Dear Joy réinvente Bob Marley avec une reprise pop de “Waiting in Vain”

Pour Dear Joy comme pour tout artiste, le risque, lorsqu’on s’attaque à une reprise, est double : soit on reste trop proche de l’original au point de devenir superflu, soit on s’en éloigne tellement qu’on en perd l’essence.

Et lorsque l’on reprend un morceau d’un artiste aussi emblématique que Bob Marley, la marge d’erreur se réduit encore davantage, tant l’empreinte laissée par l’original est forte et immédiatement reconnaissable.

Dear Joy

Dear Joy relève pourtant ce défi avec une assurance et un feeling qui s’impose dès les premières secondes. Plus qu’une simple reprise, Waiting in Vain devient ici un terrain d’expérimentation.

Sa version ne cherche jamais à imiter ni à concurrencer, mais plutôt à déplacer subtilement le centre de gravité du morceau. Les fondations reggae restent perceptibles, notamment dans le travail des percussions et dans certaines inflexions rythmiques qui rappellent l’héritage du titre original. Mais ces éléments sont comme filtrés, transposés dans un autre espace sonore.

Le résultat prend ainsi la forme d’une pop aérienne, comme suspendue. Dear Joy transforme ainsi le morceau en une proposition plus contemporaine, plus introspective aussi, sans jamais trahir son émotion initiale mais en y ajoutant beaucoup de caractère.

La production, à la fois épurée et subtilement texturée, laisse respirer librement chaque élément, de la voix aux instruments, pour créer une ambiance sonore ample et organique. 

Ce choix de sobriété renforce l’impact émotionnel du morceau et contribue à installer une atmosphère planante, immersive, qui traverse toute l’écoute comme un fil continu, doux et enveloppant.

À travers Waiting in Vain, Dear Joy confirme une direction artistique cohérente, fondée sur la subtilité et l’exploration sonore. Loin de l’exercice de style, la reprise s’intègre pleinement dans l’ADN de son univers, entre dream pop et atmosphères cinématographiques. Elle met brillamment en lumière un artiste en construction, mais déjà capable d’imposer une signature reconnaissable.

Et si Waiting in Vain n’est qu’un avant-goût de ce que Dear Joy nous réserve pour la suite, il est déjà clair que l’avenir s’annonce particulièrement prometteur. 

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Vaast retrace une décennie de création sur “Remember These Days”

Avec “Remember These Days”, le producteur Vaast livre l’aboutissement d’un long parcours d’écriture qui s’étend sur plusieurs années. Le point de départ remonte à ses années d’études. À l’époque, Vaast s’inspire d’une démo de “Stay Pretty” d’Ester Dean pour esquisser une première idée au piano, réalisée avec Holly Turton. Le morceau s’appelle alors Do You Know. Une version encore brute, plus fragile dans son écriture, que l’artiste considère lui-même comme insuffisante pour une sortie officielle. Plutôt que de forcer son évolution, il met le titre de côté.

Vaast
Vaast

Ce n’est que plusieurs années plus tard que le projet reprend vie, mais dans un tout autre environnement sonore. Vaast réécrit entièrement les paroles sur une production influencée par la Swedish House Mafia et The Weeknd, avec en toile de fond l’esthétique grand format associée à la bande originale de Avatar : La Voie de l’eau. Ce changement de direction ne sert pas seulement de relooking sonore : il redéfinit la manière dont le texte respire, s’étire et s’impose.

Cette superposition de mondes devient l’un des axes du morceau. D’un côté, un texte construit comme un message adressé à une génération plus jeune. De l’autre, une production lumineuse, presque euphorique dans sa construction. Ce décalage crée une tension permanente entre ce qui est dit et ce qui est ressenti.

Les paroles s’inscrivent dans une logique de transmission. Le narrateur n’est pas dans la nostalgie, mais dans une forme de responsabilité, comme s’il tentait de donner une lecture utilisable de son propre passé.

Dans la dernière étape de création, la collaboration avec la chanteuse Ivy Marie apporte une dimension plus incarnée au morceau, tandis que le mix de Nicolas Essig vient stabiliser l’ensemble sans lisser son relief. Vaast insiste sur ce moment comme un point de bascule, où la chanson cesse d’être un projet personnel pour devenir une pièce pleinement réalisée.

“Remember These Days” se construit ainsi comme un objet hybride : une chanson écrite sur le temps long, où chaque version abandonnée laisse une trace invisible dans la suivante. Ce n’est pas une simple évolution, mais une accumulation, presque une mémoire interne du morceau lui-même.

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