Monty Picon fête ses 20 ans avec un album monumental

Depuis 2006, Monty Picon avance à contre-courant des formats classiques du rock français. Né à Rennes de l’imagination de neuf musiciens décidés à jouer « n’importe où, n’importe quand, mais pas n’importe comment », le collectif s’est forgé au fil des années une réputation scénique redoutable, portée par une énergie volcanique et un goût assumé pour le mélange des genres.

Pour célébrer deux décennies d’existence, le groupe a dévoilé un cinquième album éponyme particulièrement ambitieux. Disponible depuis le 22 mai 2026 en vinyle, sur les plateformes de streaming et dans un médiabook collector de 32 pages contenant une bande dessinée exclusive, ce nouvel opus confirme plus que jamais la singularité d’une formation qui refuse les compromis.

Monty Picon
Crédit photo : Céline Salin

Quinze morceaux pour explorer toutes les facettes du groupe

Avec Monty Picon, les bretons proposent un disque dense et foisonnant de quinze titres où chaque morceau semble ouvrir une nouvelle porte. Tantôt instrumental, tantôt frontal, parfois groovy, parfois rageur, l’album reflète parfaitement l’ADN imprévisible du collectif.

Des morceaux comme “Fracasse ta caste” rappellent la puissance fusionnelle de Rage Against the Machine, tandis que “Bouche Trou” développe une énergie scandée proche de Svinkels. Plus loin, “Tommy Vasek” apporte une dimension festive et décalée évoquant l’esprit de Soviet Suprem, alors que “Whispers” et “L’ombre du soleil” dévoilent un visage plus groovy et atmosphérique.

Cette diversité stylistique pourrait facilement perdre d’autres groupes. Chez Monty Picon, elle devient au contraire une véritable force narrative. Le disque avance comme un road movie musical imprévisible où le rock, le punk, la fusion, le brass band et l’esprit cabaret se croisent en permanence.

Monty Picon 20 ans

Une machine de scène transformée en album vivant

Depuis ses débuts, le groupe cultive une identité sonore immédiatement reconnaissable : double batterie, basse, guitares, banjo westernisé et puissante section de cuivres donnent naissance à une musique massive et cinématographique.

Ce nouvel album conserve cette dimension organique grâce au travail d’Arthur Paichereau, qui parvient à restituer l’intensité brute du live. Les morceaux respirent, les cuivres explosent avec panache et les trois voix se répondent avec une spontanéité contagieuse.

Le résultat possède cette chaleur rare des albums enregistrés par de vrais musiciens jouant ensemble, loin des productions trop aseptisées. Une approche parfaitement cohérente avec l’histoire du groupe, forgée sur plus de 1000 concerts donnés aussi bien en festival que dans la rue ou les cafés-concerts.

Monty Picon : Une aventure collective nourrie de collaborations

Quelques invités viennent enrichir ce cinquième opus. Jen Rival pose sa voix sur “Whispers”, Nicolas Méheust participe aux claviers sur “Legacy”, tandis que Cody Jahrett intervient sur la production FX de ce morceau.

La section cuivre se montre particulièrement impressionnante grâce aux participations de Guillaume Bougeard, Romain Cadiou, Gaël Augustin, François Tavard, Edouard Lhermitte et Fabien Cariou sur plusieurs titres. Ces interventions renforcent encore la dimension spectaculaire du disque.

Le groupe ajoute également des interludes acoustiques enregistrés lors de soirées festives, donnant parfois l’impression d’assister directement aux coulisses de cette grande famille musicale.

Monty Picon : Une passion assumée pour la bande dessinée et l’humour

L’univers de Monty Picon ne se limite pas à la musique. Depuis toujours, le collectif cultive un imaginaire déjanté nourri d’humour, de second degré et d’esthétique punk.

Cette nouvelle sortie pousse encore plus loin cette dimension visuelle grâce à un médiabook contenant une bande dessinée originale réalisée avec Willy Lermenier, collaborateur de Fluide Glacial. L’histoire met en scène les neuf musiciens emprisonnés avant un concert, avant d’être sauvés par leur mascotte Michaël Skeul accompagné d’un mystérieux prêtre vaudou.

Une idée totalement barrée qui correspond parfaitement à l’esprit du groupe.

Vingt ans de route et toujours le diable au corps

Au fil des années, Monty Picon s’est construit une solide réputation grâce à des tournées incessantes en France, en Belgique, en Allemagne ou aux Pays-Bas. Des festivals comme Art Rock, Cabaret Vert, Bars en Trans ou encore le Festival Interceltique de Lorient ont accueilli cette formation hors norme capable de transformer chaque concert en véritable spectacle.

Souvent comparé à Mano Negra pour son énergie contagieuse et son esprit libertaire, le collectif rennais continue pourtant de tracer une route profondément personnelle.

Cette tournée anniversaire prévue dès mai 2026 en France et en Allemagne promet d’ailleurs de rappeler à quel point le groupe demeure une bête de scène totalement imprévisible.

Membres des Monty Picon

Gaëtan “John” Bernard : Guitare, chant
Ludo Laclautre : Banjo
Arnaud Ricozzi : Basse
Lionel Priser : Batterie, guitare
Nicolas Montigné : Batterie
Benjamin Vauléon : Trombone, chant
Yanik “KinOeil” Bordet : Trombone, chant, harmonica
Matthieu Roblot : Trompette
Pierre Victoire : Trompette

Discographie des Monty Picon

Albums studio
2007 – Beft Of
2009 – Pour Quelques Mollards de Plus
2013 – Pas d’Interférences
2019 – Le Sens de l’Envie
2026 – Monty Picon

Album live
2019 – Live In Berlin

Compilation
2016 – 10 Ans d’Âge

Singles & EPs
2010 – CD Promo
2011 – Le Chant des Oiseaux Morts
2014 – C’est pas facile…
2016 – Kommando Tzatziki
2016 – Putain d’Jour Meilleur

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Red ’N Black, l’ovni rock belge au singe guitariste

Au tournant des années 80, la Belgique voit émerger une multitude de groupes oscillant entre pub rock, punk tardif et new wave naissante. Certains connaîtront une carrière internationale, d’autres resteront des trésors cachés réservés aux amateurs de vinyles obscurs. Red ’N Black appartient clairement à cette seconde catégorie. Pourtant, leur unique album éponyme publié en 1980 conserve aujourd’hui encore un charme irrésistible et une identité totalement à part dans le paysage rock francophone.

Originaire de Bruxelles, le groupe développe un univers décalé où l’humour, la provocation légère et l’énergie brute du rock se croisent avec une vraie culture underground. Dès les premières écoutes, Red ’N Black affiche une personnalité singulière : riffs accrocheurs, saxophone omniprésent, rythmiques efficaces et textes imprégnés d’un regard ironique sur le quotidien.

Red ’N Black, l’ovni rock belge au singe guitariste

Un rock belge libre et irrévérencieux

À une époque où beaucoup de formations cherchent à reproduire les modèles anglo-saxons, Red ’N Black préfère suivre son propre chemin. Le groupe cultive un esprit proche du rock de bistrot européen, avec une touche absurde très belge qui rappelle parfois l’univers de la bande dessinée satirique.

Des morceaux comme Le rock de la crise ou La rumba du bouchon témoignent de cette envie de mélanger second degré, énergie festive et critique sociale légère. L’ensemble dégage une spontanéité rafraîchissante, loin des productions calibrées qui commencent alors à envahir les radios.

Le saxophone apporte régulièrement une couleur presque urbaine et cabaret, tandis que les guitares restent ancrées dans un rock direct et sans fioritures. Cette combinaison donne au disque une atmosphère immédiatement identifiable.

Red ’N Black : Une pochette devenue culte

Mais s’il existe un élément qui a largement contribué à la réputation culte de Red ’N Black auprès des collectionneurs, c’est évidemment la pochette de l’album en deux version de couleurs (veste rose ou verte). Sur la couverture, un singe joue de la guitare dans une posture déjà particulièrement insolite. L’image intrigue immédiatement et reflète parfaitement l’humour irrévérencieux du groupe.

Et puis vient le moment où l’on ouvre la sleeve du vinyle. Là, le fameux primate apparaît dans une position beaucoup plus suggestive, avec un clin d’œil visuel typiquement provocateur et potache comme le rock belge savait parfois en produire à cette époque. Ce détail graphique a largement participé à la légende du disque, devenu au fil des années un véritable objet de curiosité.

Red ’N Black, l’ovni rock belge au singe guitariste

Cette esthétique volontairement absurde résume parfaitement l’esprit Red ’N Black : ne jamais se prendre totalement au sérieux tout en proposant un vrai univers artistique cohérent.

Un disque rare et recherché

Comme beaucoup de formations underground belges de cette période, Red ’N Black ne bénéficiera jamais d’une grande exposition médiatique. L’album circulera principalement dans les réseaux alternatifs et chez les amateurs de rock atypique.

Avec le temps, ce caractère confidentiel transformera pourtant le disque en pièce recherchée par les collectionneurs spécialisés dans les productions européennes obscures de la fin des seventies et du début des années 80. Son identité graphique forte, son humour décalé et son énergie artisanale lui permettent encore aujourd’hui de traverser les décennies avec une étonnante fraîcheur.

Red ’N Black, l’ovni rock belge au singe guitariste

Un témoin précieux du rock belge underground

Red ’N Black représente finalement tout ce qui rendait cette époque passionnante : des groupes capables d’expérimenter librement, sans stratégie marketing, avec pour seule ambition de créer un univers personnel.

Leur unique album reste ainsi une capsule temporelle fascinante du rock belge underground, entre satire sociale, esprit punk, énergie pub rock et irrévérence joyeuse. Une œuvre imparfaite peut-être, mais profondément vivante et authentique.

Membres de Red ’N Black

Michel Gudanski : Guitare, chant
Marco Gudanski : Saxophone
Claude Gross : Guitare
Harry “Flash Back” : Basse
Lesly “Boum Tchak” : Batterie

Discographie de Red ’N Black

1980 – Red ’N Black

Tracklist

01. Tout Peut Crever
02. On a Pas Osé
03. Tire ton Épingle
04. Rock de la Crise
05. Éplucher une Banane
06. Fais Dodo
07. Grosse Ambiance
08. Le Cycliste Fou
09. Red and Black
10. Dans un Bocage