The Fods : un collectif transatlantique qui refuse les règles avec Does Not Conform to Regulations

The Fods prouvent une nouvelle fois qu’il est possible de faire du rock indépendant autrement. À cheval entre le New Jersey (États-Unis) et le Cheshire (Royaume-Uni), ce collectif atypique dévoile Does Not Conform to Regulations, un album qui porte parfaitement son nom. Dix morceaux, dix invités, une multitude d’influences et une seule ligne directrice : ne jamais se laisser enfermer dans un style ou une méthode de travail.

The Fods

Fondé au début des années 2020, The Fods est un collectif transatlantique réunissant des musiciens du New Jersey (États-Unis) et du Cheshire (Angleterre), tout en s’appuyant sur des partenariats artistiques.

Depuis plusieurs années, The Fods cultivent une approche singulière de la création musicale. Plus qu’un groupe traditionnel, il s’agit d’un véritable laboratoire collaboratif réunissant des musiciens, chanteurs, producteurs et auteurs issus de différents pays. Cette formule, née de partenariats remontant aux années 1990 et enrichie par des rencontres réalisées grâce à Internet, donne naissance à un univers où chaque morceau possède sa propre identité tout en conservant l’ADN du collectif : des guitares omniprésentes, une production volontairement directe et une énergie communicative.

The Fods repoussent encore les frontières de l’indie rock

Le nouvel album constitue l’aboutissement d’un projet mené sur plusieurs mois. Chaque titre met à l’honneur un artiste invité venu apporter sa personnalité à une composition originale.

L’ouverture avec The Ineffectuals, portée par la voix puissante de Joe Booe, annonce immédiatement la couleur avec un rock musclé aux refrains fédérateurs. Quelques instants plus tard, I Don’t Hate It fait souffler un vent punk grâce à Gail Townsend du groupe The Puncturists, dont l’interprétation brute renforce l’urgence du morceau.

L’éclectisme devient ensuite la véritable signature de l’album. Fuel, interprété par Nevin, développe une ambiance alternative progressive qui monte progressivement en intensité. Cold, sublimé par Sonia Hutchinson, explore des territoires plus sombres entre rock alternatif et atmosphères gothiques, tandis que I Get Blamed retrouve une énergie punk décomplexée avec les Finlandais de Headphone Jacks.

Impossible également de passer à côté de Shopping, unique duo de l’album où Aura Davis et Birch se répondent avec humour dans une joute sentimentale portée par une mélodie particulièrement accrocheuse. What, chanté par Krassy Halachev (Icicle), affiche quant à lui des couleurs indie héritées de la scène Madchester tout en conservant une élégance contemporaine.

La fin du disque continue d’entretenir cette diversité. Jay Luke apporte toute sa puissance rock à A Matter of Time, tandis que Georgina White conclut l’aventure avec …Is Very Much Enough, une ballade blues intense qui offre une sortie aussi émotive qu’inattendue.

« The Still Pouring Rain » boucle magistralement le projet

Dernier morceau achevé avant la sortie de l’album, The Still Pouring Rain occupe une place particulière. Pour cette composition, The Fods ont fait appel au musicien britannique LUDIOSIS, qui signe une prestation vocale particulièrement inspirée tout en échangeant plusieurs envolées de guitare avec les membres du collectif.

Le résultat résume parfaitement l’esprit de Does Not Conform to Regulations : une chanson indie rock accessible, mélodique et spontanée, portée par cette liberté artistique qui caractérise The Fods depuis leurs débuts. Difficile de savoir s’il s’agit réellement du meilleur titre du disque, mais il constitue assurément une conclusion idéale à ce long processus créatif.

Une philosophie collaborative assumée

L’originalité de The Fods ne repose pas uniquement sur leurs compositions. Le collectif fonctionne sans formation figée, chaque projet accueillant de nouveaux collaborateurs venus d’horizons musicaux très différents. Cette organisation permet au groupe de naviguer librement entre indie rock, punk, rock alternatif, garage rock, blues ou encore pop, sans jamais perdre en cohérence.

Le collectif revendique également une esthétique « Low Fi, Low Fuss » : privilégier l’authenticité, les idées et l’énergie plutôt que la sophistication excessive. Une démarche qui rappelle l’esprit d’expérimentation des grandes aventures collaboratives du rock indépendant tout en conservant une personnalité bien distincte.

Après les projets One To Watch, Don’t ARgue puis une succession de singles remarqués, Does Not Conform to Regulations apparaît comme l’œuvre la plus ambitieuse du collectif. Plus qu’une simple compilation de collaborations, cet album démontre qu’une vision artistique forte peut parfaitement s’accommoder d’une multitude de voix et d’influences.

Avec ce disque, The Fods rappellent qu’en matière de création musicale, les meilleures idées naissent souvent lorsque l’on cesse précisément de vouloir respecter les règles.

The Fods

Membres des The Fods

Ol : Guitares, claviers, chant
Al Winn : Guitares, chant
Birch : Chant
Ez : Guitares, chant
Rob Critch : Chant, paroles, production

The Fods

Musiciens invités

Ben Hornby : Batterie (Shopping)
Jon Sealby : Basse (Shopping)
Speaks : Basse (The Ineffectuals)
Danny Blackmore : Chant (Metal Dog, Easter)
Jeff Maiers : Chant (Volumes of Silence)
MJ Adamo : Chant (Volumes of Silence)
Joe Booe : Chant (The Ineffectuals)
Aura Davis : Chant (Shopping)
Jaakko : Chant (I Get Blamed)
JP : Chant (I Get Blamed)
Georgina White : Chant (…Is Very Much Enough?)
Jay Luke : Chant (A Matter Of Time)
Krassy Halatchev : Chant (What)
Nevin : Chant, guitare solo (Fuel)
Sonia Hutchinson : Chant (Cold)
Gail Townsend : Chant (I Don’t Hate It)
LUDIOSIS : Chant, guitare (The Still Pouring Rain)

Discographie de The Fods

Albums studio
2026 – Does Not Conform to Regulations

EPs
2024 – Don’t ARgue
2023 – One To Watch

Singles
2026 – I Don’t Hate It
2026 – Cold
2026 – Fuel
2025 – What
2025 – A Matter Of Time
2025 – …Is Very Much Enough?
2025 – I Get Blamed
2025 – The Ineffectuals / Shopping
2024 – Volumes Of Silence
2024 – YNGM / MFD
2024 – My Fine Derangement
2023 – You’ve Not Got Me
2023 – Gil Barco

Site officiel | Facebook | Youtube | Bandcamp | Instagram

Monty Picon fête ses 20 ans avec un album monumental

Depuis 2006, Monty Picon avance à contre-courant des formats classiques du rock français. Né à Rennes de l’imagination de neuf musiciens décidés à jouer « n’importe où, n’importe quand, mais pas n’importe comment », le collectif s’est forgé au fil des années une réputation scénique redoutable, portée par une énergie volcanique et un goût assumé pour le mélange des genres.

Pour célébrer deux décennies d’existence, le groupe a dévoilé un cinquième album éponyme particulièrement ambitieux. Disponible depuis le 22 mai 2026 en vinyle, sur les plateformes de streaming et dans un médiabook collector de 32 pages contenant une bande dessinée exclusive, ce nouvel opus confirme plus que jamais la singularité d’une formation qui refuse les compromis.

Monty Picon
Crédit photo : Céline Salin

Quinze morceaux pour explorer toutes les facettes du groupe

Avec Monty Picon, les bretons proposent un disque dense et foisonnant de quinze titres où chaque morceau semble ouvrir une nouvelle porte. Tantôt instrumental, tantôt frontal, parfois groovy, parfois rageur, l’album reflète parfaitement l’ADN imprévisible du collectif.

Des morceaux comme “Fracasse ta caste” rappellent la puissance fusionnelle de Rage Against the Machine, tandis que “Bouche Trou” développe une énergie scandée proche de Svinkels. Plus loin, “Tommy Vasek” apporte une dimension festive et décalée évoquant l’esprit de Soviet Suprem, alors que “Whispers” et “L’ombre du soleil” dévoilent un visage plus groovy et atmosphérique.

Cette diversité stylistique pourrait facilement perdre d’autres groupes. Chez Monty Picon, elle devient au contraire une véritable force narrative. Le disque avance comme un road movie musical imprévisible où le rock, le punk, la fusion, le brass band et l’esprit cabaret se croisent en permanence.

Monty Picon 20 ans

Une machine de scène transformée en album vivant

Depuis ses débuts, le groupe cultive une identité sonore immédiatement reconnaissable : double batterie, basse, guitares, banjo westernisé et puissante section de cuivres donnent naissance à une musique massive et cinématographique.

Ce nouvel album conserve cette dimension organique grâce au travail d’Arthur Paichereau, qui parvient à restituer l’intensité brute du live. Les morceaux respirent, les cuivres explosent avec panache et les trois voix se répondent avec une spontanéité contagieuse.

Le résultat possède cette chaleur rare des albums enregistrés par de vrais musiciens jouant ensemble, loin des productions trop aseptisées. Une approche parfaitement cohérente avec l’histoire du groupe, forgée sur plus de 1000 concerts donnés aussi bien en festival que dans la rue ou les cafés-concerts.

Monty Picon : Une aventure collective nourrie de collaborations

Quelques invités viennent enrichir ce cinquième opus. Jen Rival pose sa voix sur “Whispers”, Nicolas Méheust participe aux claviers sur “Legacy”, tandis que Cody Jahrett intervient sur la production FX de ce morceau.

La section cuivre se montre particulièrement impressionnante grâce aux participations de Guillaume Bougeard, Romain Cadiou, Gaël Augustin, François Tavard, Edouard Lhermitte et Fabien Cariou sur plusieurs titres. Ces interventions renforcent encore la dimension spectaculaire du disque.

Le groupe ajoute également des interludes acoustiques enregistrés lors de soirées festives, donnant parfois l’impression d’assister directement aux coulisses de cette grande famille musicale.

Monty Picon : Une passion assumée pour la bande dessinée et l’humour

L’univers de Monty Picon ne se limite pas à la musique. Depuis toujours, le collectif cultive un imaginaire déjanté nourri d’humour, de second degré et d’esthétique punk.

Cette nouvelle sortie pousse encore plus loin cette dimension visuelle grâce à un médiabook contenant une bande dessinée originale réalisée avec Willy Lermenier, collaborateur de Fluide Glacial. L’histoire met en scène les neuf musiciens emprisonnés avant un concert, avant d’être sauvés par leur mascotte Michaël Skeul accompagné d’un mystérieux prêtre vaudou.

Une idée totalement barrée qui correspond parfaitement à l’esprit du groupe.

Vingt ans de route et toujours le diable au corps

Au fil des années, Monty Picon s’est construit une solide réputation grâce à des tournées incessantes en France, en Belgique, en Allemagne ou aux Pays-Bas. Des festivals comme Art Rock, Cabaret Vert, Bars en Trans ou encore le Festival Interceltique de Lorient ont accueilli cette formation hors norme capable de transformer chaque concert en véritable spectacle.

Souvent comparé à Mano Negra pour son énergie contagieuse et son esprit libertaire, le collectif rennais continue pourtant de tracer une route profondément personnelle.

Cette tournée anniversaire prévue dès mai 2026 en France et en Allemagne promet d’ailleurs de rappeler à quel point le groupe demeure une bête de scène totalement imprévisible.

Membres des Monty Picon

Gaëtan “John” Bernard : Guitare, chant
Ludo Laclautre : Banjo
Arnaud Ricozzi : Basse
Lionel Priser : Batterie, guitare
Nicolas Montigné : Batterie
Benjamin Vauléon : Trombone, chant
Yanik “KinOeil” Bordet : Trombone, chant, harmonica
Matthieu Roblot : Trompette
Pierre Victoire : Trompette

Discographie des Monty Picon

Albums studio
2007 – Beft Of
2009 – Pour Quelques Mollards de Plus
2013 – Pas d’Interférences
2019 – Le Sens de l’Envie
2026 – Monty Picon

Album live
2019 – Live In Berlin

Compilation
2016 – 10 Ans d’Âge

Singles & EPs
2010 – CD Promo
2011 – Le Chant des Oiseaux Morts
2014 – C’est pas facile…
2016 – Kommando Tzatziki
2016 – Putain d’Jour Meilleur

Site officiel | Facebook | Youtube