Avec “Remember These Days”, le producteur Vaast livre l’aboutissement d’un long parcours d’écriture qui s’étend sur plusieurs années. Le point de départ remonte à ses années d’études. À l’époque, Vaast s’inspire d’une démo de “Stay Pretty” d’Ester Dean pour esquisser une première idée au piano, réalisée avec Holly Turton. Le morceau s’appelle alors Do You Know. Une version encore brute, plus fragile dans son écriture, que l’artiste considère lui-même comme insuffisante pour une sortie officielle. Plutôt que de forcer son évolution, il met le titre de côté.
Ce n’est que plusieurs années plus tard que le projet reprend vie, mais dans un tout autre environnement sonore. Vaast réécrit entièrement les paroles sur une production influencée par la Swedish House Mafia et The Weeknd, avec en toile de fond l’esthétique grand format associée à la bande originale de Avatar: La Voie de l’eau. Ce changement de direction ne sert pas seulement de relooking sonore : il redéfinit la manière dont le texte respire, s’étire et s’impose.
Cette superposition de mondes devient l’un des axes du morceau. D’un côté, un texte construit comme un message adressé à une génération plus jeune. De l’autre, une production lumineuse, presque euphorique dans sa construction. Ce décalage crée une tension permanente entre ce qui est dit et ce qui est ressenti.
Les paroles s’inscrivent dans une logique de transmission. Le narrateur n’est pas dans la nostalgie, mais dans une forme de responsabilité, comme s’il tentait de donner une lecture utilisable de son propre passé.
Dans la dernière étape de création, la collaboration avec la chanteuse Ivy Marie apporte une dimension plus incarnée au morceau, tandis que le mix de Nicolas Essig vient stabiliser l’ensemble sans lisser son relief. Vaast insiste sur ce moment comme un point de bascule, où la chanson cesse d’être un projet personnel pour devenir une pièce pleinement réalisée.
“Remember These Days” se construit ainsi comme un objet hybride : une chanson écrite sur le temps long, où chaque version abandonnée laisse une trace invisible dans la suivante. Ce n’est pas une simple évolution, mais une accumulation, presque une mémoire interne du morceau lui-même.
Réseaux sociaux: Instagram

