C’est la faute à Bashung : Imelda May revisite Bijou Bijou

C’est la faute à Bashung rend hommage aux premières années d’Alain Bashung avec un projet aussi ambitieux que réjouissant : 26 reprises réunissant 32 artistes issus de la chanson, du rock, du cinéma et de la littérature. Après « Elsass Blues » et « Camping Jazz », c’est au tour d’Imelda May de s’approprier « Bijou, bijou », troisième extrait dévoilé avant la sortie de l’album le 6 novembre 2026.

C'est la faute à Bashung

C’est la faute à Bashung, un hommage sans nostalgie

Il y a quelque chose d’assez réjouissant dans l’idée de retourner aux débuts d’Alain Bashung. Avant les grandes œuvres qui allaient définitivement installer son nom dans le paysage musical français, le chanteur construisait déjà un univers singulier, volontiers provocateur, nourri de rock, de blues, d’humour décalé et de textes capables de sortir des sentiers battus.

C'est la faute à BashungCette première période est indissociable de Boris Bergman, parolier avec lequel Bashung va développer une écriture particulièrement reconnaissable. Leur collaboration donne notamment naissance à plusieurs titres de Roulette russe, paru en 1979, dont « Bijou, bijou ». L’album marque un tournant important dans le parcours de Bashung, même si le succès populaire viendra véritablement un peu plus tard avec « Gaby oh ! Gaby ».

Le projet C’est la faute à Bashung choisit justement de revenir à cette matière première. L’objectif n’est pas de reproduire le Bashung d’époque, encore moins de transformer ces chansons en objets de musée, mais de leur offrir une nouvelle vie avec des interprètes venus d’horizons très différents.

C’est la faute à Bashung accueille Imelda May

Pour « Bijou, bijou », le choix d’Imelda May apparaît particulièrement pertinent. La chanteuse irlandaise possède depuis longtemps ce goût pour les musiques qui ont nourri le rock avant de se fondre dans sa propre personnalité : rockabilly, blues, jazz et rock se croisent dans son univers, porté par une voix immédiatement identifiable.

Récompensée comme meilleure artiste féminine aux Meteor Music Awards, Imelda May a également partagé la scène avec Jeff Beck et participé aux Grammy Awards aux côtés du guitariste dans un hommage à Les Paul. Autant dire que l’univers rock de Bashung n’est pas vraiment un territoire inconnu pour elle.

Avec « Bijou, bijou », elle apporte donc une autre couleur à cette chanson composée par Bashung et issue de la période Roulette russe. Là où l’original possède déjà cette énergie rock un peu cabossée caractéristique des débuts du chanteur, la personnalité vocale d’Imelda May permet d’en accentuer le caractère frontal et nerveux.

Le morceau devient ainsi une rencontre assez naturelle entre deux univers qui, malgré la distance géographique et linguistique, partagent un même goût pour le rock débarrassé de ses conventions.

C’est la faute à Bashung, 26 reprises et une distribution XXL

Le projet ne repose évidemment pas uniquement sur Imelda May. La distribution réunit des personnalités aussi diverses que Francis Cabrel, Jean-Louis Aubert, Carla Bruni, Paul Personne, Pascal Obispo, Lambert Wilson, Pierre Richard, Gérard Lanvin, Jil Caplan, Emma Daumas, Jennifer Ayache, Emmanuelle Seigner ou encore Béatrice Dalle.

Cette diversité constitue probablement l’une des principales curiosités de C’est la faute à Bashung. Certains viennent directement du monde musical, d’autres du cinéma ou de la littérature, mais tous se retrouvent autour d’un répertoire qui permet plusieurs niveaux de lecture.

Les premiers extraits donnent déjà une idée de cette volonté d’ouvrir largement le champ. Kim Igane s’est attaquée à « Elsass Blues », tandis que Lambert Wilson revisite « Camping Jazz ». Avec Imelda May et « Bijou, bijou », le projet ajoute désormais une dimension internationale et franchement rock à son casting.

La tracklist réserve également quelques surprises, avec notamment « Gaby Oh ! Gaby » par Newton, « Toujours sur la ligne blanche » par Pierre Richard, « Malédiction » par Viktor Lazlo, « Station Service » par Henri Loevenbruck ou encore « Les montreurs d’ombre », inédit interprété par Béatrice Dalle.

De Bashung à Imelda May, une relecture qui a du sens

« Bijou, bijou » n’est évidemment pas choisi au hasard. Le titre appartient à cette période où Bashung et Bergman expérimentaient encore, avec une certaine liberté, une écriture et un son qui allaient progressivement conduire le chanteur vers son statut d’artiste majeur.

C'est la faute à Bashung

Le pari de C’est la faute à Bashung est finalement assez simple : plutôt que de sanctuariser ces chansons, les faire circuler à nouveau. Et c’est probablement la meilleure manière de rendre hommage à un artiste dont la carrière a toujours reposé sur le mouvement, les changements de direction et le refus de rester enfermé dans une formule.

Avec Imelda May, « Bijou, bijou » trouve donc une nouvelle interprète capable de lui insuffler son propre tempérament. Une reprise qui ne cherche pas à jouer au Bashung à la place de Bashung, mais à regarder son répertoire depuis un autre endroit.

Le visualizer de « Bijou, bijou » sera disponible le 11 septembre à 9 heures. Quant à l’album C’est la faute à Bashung, il faudra patienter jusqu’au 6 novembre 2026 pour découvrir l’ensemble de cette relecture collective, produite par Arca & Fox et mixée par Steve Forward.

Artistes

Francis Cabrel : chant
Jean-Louis Aubert : chant
Carla Bruni : chant
Paul Personne : chant, guitare
Imelda May : chant, instruments
Lambert Wilson : chant
Pascal Obispo : chant
Pierre Richard : interprétation
Gérard Lanvin : interprétation
Et de nombreux autres artistes issus de la chanson, du rock, du cinéma et de la littérature.

Discographie

Albums studio / Tributes
2026 – C’est la faute à Bashung

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Oöhna Call : les résonances obscures de eKKo

Un écho venu de Tours

Depuis 2019, Oöhna Call développe à Tours une musique instrumentale située quelque part entre Post-Rock et Noise, avec cette capacité à faire cohabiter tension, matière sonore et atmosphères contemplatives. Le trio français réunit les frères Ilharragorry, déjà passés par les formations Weeping Minds of Silence et Kraken Oxen, ainsi qu’Alexis Giboureau à la batterie, arrivé dans le groupe en 2022.

Oöhna Call

Avec eKKo, Oöhna Call pousse plus loin cette recherche autour de la répétition et de la résonance. Le titre n’est évidemment pas choisi au hasard : l’album s’articule autour de la notion d’écho, aussi bien dans sa dimension sonore que dans ce qu’elle peut suggérer sur le plan humain.

Et justement, l’écho chez Oöhna Call n’a rien d’une simple répétition confortable. Il revient, se transforme, se déforme et finit parfois par donner l’impression de nous poursuivre.

eKKo, un voyage en huit mouvements

L’album s’ouvre avec « Circle » et se referme avec « Alter Circle », comme si Oöhna Call dessinait volontairement une boucle. Entre les deux, Tetsuo, Bilateral, Trauma, Palindrome, Gemini et Reminiscence composent un parcours de huit pièces instrumentales.

Cette construction circulaire prend une dimension particulière avec la phrase répétée sur les morceaux d’ouverture et de clôture : « You have to leave now and never come here ». Une injonction qui fonctionne comme un mantra et qui renvoie à cette idée d’une condition humaine condamnée à reproduire certains schémas.

Pas besoin ici de longs discours ou d’un chanteur pour imposer un récit. Les guitares, la basse, les synthétiseurs et les boucles prennent en charge la narration. Les compositions semblent avancer par strates, faisant dialoguer textures organiques et sonorités synthétiques.

C’est précisément là que le concept d’écho devient intéressant : plutôt que de simplement reproduire un motif, Oöhna Call joue avec sa persistance et ses transformations.

Oöhna Call : Entre tension et contemplation

Les influences revendiquées permettent de situer quelque peu le territoire musical du trio. eKKo peut ainsi évoquer par moments les univers de Mogwai, Swans ou Neurosis.

Mais réduire Oöhna Call à ces références serait finalement passer à côté de l’essentiel. Le groupe semble davantage s’en servir comme d’un point de départ pour construire sa propre matière sonore.

Le format instrumental laisse également beaucoup d’espace à l’imagination. Chaque morceau peut devenir une sorte de paysage mental, où les motifs se répètent, s’étirent et évoluent progressivement. Le post-rock apporte cette capacité à installer des atmosphères, tandis que la noise injecte une dose bienvenue d’aspérité.

Le résultat devrait particulièrement parler aux amateurs de musiques qui prennent leur temps et préfèrent la progression à l’efficacité immédiate. Ici, on ne cherche manifestement pas le refrain qui vous saute dessus après trente secondes. On préfère laisser l’écho faire son travail.

Oöhna Call Ekko

Une énergie capturée presque en direct

Autre élément intéressant dans la conception de eKKo : l’album a été enregistré en seulement deux jours au studio Line Check Records, dans des conditions proches du live afin de préserver l’intensité du trio.

Ce choix est particulièrement cohérent avec une musique aussi dépendante de l’interaction entre les instruments. La spontanéité et la dynamique collective peuvent ainsi conserver une place importante, plutôt que de transformer les morceaux en constructions excessivement aseptisées.

Jérémie Ilharragorry assure la basse, les synthétiseurs et les boucles, Mike Gory prend en charge les guitares, synthétiseurs et boucles, tandis qu’Alexis Giboureau tient la batterie. Mike Gory assure également le mixage, avec Paco Berthault à l’enregistrement.

Avec ses 45 minutes et 50 secondes, eKKo offre ainsi un format suffisamment ample pour développer son univers sans pour autant se perdre dans une interminable démonstration.

Oöhna Call, une discographie en construction

eKKo s’inscrit dans une discographie encore relativement courte mais déjà cohérente :

EP
2020 – Hidden
2024 – Bauerngarten

Album studio
2022 – Mimesis

Le nouveau disque constitue donc une nouvelle étape pour un groupe qui, depuis ses débuts, poursuit une exploration instrumentale à la croisée du post-rock et de la noise.

Une boucle qui ne demande qu’à recommencer

Avec eKKo, Oöhna Call transforme l’idée d’écho en véritable principe de composition. Les boucles, les réminiscences et les résonances deviennent les différents éléments d’une musique où l’organique rencontre l’électronique, où la tension côtoie la contemplation et où chaque motif semble porter la mémoire de celui qui l’a précédé.

L’album sera disponible le 25 septembre 2026 en CD digisleeve et sur les plateformes de streaming via Bitume Prods.

Une sortie qui devrait intéresser les amateurs de post-rock aventureux et de noise instrumentale. Et puisque eKKo s’achève là où il commence, une seule question demeure : sommes-nous réellement arrivés au bout du voyage… ou venons-nous simplement de relancer la boucle ?

Membres de Oöhna Call

Jérémie Ilharragorry : Basse, synthé, boucles
Alexis Giboureau : Batterie
Mike Gory : Guitare, synthé, boucles

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