Felix Rockey, des guitares et des sentiments dans « Old New Feelings »

Il y a quelque chose d’assez rock dans l’idée de transformer une déception amoureuse en chanson plutôt que de simplement tourner la page. Avec « Old New Feelings », Felix Rockey choisit de faire parler les guitares et les souvenirs. À 20 ans, le chanteur parisien livre un titre romantique qui regarde les histoires passées sans amertume, avec cette envie de retrouver dans la musique toute l’énergie que l’on peut ressentir lorsqu’on tombe amoureux.

Felix Rockey

Derrière ce titre, il y a une expérience personnelle : une deuxième histoire d’amour, vécue plus de deux ans avant la sortie du morceau, qui a laissé une empreinte suffisamment forte pour devenir une chanson. Mais Felix ne cherche pas à raconter une rupture de manière frontale. Ce qui l’intéresse, c’est plutôt ce moment où l’on réalise que les sentiments peuvent nous surprendre une nouvelle fois, même lorsqu’on pense déjà connaître les règles du jeu. Une deuxième fois qui n’a finalement rien d’une répétition, tant elle permet de mieux comprendre ses émotions et sa façon d’aimer.

Cette idée se traduit dans un morceau qui préfère l’élan à la nostalgie pure. Felix Rockey y mêle sensibilité romantique et énergie rock, avec une écriture sincère qui laisse à chacun la liberté de retrouver ses propres souvenirs. Car si l’histoire qui a inspiré « Old New Feelings » lui appartient, les émotions qu’elle évoque sont loin de lui être exclusives. Qui n’a jamais repensé à une ancienne relation avec un sourire, en se souvenant moins de la fin que de tout ce qui avait rendu cette histoire unique ?

Felix Rockey

Musicalement, ce nouveau titre s’inscrit dans un univers nourri par la pop et le rock anglo-saxons. Les Beatles et les Beach Boys comptent parmi les références de Felix, qui apprécie aussi les mélodies et le sens du groove de Michael Jackson et d’Earth, Wind & Fire. Un éventail d’influences qui dessine un goût pour les refrains accrocheurs et les compositions lumineuses, sans renoncer à une certaine mélancolie. Chez lui, les deux ne sont pas incompatibles : une chanson peut parler de blessures sentimentales tout en donnant envie de monter le volume.

Le morceau s’accompagne également d’un premier clip, imaginé avec l’un des meilleurs amis de Felix, étudiant en cinéma. Tournée entre Londres et Paris, la vidéo joue avec les deux cultures qui façonnent son identité. La capitale britannique apporte une touche de rock anglais à l’ensemble, tandis que les séquences parisiennes mettent en scène une relation amoureuse qui fait écho aux paroles. Au-delà de l’illustration de la chanson, ce premier projet vidéo permet au chanteur de montrer un visage moins immédiatement associé à l’énergie musicale : celui d’un jeune homme sensible, qui assume ses émotions et accepte de se dévoiler davantage.

Felix Rockey poursuit ainsi la construction d’un univers à son image, entre héritage pop-rock britannique, sensibilité mélodique et envie de partager sa musique sans artifices. Un jeune artiste à suivre pour celles et ceux qui aiment les chansons qui ont du cœur, des mélodies et suffisamment d’énergie pour ne pas rester enfermées dans les écouteurs.

Saam devient « Uber Chanteur » et chante les absurdités de l’économie à la demande

Saam

Et si demain, pour écouter une chanson, il suffisait de la commander sur une application ? Une guitare sur le dos, un scooter sous les fesses et un téléphone à la main, Saam imagine dans « Uber Chanteur » un drôle de métier où même la musique devient un service à la demande. Un titre aussi drôle que grinçant, sorti le 2 octobre 2026.

Imaginez : vous avez envie d’une chanson. Pas besoin d’aller au concert, il suffit de la commander. Quelques minutes plus tard, un chanteur débarque chez vous, guitare dans le dos, prêt à interpréter le morceau demandé. Bienvenue dans la vie de l’Uber Chanteur.

Saam

Avec ce nouveau titre, Saam pousse jusqu’à l’absurde la logique de l’économie à la demande. Son chanteur devient micro-entrepreneur, sillonne Paris d’un rendez-vous à l’autre et enchaîne les prestations à quelques euros. Horaires extensibles, kilomètres, frais professionnels et rémunération qui fond une fois les charges déduites : la journée de travail ressemble rapidement à une course sans fin.

2,50 € la chanson, quelques kilomètres en scooter et, au bout de la journée, un dos en compote. Heureusement, une solution existe : commander un… Uber Kiné.

Derrière cette galerie de situations absurdes se cache pourtant une réalité beaucoup moins légère. L’idée du morceau est née de discussions de Saam avec des chauffeurs et livreurs Uber, qui lui ont raconté leur désillusion face aux promesses de liberté et de revenus associées au statut de micro-entrepreneur.

Plutôt que d’en faire un morceau militant, l’artiste choisit l’humour et le sarcasme pour raconter cette réalité.

« Dans ma chanson, j’ai choisi de traiter ce thème de l’ubérisation du travail sur un ton humoristique et sarcastique afin de mieux capter l’attention de l’auditeur. » – Saam

Une approche qui correspond bien à l’univers de Saam. Derrière ce nom se cache Samuel Dequidt, ingénieur du son en post-production, guitariste, compositeur et auteur. Depuis le lancement de son projet chanson en 2019, il développe un univers nourri par la chanson française et l’humour de Desproges, peuplé de personnages caricaturaux et de situations où l’absurde permet de parler de sujets bien réels.

Son premier album, « Le Prophète », sorti en 2024, a atteint la 16e place du classement Quota parmi 243 productions. Saam s’est notamment produit en première partie des Têtes Raides. En mai 2026, il a également publié son premier roman, « Nouvelle du fond », aux Éditions Déplumées.

Avec « Uber Chanteur », Saam poursuit donc son exploration de nos petites absurdités contemporaines. Une chanson qui parle de travail, de précarité et d’uberisation, mais qui préfère le scooter, la guitare et l’humour au discours militant.

Une chose est sûre : après avoir écouté Saam, vous ne regarderez peut-être plus votre prochaine livraison de la même manière.

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Photo par Alain Smilo