Avec « Sanctuaire » Mathieu Torres poursuit son voyage introspectif

Après avoir ouvert une première brèche avec Desconegut, Mathieu Torres poursuit son exploration intérieure avec Sanctuaire, un second album annoncé pour le 5 juin 2026 en CD, vinyle et numérique. Une nouvelle étape artistique qui confirme la singularité d’un musicien difficile à enfermer dans une case, tant son univers navigue librement entre rock progressif, post-rock, ambient, jazz expérimental et poésie sonore.

Sanctuaire

Sanctuaire prolonge l’univers de Desconegut

Pensé comme la suite directe de son précédent disque, Sanctuaire approfondit cette démarche introspective déjà perceptible dans Desconegut. Chez Mathieu Torres, la guitare ne cherche jamais la démonstration technique gratuite. Elle devient un langage émotionnel, organique, presque narratif. Les compositions prennent alors la forme de paysages mentaux où chaque texture sonore semble traduire une émotion enfouie, une tension intime ou un souvenir diffus.

L’artiste évoque lui-même des morceaux « journalistiques », comme si chaque titre observait les failles humaines avec lucidité. Cette approche donne naissance à des architectures sonores mouvantes, nourries d’improvisations et de climats méditatifs qui rappellent parfois certaines démarches du rock progressif instrumental européen contemporain.

Le morceau Le Clochard Céleste, accompagné d’une captation live réalisée au studio La Face B, illustre parfaitement cette volonté de conjuguer spontanéité et profondeur émotionnelle. Le titre laisse respirer les silences autant que les envolées de guitare, dans une esthétique qui privilégie l’immersion à l’efficacité immédiate.

Un musicien au cœur de multiples projets

Depuis plusieurs années, Mathieu Torres multiplie les collaborations et projets parallèles. On le retrouve notamment au sein de M’Z, La théorie des cordes, Matziz, Zhorhann, The Diogenes, Adelphya ou encore Inland Motel. Cette diversité artistique nourrit naturellement son travail solo, où convergent différentes sensibilités musicales sans jamais perdre en cohérence.

À travers Sanctuaire, le guitariste semble vouloir créer un espace suspendu, un refuge sonore où l’auditeur est invité à ralentir, écouter et ressentir. Une proposition artistique exigeante mais accessible émotionnellement, portée par un vrai sens de la nuance et de la respiration musicale.

Dans une époque où beaucoup de productions misent sur l’instantanéité, Sanctuaire prend le parti inverse : celui de la contemplation, de la profondeur et du temps long. Un disque qui demande sans doute plusieurs écoutes pour révéler toute sa richesse, mais qui pourrait bien séduire les amateurs de voyages sonores habités et de rock instrumental à forte dimension émotionnelle.

Sanctuaire confirme une identité artistique singulière

Avec ce nouvel album, Mathieu Torres affirme davantage encore une identité musicale personnelle, loin des formats standardisés. Son approche artisanale du son, la place accordée à l’improvisation et cette recherche permanente d’équilibre entre tension et apaisement donnent à Sanctuaire une vraie dimension cinématographique.

L’album s’annonce ainsi comme une œuvre de transition autant que d’affirmation, capable de toucher aussi bien les amateurs de post-rock atmosphérique que les passionnés de musiques progressives et expérimentales.

Discographie de Mathieu Torres en solo

2026 – Desconegut
2026 – Sanctuaire

Pour consulter ses multiples réalisations et collaborations, je vous invite à consulter sa page Bandcamp.

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Atsuko Chiba, alchimistes du rock expérimental

Dans le bouillonnement créatif de Montréal, Atsuko Chiba s’impose comme une entité à part. Le quintette canadien développe depuis ses débuts une esthétique singulière, qualifiée de « rock angulaire et puissant », où les structures éclatées rencontrent une forme d’hypnose sonore. À la croisée du post-rock, du rock progressif et du krautrock, le groupe brouille volontairement les pistes, préférant les détours audacieux aux chemins balisés.

Cette identité musicale repose sur une écriture décalée mais maîtrisée, capable de transformer chaque morceau en paysage mouvant. Chez Atsuko Chiba, les textures s’entrelacent, les rythmes se dérobent, et les ambiances évoluent avec une fluidité presque organique.

Atsuko Chiba photo Anthony Piazza
crédit photo Anthony Piazza

Atsuko Chiba : Une discographie en constante mutation

Depuis sa formation, Atsuko Chiba a construit un parcours cohérent mais jamais figé. Le groupe a publié trois albums remarqués — Jinn, Trace et Water, It Feels Like It’s Growing — ainsi que deux EPs, Figure and Ground et The Memory Empire. À chaque sortie, les Montréalais enrichissent leur palette sonore, intégrant de nouvelles influences sans jamais perdre leur fil conducteur.

L’année 2025 marque un tournant avec les titres « Pope’s Cocaine » et « Climax Therapy », deux morceaux incisifs qui annoncent une évolution vers des territoires encore plus hybrides.

Atsuko Chiba : Un nouvel album introspectif et audacieux

Le 24 avril 2026, Atsuko Chiba a dévoilé un quatrième album éponyme, publié via Mothland. Ce disque marque une étape importante dans leur trajectoire : plus introspectif, plus nuancé, mais tout aussi ambitieux. En à peine 32 minutes, le groupe propose six compositions qui explorent des territoires allant du trip-hop à la chamber pop, en passant par des nappes ambient délicates.

Atsuko Chiba

Loin des guitares saturées de leurs débuts, les musiciens privilégient ici la retenue, les dynamiques et les espaces. Les percussions se font plus subtiles, les synthétiseurs prennent de l’ampleur, et la voix devient un véritable vecteur émotionnel. Cette évolution confère à l’album une dimension presque intime, comme une plongée dans une réflexion collective.

“Pretense” et “Future Ways” : un diptyque bouleversant

Parmi les moments forts du disque, le diptyque « Pretense » / « Future Ways » se distingue par sa puissance narrative. Pensés à l’origine comme une seule pièce, ces deux titres explorent le deuil, la mémoire et la résilience.

« Pretense » s’impose comme une méditation poignante sur la perte, portée par des arrangements aériens et une mélancolie palpable. En écho, « Future Ways » propose une forme de reconstruction, avançant avec une énergie contenue mais déterminée. Le contraste entre les deux morceaux illustre parfaitement la capacité du groupe à transformer l’intime en matière sonore universelle.

Une création collective et instinctive

Pour concevoir cet album, Atsuko Chiba a adopté une approche libre et instinctive. Les sessions d’enregistrement, basées sur l’improvisation et l’expérimentation, ont permis de faire émerger des idées sans contrainte. Chaque membre du groupe a participé activement à la production, renforçant l’aspect collectif du projet.

Ce processus a également conduit à des choix artistiques forts : limitation volontaire des instruments, exploration de nouvelles textures, superposition de sources sonores pour créer des percussions inédites. Résultat : un album riche, nuancé, qui privilégie la subtilité à la démonstration.

Une œuvre entre ombre et lumière

Atsuko Chiba livre ici son travail le plus vulnérable. L’album oscille entre mélancolie et espoir, entre perte et renaissance. Cette tension permanente donne naissance à une œuvre profondément humaine, où chaque note semble porter une intention.

En repoussant ses propres limites, le groupe confirme sa place à part dans le paysage du rock expérimental contemporain. Une musique exigeante, certes, mais capable de toucher au plus profond.

Membres d’Atsuko Chiba

Anthony Piazza : Batterie, percussions, batterie électronique
David Palumbo : Basse, basse VI, chant
Eric Schafhauser : Guitare, synthétiseurs
Karim Lakhdar : Chant, guitare, synthétiseurs
Kevin McDonald : Synthétiseurs, guitare

Discographie d’Atsuko Chiba

Albums studio
2013 – Jinn
2019 – Trace
2022 – Water, It Feels Like It’s Growing
2026 – Atsuko Chiba

EP’s
2016 – Figure and Ground
2018 – The Memory Empire

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