Mitroglou : Karaboudjan transforme le foot en garage punk

Entre poésie psychédélique, second degré ravageur et riffs abrasifs, le trio picard Karaboudjan revient avec un nouveau single aussi improbable qu’irrésistible. Disponible depuis le 13 mai, “Mitroglou” poursuit l’aventure déjantée amorcée par le groupe de Château-Thierry autour de son futur double EP Garage Love / Garage Punk, attendu entre fin 2025 et 2026.

Avec un titre pareil, impossible de ne pas sourire. Mais derrière l’hommage goguenard au footballeur grec Kostas Mitroglou se cache surtout une véritable profession de foi rock’n’roll. Le morceau mélange sport, politique, polyamour et culture populaire dans une grande farce psychédélique où les héros des stades côtoient les figures absurdes d’un imaginaire volontairement barré.

Karaboudjan

Mitroglou : un hymne sportif sous acide

Trois syllabes, un refrain qui claque et une énergie brute : “Mitroglou” résume parfaitement l’univers de Karaboudjan. Le groupe y célèbre les “artistes du ballon rond” avec un humour caustique et un goût prononcé pour les images surréalistes. Le résultat évoque autant un vieux match retransmis sur une télévision cathodique qu’une virée nocturne dans un garage enfumé des années 60.

Musicalement, le morceau navigue entre garage rock, punk et psychédélisme vintage. Les guitares saturées croisent les nappes de claviers analogiques tandis que la rythmique martèle un groove hypnotique. L’esprit des The Black Keys et des The Doors plane parfois au-dessus de cette cavalcade sonore, sans jamais masquer l’identité très française du projet.

Karaboudjan : du garage rock aux parfums d’Orient

Né en 2021 dans le sud de l’Aisne et de la Marne, Karaboudjan cultive depuis ses débuts un univers singulier. Le nom du groupe évoque immédiatement les aventures maritimes et les voyages lointains, ce qui correspond parfaitement à leur musique : un rock garage chargé de reverb où se mêlent influences psychédéliques californiennes et sonorités orientales.

Rafi, guitariste et chanteur, apporte notamment la couleur du saz, luth turc qui donne aux compositions une saveur inattendue. À ses côtés, Phil construit une base rythmique puissante entre batterie, derbouka et machines analogiques. Depuis 2024, le groupe s’est enrichi de la présence du bassiste John Mclovepine, avec parfois l’arrivée d’un second batteur pour les concerts les plus furieux.

Leur credo reste limpide : revenir à l’essentiel. Des morceaux courts, nerveux, organiques, sans fioritures inutiles. “Quatre accords c’est déjà trop”, semblent-ils proclamer avec malice.

Un groupe nourri par la scène

Les membres de Karaboudjan ne débarquent pas de nulle part. Derrière cette énergie débridée se cachent des musiciens aguerris ayant multiplié les expériences depuis plus de quinze ans dans diverses formations rock et punk régionales.

Cette expérience se ressent particulièrement sur scène, terrain de jeu favori du groupe. Karaboudjan revendique un rock vivant, physique, capable de s’installer aussi bien dans une salle que dans la rue, sur un festival ou dans la cale d’un cargo imaginaire chargé de mojo et d’opium sonore.

Après l’EP La Lagune paru en 2022 et plusieurs singles remarqués comme “Revendeur d’écume”, “Mitroglou” confirme l’ambition d’un groupe qui refuse les cadres trop sages et préfère célébrer le chaos joyeux du rock garage.

Karaboudjan

Karaboudjan en concert

Le groupe multiplie actuellement les dates dans le nord-est de la France :

La Biscuiterie, Château-Thierry — 24 mai
La Chopine, Condé-en-Brie — 29 mai
Fête de la Musique, Chézy-sur-Marne — 21 juin

Membres de Karaboudjan

Rafi : Guitare, chant, saz
Phil : Batterie, derbouka, claviers, séquences analogiques
John Mclovepine : Basse
Orso : Batterie

Discographie de Karaboudjan

2022 – La Lagune (EP)
2023 – Revendeur d’écume (single)
2025 – Garage Love / Garage Punk (double EP à paraître)

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Avec « Sanctuaire » Mathieu Torres poursuit son voyage introspectif

Après avoir ouvert une première brèche avec Desconegut, Mathieu Torres poursuit son exploration intérieure avec Sanctuaire, un second album annoncé pour le 5 juin 2026 en CD, vinyle et numérique. Une nouvelle étape artistique qui confirme la singularité d’un musicien difficile à enfermer dans une case, tant son univers navigue librement entre rock progressif, post-rock, ambient, jazz expérimental et poésie sonore.

Sanctuaire

Sanctuaire prolonge l’univers de Desconegut

Pensé comme la suite directe de son précédent disque, Sanctuaire approfondit cette démarche introspective déjà perceptible dans Desconegut. Chez Mathieu Torres, la guitare ne cherche jamais la démonstration technique gratuite. Elle devient un langage émotionnel, organique, presque narratif. Les compositions prennent alors la forme de paysages mentaux où chaque texture sonore semble traduire une émotion enfouie, une tension intime ou un souvenir diffus.

L’artiste évoque lui-même des morceaux « journalistiques », comme si chaque titre observait les failles humaines avec lucidité. Cette approche donne naissance à des architectures sonores mouvantes, nourries d’improvisations et de climats méditatifs qui rappellent parfois certaines démarches du rock progressif instrumental européen contemporain.

Le morceau Le Clochard Céleste, accompagné d’une captation live réalisée au studio La Face B, illustre parfaitement cette volonté de conjuguer spontanéité et profondeur émotionnelle. Le titre laisse respirer les silences autant que les envolées de guitare, dans une esthétique qui privilégie l’immersion à l’efficacité immédiate.

Un musicien au cœur de multiples projets

Depuis plusieurs années, Mathieu Torres multiplie les collaborations et projets parallèles. On le retrouve notamment au sein de M’Z, La théorie des cordes, Matziz, Zhorhann, The Diogenes, Adelphya ou encore Inland Motel. Cette diversité artistique nourrit naturellement son travail solo, où convergent différentes sensibilités musicales sans jamais perdre en cohérence.

À travers Sanctuaire, le guitariste semble vouloir créer un espace suspendu, un refuge sonore où l’auditeur est invité à ralentir, écouter et ressentir. Une proposition artistique exigeante mais accessible émotionnellement, portée par un vrai sens de la nuance et de la respiration musicale.

Dans une époque où beaucoup de productions misent sur l’instantanéité, Sanctuaire prend le parti inverse : celui de la contemplation, de la profondeur et du temps long. Un disque qui demande sans doute plusieurs écoutes pour révéler toute sa richesse, mais qui pourrait bien séduire les amateurs de voyages sonores habités et de rock instrumental à forte dimension émotionnelle.

Sanctuaire confirme une identité artistique singulière

Avec ce nouvel album, Mathieu Torres affirme davantage encore une identité musicale personnelle, loin des formats standardisés. Son approche artisanale du son, la place accordée à l’improvisation et cette recherche permanente d’équilibre entre tension et apaisement donnent à Sanctuaire une vraie dimension cinématographique.

L’album s’annonce ainsi comme une œuvre de transition autant que d’affirmation, capable de toucher aussi bien les amateurs de post-rock atmosphérique que les passionnés de musiques progressives et expérimentales.

Discographie de Mathieu Torres en solo

2026 – Desconegut
2026 – Sanctuaire

Pour consulter ses multiples réalisations et collaborations, je vous invite à consulter sa page Bandcamp.

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