RoseDog font passer un message avec « Man Of My Own »

Avec Man of My Own, le duo bruxellois RoseDog signe une entrée en matière aussi frontale qu’élégante et offre proposition artistique cohérente qui intrigue autant qu’elle séduit.

Premier extrait de leur EP Threshold, le morceau pose immédiatement les bases d’un univers hybride, quelque part en électro-rock et pop addictive.

Difficile de ne pas penser à une certaine filiation avec Daft Punk, notamment dans cette manière de mêler textures électroniques et efficacité pop. Mais RoseDog ne s’arrête pas là : une touche new wave très années 80 plane sur l’ensemble, apportant une nostalgie froide qui contraste avec la chaleur du propos. Car oui, Man of My Own n’est pas qu’un titre accrocheur, c’est aussi une vraie prise de position, particulièrement importante dans la société actuelle.

Portrait du duo RoseDog

Au centre, la voix d’Emil, nuancée et expressive, devient le fil conducteur du message de la chanson. L’idée est de remettre en question une masculinité archaïque qui étouffe toutes les émotions. Il y a dans son interprétation une forme de retenue qui rend le propos encore plus percutant, comme une tension constante entre contrôle et lâcher-prise.

Le refrain, lui, fait mouche dès la première écoute. Entraînant, facile à reprendre, il s’impose presque malgré nous et reste en tête bien après la fin du titre.

On sent aussi l’influence du parcours des deux artistes : le théâtre pour Emil, qui donne une dimension narrative à l’interprétation, et la musique de film pour Victor, dont les arrangements contribuent à donner une véritable ambiance cinématographique. Leurs univers se marient parfaitement bien et ensemble, ils créent une tension dramatique qui donne au morceau une certaine originalité. 

Avec Man of My Own, RoseDog interpellent, questionnent, et surtout, ils donnent envie d’en entendre plus. Une première carte de visite solide et prometteuse, qui laisse présager un bel avenir pour le duo dans le monde de la musique.

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Avec « Ganbaru », DORRR confirme sa renaissance dark-pop

Avec Ganbaru, DORRR poursuit la mue artistique amorcée par son premier album solo Glitch & Glitter en 2021, après plusieurs années passées au sein du duo surf/rock The Blind Suns

Ganbaru, emprunté au japonais, renvoie à l’idée de persévérance et de résilience. Une intention que l’on retrouve dans une écriture plus brute et introspective, où sont abordés l’isolement, l’acceptation de soi et les désirs inavoués.

DORRR
Credits: Marion Fort

Ce nouvel EP marque une étape décisive dans le parcours de DORRR, où authenticité et émotion prennent le pas sur les artifices, révélant une artiste pleinement à l’aise dans son nouvel univers.

Et si l’on perçoit des échos de la mélancolie sensuelle de Lana Del Rey et les influences de The xx ou Garbage dans sa musique, DORRR ne tombe jamais dans la facilité des comparaisons, préférant sublimer ses influences pour tracer sa propre trajectoire artistique.

En effet, si certaines sonorités s’inscrivent dans une esthétique dark-pop contemporaine déjà balisée, l’ensemble conserve une sincérité qui empêche toute sensation de déjà-vu.

Mais l’univers singulier de DORRR ne se limite pas aux productions sonores. Si vous regardez ses clips, chacun d’eux reflète parfaitement l’esthétique très cinématographique des singles, entre ombres et lumière. 

Ganbaru comprend cinq titres, dont un bonus track : le lead single Lonely Sun, déjà sorti en 2025, se voit ici revisité par le duo franco-britannique Scenius. Leur remix apporte une dimension électro dark-pop à ce morceau, renforçant son message de visibilité et de reconnaissance des femmes.

What’s Going On offre une production pleine de nuances, entre rythmique lourde et gimmicks plus aériens. DORRR explore les zones d’ombre de l’âme humaine, et la lutte entre la fuite et l’acceptation. Le morceau trouve sa force dans cette tension émotionnelle: comprendre ce que l’on fuit comme première étape vers le lâcher-prise.

I Might Be Weird capte cette sensation familière d’être “à part”, tout en transformant cette singularité en force. Ici, la différence ne se justifie pas: elle s’affirme.

Low & Slow parle de la liberté créative dans un monde saturé de normes. On ressent dans cette composition une volonté de dépasser les cadres traditionnels pour explorer quelque chose de plus instinctif.

Enfin, reprendre Black Balloon est un choix audacieux, mais cette version du titre de The Kills s’impose comme une relecture sensible et habitée, centrée sur l’adieu à une ombre intérieure.

Avec Ganbaru, DORRR démontre qu’elle n’a rien perdu de sa flamme, bien au contraire: elle transforme ses expériences et ses émotions en pop captivante, intime et résolument moderne.

Facebook | Youtube Dorota Kuszewska