It’s All Over » de Ben E. King et sur l’autre face « The Spoiler », une composition d’Eddie Purrel. Cet excellent 45 tours de soul qui tournait sur les platines des discothèques d’alors, ne déméritait pas face à la production américaine de l’époque.

En 69, Vigon est en première partie de Chuck Berry à l’Olympia ou il interprète « The Spoiler », « Harlem Shuffle » et ses reprises de Little Richard. Il enregistre le premier album du nouveau label Egg, fondé par la maison Barclay, un groove funky psychédélique « Original Pop Corn » dont le chanteur n’est autre que lui même mais non crédité, il est accompagné par les musiciens du groupe pop Cruciferius. Puis il publie un autre magnifique single sur le slow « The End », reprise d’un vieux hit de 58 pour Earl Grant, suivi d’un jerk avec « Baby Your Time Is My Time » des créateurs de Harlem Shuffle de Bob & Earl. Il publiera chez Egg un autre single sous le nom de Great Soup avec une version live de « Harlem Shuffle » et « Keep on Dancing » adaptation d’un hit d’Alvin Cash de 68.

En 70, il sort le disque « Popcorn / Frozen steack » et chante au Golf Drouot avec Johnny Hallyday et Moustique « Whole lotta shakin goin’on ».

En 71, il enregistre un autre album « Only a fool / I can’t stop loving you ».

En 72, c’est reparti pour une nouvelle galette avec « Pollution » puis chante à Alger avec Eddy Mitchell pour les cérémonies des dix ans de l’Indépendance Algérienne avant d’être recruté par Jonnhy Hallyday pour la tournée du Johnny Circus.

La même année, un disque 33 tours est édité chez Barclay « Vigon Greatest Hits » qui sera réédité en 2008, objet de cette chronique de ce jour.

En 76, il enregistre un peu son dernier opus avec « Nobody Home / Unchained melody ».

En 78, il rentre au Maroc ou il restera 23 ans. Sa fille Sofia, née en 86, deviendra chanteuse de R’B à son tour, sous le nom de Sofia Gon’s.

En 2000, Vigon revient en France où ses fans et d’autres artistes originaires du Maroc ne l’oublient pas, comme Gad Elmaleh et Jamel Debbouze.

En 2004, il fait vibrer le public lors du mémorable spectacle « Les Pionniers du Rock Français » à l’Olympia, que je vous livre aujourd’hui.

De 2005 à 2008 il est souvent au Petit Journal Montparnasse et Jacques Leblanc de Juke Box Magazine écrit ceci de lui en avril 2005 :
 » Son dernier passage au Petit Journal Montparnasse, où il à reçu une standing ovation, a été un triomphe sans précédent, relayé par une critique dithyrambique : Golf Drouot, la Locomotive, Bus Palladium, Week-End Club, la grande saga des boîtes parisiennes des années 60 a revécu au Petit Journal Montparnasse lors du concert exceptionnel de Vigon le 2 février. Programmé comme à l’époque par Robert Izmir, le spectacle rhythm’n blues de Vigon a montré toute la différence entre un bon chanteur et un excellent soul-man, showman. L’orchestre, avec une efficace section de cuivre, déménage un maximum, offrant un excitant tissu sonore sur lequel Vigon peut se défoncer tout à loisir, trépignant comme un étalon. Vigon, toujours aussi torride en rock comme en R’N’B, terrasse un public survolté, que ce soit avec « Good Golly Miss Molly » ou « In The Midnight Hour ». Chapeau bas Monsieur VIGON »

Ces différentes apparitions remarquées, impose au label Barclay d’Universal de rééditer son best of de 72 avec « The end of Vigon ». Les critiques stupéfaites, découvrent que la France possédait dans les sixties un chanteur capable de rivaliser avec les plus grands chanteurs noirs-américains de soul/rhythm’n’blues du moment. Les arrangements dignes de la Motown ou de Stax, sur la voix rauque et veloutée de Vigon accompagnée par des guitares torrides et des cuivres funky sont couverts d’éloges.

Le 22 décembre 2008, sur Canal +, Vigon est l’invité d’Emma de Caunes et chante « I can’t stop loving you » et « Harlem Shuffle » dans l’émission La Musicale spéciale Soul avec Tom Jones, Seal … et que je vous livre ce soir .
A noter qu’il a tellement mis le feu à l’enregistrement (le 21 novembre, jour de mon anniversaire, merci c’est sympa) qu’il a enchainé un troisième titre « Can’t Turn You Loose » non diffusé dans le programme. Trop fort Vigon !

En 2011, le décès de sa fille Sofia Gon’s (25 ans), chanteuse de R&B et ce quelques mois avant la sortie de son deuxième album, marque à tout jamais son père comme tout à chacun.

En 2012, il participe avec succès à l’émission the Voice pour rendre hommage à sa fille Sofia.

Les Soul MenVigon-Bamy-Jay

En 2013, il sort un album « Les Soul Men » en association avec Eric Bamy (ex choriste de Johnny Hallyday) et Jay Jay Kani ( ex leader des Poetic Lover) qui sera disque de platine.

En 2014, après de nombreux concrets, TV et clips, l‘année se termine tragiquement avec la disparition d’Eric Bamy.

Quelle vie !!! pour cette remarquable bête de scène à la voix rauque et sensuelle qui ravit la primeur aux meilleurs interprètes des années 60. Ses plus gros succès sont sans aucun doute la reprise de Harlem Shuffle, vingt ans avant celle des Rolling Stones, ainsi que celle du classique Only a Fool Breaks His Own Heart.

Cet homme d’une bonté et d’une honnêteté qui l’a naturellement desservi dans sa carrière de chanteur, n’acceptait aucune combine « Je ne veux rien savoir. À moi, tu me paies mon travail et tu me laisses tranquille ». C’est simple, je te chante ma musique pour notre plus grand plaisir et cela suffit à notre blues commun.

Cette réédition va, nous l’espérons, permettre à Vigon d’être enfin connu au delà du cercle des initiés et ce n’est que justice musicale !

Discographie de Vigon

1965 : Bama Lama Bama Loo / Dizzy Miss Lizzy
1966 : Hound Dog / I’ll Wake up Crying
1967 : Un Petit Ange Noir / Don’t you Mess with Cupid / Harlem Shuffle / I’ll Never Turn my Back on you
1968 : It’s All Over / The Spoiler
1969 : The End / Baby your Time is my Time
1969 : Harlem Shuffle (live) / Keep on Dancing
1970 : Popcorn / frozen steack
1970 : Annabel Lee
1971 : Only a Fool / I Can’t Stop
1971 : Al Houb El Kebir (adaptation en arabe de Only a Fool) / Good Golly Miss Molly
1971 : Dreams / Take Me
1972 : Pollution
1972 : 33 tours Greatest Hits
1976 : Nobody Home / Unchained Melody
2008 : Réédition du 33 Tours Greatest Hits en CD et vinyle par Barclay. Il est publié sous le nom de The End of Vigon et a pour pochette la jaquette de l’unique EP de Vigon.
2008 : The soul man (album live de reprises)
2009 : Réédition du 45 tours Popcorn Popcorn / Frozen Steak Popcorn en vinyle.
2009 : Deuxième partie de The End of Vigon. Ces deux parties réunissent presque l’œuvre entière de Vigon. Seuls le titre Only a Fool (version arabe) et le dernier 45 tours de 1976 ne sont pas présents.
2012 : CD Best Of réunissant la quasi intégralité des 45 tours de Vigon sur une période allant de 1965 à 1976.
2013 : Vigon Bamy Jay, Les Soul Men (avec Érick Bamy et Jay)

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