Chopper unit poésie et matière sonore avec « La Naissance du Désir »

Il existe des albums qui ne cherchent pas à capter l’attention par la force, mais qui préfèrent s’imposer par la douceur, la profondeur et le temps long. La Naissance du Désir, nouvelle sortie du label belge Fond Musical International, fait partie de ces œuvres rares qui se découvrent autant qu’elles se ressentent. Cette création singulière marque la rencontre entre le duo Chopper et le poète Carl Norac, donnant naissance à un projet où la poésie ne se contente pas d’accompagner la musique, mais en devient l’un des piliers.

Formé en 2017 à Mons, Chopper développe une pop rock élégante, enrichie d’une touche d’électronica subtile. Le duo belge (à ne pas confondre avec d’autres artistes homonymes comme le producteur techno britannique Chopper, le projet solo danois Chopper basé à Copenhague, ou encore d’autres musiciens et groupes internationaux utilisant ce nom) revendique une production résolument minimale, où guitares aériennes et basses profondes dialoguent avec retenue. Les influences évoquent naturellement le Velvet Underground, Pink Floyd, Air ou Depeche Mode, mais Chopper ne se perd jamais dans l’hommage. Leur musique avance avec une identité propre, nourrie d’un héritage seventies digéré avec finesse, où l’on pourrait aussi percevoir, à titre plus personnel, un écho à Gainsbourg époque Histoire de Melody Nelson.

Chopper

Une rencontre évidente entre mots et sons

La collaboration avec Carl Norac apporte à La Naissance du Désir une densité émotionnelle particulière. Poète reconnu, habitué des passerelles entre littérature et musique, il inscrit ici ses textes dans un écrin sonore qui leur laisse toute leur force. Les morceaux ne cherchent pas l’efficacité immédiate, mais installent des climats, des sensations, des images intérieures.

Des titres comme « Longtemps sur la rive », « Ta peau ment si souvent » ou « L’enfant tactile » témoignent de cette alchimie délicate. Les thèmes chers à Chopper traversent l’album : le désir, la sensualité, les éléments – l’eau, la terre, le feu, l’air –, le mystère de la vie et la beauté fragile de l’instant. La poésie devient une matière vivante, portée par une musique qui respire et laisse l’auditeur trouver sa place.

Une musique façonnée par l’image

Chopper ne conçoit pas la création musicale de manière isolée. Artistes visuels avant d’être musiciens, Philippe Bouillon et Philippe Del Cane puisent leur inspiration dans la peinture, le dessin, l’architecture, le graphisme et le design. Cette culture de l’image influence profondément la structure de leurs compositions, pensées comme des espaces à parcourir, presque comme des tableaux sonores.

Chopper

Cette approche globale se retrouve dans la forme même de l’album. En plus de sa disponibilité sur toutes les plateformes digitales, La Naissance du Désir existe en vinyle 180 grammes, tiré à seulement 200 exemplaires. Chaque pochette est unique et signée, réalisée en collaboration avec les éditions Bruno Robbe. Un objet à part entière, conçu pour être touché, regardé et écouté avec attention.

Plus qu’un simple album, La Naissance du Désir s’impose comme une expérience sensorielle et intellectuelle complète. Un disque qui prend son temps, qui ne cède jamais à la facilité, et qui rappelle que la pop peut encore être un terrain d’expression exigeant, sensible et profondément humain.

Tracklist de l’album

1. Longtemps sur la rive 05:27
2. Ta peau ment si souvent 05:28
3. L’enfant tactile 05:19
4. Nous allons bouger 07:05
5. Le petit bruit du rêve 05:22
6. Vous connaissez cette habitude 05:49
7. La Naissance du Désir 05:28

Membres de Chopper

Philippe Bouillon : Guitare, électronique
Philippe Del Cane : Basse, électronique

Carl Norac : Textes, poésie

Discographie de Chopper

Albums studio
2017 – Studio Crash
2022 – Waterplane
2025 – La Naissance du Désir

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Allume-moi, homme mort : Matziz Records compile l’année 2025

Avec Allume-moi, homme mort, Matziz Records signe un objet à part, publié le 26 décembre 2025. Présenté comme le neuvième numéro du label, cet album pourrait presque passer pour un « greatest hits 2025 » tant il rassemble des morceaux emblématiques parus au fil de l’année. Mais ici, pas de nostalgie ni de calcul marketing : l’ensemble revendique une liberté totale, strictement non commerciale, fidèle à l’esprit du label.

Derrière Matziz Records, on retrouve le guitariste, compositeur et « touche à tout » Mathieu Torres, figure centrale de ce catalogue protéiforme. Le label soutient et fédère ses multiples projets et expériences artistiques, entre satire, rock expérimental et formes hybrides, souvent accompagnées de clips et de performances visuelles.

Allume-moi, homme mort

Un album-manifeste plutôt qu’une compilation

« Allume-moi, homme mort » fonctionne comme une traversée de l’univers Matziz. Chaque titre renvoie à un projet différent, parfois à une formation éphémère, parfois à une identité plus installée. L’album assume sa forme éclatée, presque anarchique, tout en conservant une cohérence esthétique : goût du décalage, énergie brute, ironie mordante et refus des formats convenus.

Le jour de la sortie, Mathieu Torres a également dévoilé une vidéo live inédite d’un morceau de l’album, dans une version alternative enregistrée en one shot, sans recours à l’IA. Un geste symbolique qui résume bien la démarche : privilégier l’instant, l’imperfection assumée et la sincérité du jeu.

Une mosaïque de projets et de signatures

La tracklist aligne treize morceaux, dont une grande partie est accompagnée de clips. On y croise le Mathieu Torres Trio, M’Z, Zhorhann, The Diogenes ou encore Urban Ballshit, sans oublier des incursions solo. Chaque piste apporte sa couleur, oscillant entre rock anguleux, spoken word corrosif, punk minimaliste et expérimentations sonores.

Loin de lisser ces différences, l’album les met en tension. C’est précisément dans ces frottements que « Allume-moi, homme mort » trouve sa force : une compilation qui se vit comme un instantané de création, fidèle à une année d’activité intense et foisonnante.

Allume-moi, homme mort : Une sortie physique et numérique assumée

Disponible en CD, vinyle et numérique, l’album s’inscrit aussi dans une logique de soutien direct. La précommande des formats physiques est ouverte, tandis que l’écoute est accessible en ligne. Une playlist vidéo complète accompagne la sortie, prolongeant l’expérience sonore par une dimension visuelle omniprésente dans l’univers du label.

« Allume-moi, homme mort » n’est pas un disque de plus, mais une déclaration d’indépendance artistique. Un panorama sans concession, porté par une vision singulière et une créativité qui refuse les cadres établis.ique-Indépendante

Tracklist de l’album Allume-moi, homme mort

1 – Mathieu Torres Trio – Jane
2 – M’Z – Désert d’arcade
3 – Matziz – La manufacture des abats jours
4 – Zhorhann – Soltino
5 – Mathieu Torres solo – L’homme éteint + clip (version alternative)
6 – LTDC – Multipass
7 – The Diogenes – Police is not dead
8 – Jimmy hazebean – Kill The Nazism
9 – Mathieu Torres solo – Parcmètre
10 – Micky à vélo – En toc
11 – UBBS – 05 Mars 25
12 – M’Z – Digérer le repas de famille
13 – Mathieu Torres solo – Amor Fati ?

Liens de téléchargement