Crachin explore la violence et l’aliénation dans Tour de Silence

Le post-rock normand reprend ses droits avec Crachin, projet solo créé par Hugo Drouet en 2025 à Rouen, ancien membre de Spleen XXX. Avec « II », premier extrait de l’EP « Tour de Silence », le musicien signe une œuvre pesante, hypnotique et frontalement engagée, qui explore les frénésies humaines et l’abandon de l’idée de reprendre le pouvoir.

Crachin

« II » : un constat sombre de notre époque

Sorti le 27 février, « II » s’impose par sa tension progressive et sa capacité à mêler post-rock et ambient expérimental. Hugo Drouet y dénonce l’habituation à la violence et l’embrigadement des jeunes perdus dans un système capitaliste et répressif. Le clip prolonge cette réflexion, illustrant la mécanique de propagande et les figures d’un échec collectif. Musicalement, le morceau évoque les atmosphères lourdes et méditatives de Godspeed You! Black Emperor, Ulver ou Boards of Canada, entre drone, textures ambient et crescendo émotionnel.

Un EP cathartique et litanique

Tour de Silence, prévu pour mars 2026, se compose de trois parties, chacune construite comme une lamentation. Mixé par Crachin et masterisé par Déhà (Wolvennest, SLOW) au Blackout Studio, l’EP déploie un post-rock grave et asthénique, oscillant entre tension dramatique et paysages sonores contemplatifs. Le projet se veut une capsule dénonçant l’aliénation et la manipulation individuelle par des systèmes oppressifs, offrant une expérience cathartique autant qu’immersive.

Crachin

Membres de Crachin

Hugo Drouet : Guitares, samples, compositions

Discographie de Crachin

2025 – Tour de Silence – EP

Bandcamp | Youtube

Hugo a bien voulu se prêtet au petit jeu de l’auto-interview

Pourquoi "Crachin" ?

La bruine. Un voile humide. Dans l’ouest français, le crachin nous accompagne en silence et donne son âme aux paysages. Etant de Rouen depuis toujours, j’estime que le crachin devrait s’immiscer dans la nomenclature du syndrome dépressif en tant qu’état à part entière. Je rends ici hommage à ce concept.

La création de crachin s’est faite en silence durant 2025 avec comme seul mot d’ordre, retranscrire ce sentiment qui ne me quitte pas.

Crachin, masc. : Petite pluie fine et pénétrante; Dépression psychique exogène entre la Bretagne et la Normandie.

Quel est ton processus créatif ?

L’art est, à mon sens, un besoin qui ne peut être commandé. L’idée de l’EP émerge en même temps que le premier son qui se matérialise dans mon esprit. Etant idéaliste malgré moi, la réalisation concrète d’un projet me semble être une montagne insurmontable mais qu’il est nécessaire d’arpenter pour lancer la machine.

Crachin est un sentiment qui ne peut être travesti, j’ai donc composé, aggloméré mes idées que j’ai répétées inlassablement dans mes pensées jusqu’au jour où cela a dû sortir d’un seul coup. Il faut imaginer l’EP « Tour de Silence » comme si nous, les créateurs (peu importe la discipline), étions comme une antenne radio qui captions l’anxiété extérieure de l’info, de nos amis, de nos familles et devions la retranscrire comme un tableau. Les musiques qui m’ont le plus emporté sont celles qui m’ont fait voir des paysages, j’ai tenté ici de montrer le mien.

La musique de Crachin est-elle "politique"?

N’étant pas un grand amateur de l’esprit romanesque, je me rattache à la réalité. La réalité, est inscrite dans la pierre et dans nos esprits. Elle est sans limite morale et extrêmement violente. On peut dire que cette création est profondément politique, il n’y a de paroles que dans les samples de propagande. C’est un appel à l’aide, à l’éveil, comment le système peut-il être aussi décevant et créateur d’autant de malheur ?

Nous sommes dans un entonnoir, si on le secoue un peu, on tombe tous au fond. Et le savoir ne fait pas tout, nous restons passifs alors que nous devrions nous servir des lumières du passé pour reprendre le pouvoir sur le verbe et les idées, que nous avons relégués à des représentants qui ne représentent qu’eux-mêmes et leurs intérêts propres. J’essaye ici, sans jamais perdre espoir, d’alerter avec un cri abstrait, que nous-mêmes, nos enfants, nos amis, notre société, sommes à l’orée de faire des choix. De la fleur au fusil à la chair à canon il n’y a qu’un pas.

Quelles sont tes influences ?

La première influence est la ville de Rouen, un endroit que j’aime profondément, de son architecture aux gens qui la compose. C’est une « vibe » à elle seule.

J’ai commencé à former mon oreille sur des projets Rouennais comme Hyadningar, Ataraxie, Funeralium, qui sont 3 projets consanguins de Black Metal et de Doom funéraire.

Pour Crachin, je dirais que le Afterlife d’Amenra ou les parties calmes de Funeralium et Ataraxie ont été mon mojo lors de la réflexion sur le choix des sons.

Et bien sûr, Godspeed You! Black Emperor, les maîtres en ces lieux qui m’apportent au quotidien un sentiment lourd de liberté.

Dernier mot

Chérissez vos amis, chérissez vos amours, chérissez votre quotidien et les gens qui le composent. Penser n’est pas suffisant.

De mon côté, je travaille sur l’album de Crachin en parallèle de deux autres projets : Un de Drone orchestral et un de Black Metal qui sortiront courant 2026. Je tiens à remercier Déhà pour sa gentillesse et son travail au Blackout Studio pour le master, Clément Verhaeghe pour la réalisation du logo, Emy Bertaud pour son œil précis et les photos promotionnelles de Crachin et Aurélien et Quentin pour leur professionnalisme et soutien avec Wattsnext? promotion.

La pochette de Crachin a été réalisée par ma compagne Lycia et moi-même avec un polaroïd SX-70 aux alentours de Rouen, dans une zone où l’industrialisation a pris le pas.

 

Merci Hugo, nous te souhaitons le meilleur pour la suite 🙂

Jean-Luc Admin Mazik mars 2026©

Lueurs transforme l’instant en lumière avec « Grain de sable »

Il y a des projets qui ne cherchent pas à faire du bruit, mais à faire sens. Lueurs appartient clairement à cette catégorie. Porté par Thibaud, auteur-compositeur-interprète né au Pays basque, le projet s’inscrit dans une pop française lumineuse, sensible et profondément humaine. Une musique qui ne force rien, mais qui avance, portée par l’élan intérieur.

Ancien parisien revenu à ses racines, entre Atlantique et Pyrénées, Thibaud trace aujourd’hui une trajectoire apaisée, nourrie de contrastes assumés. De la rage adolescente du rock à l’introspection folk, des mélancolies urbaines aux respirations retrouvées, Lueurs capte ce moment fragile et précieux juste après la tempête, quand le ciel commence enfin à s’éclaircir.

Lueurs - Grain de Sable
Lueurs – © Zoé Satche.jpg

De Nuage à Lueurs, un chemin vers l’essentiel

Avant Lueurs, Thibaud était membre du duo Nuage, né dans l’élan post-Fauve. Une expérience fondatrice, mais qui appelait une nouvelle respiration. Avec Lueurs, l’écriture s’ouvre, se fait plus directe, plus lumineuse, laissant les blessures se déposer doucement dans la clarté.

La collaboration avec Pierre Vergeat à la production joue un rôle clé dans cette métamorphose. Leur duo fonctionne presque comme une relation fraternelle, où la confiance permet à chaque morceau de trouver sa juste place. L’image est parlante : comme si Orelsan et Skread avaient choisi la pop plutôt que le rap, avec le même sens du détail et de l’émotion maîtrisée.

Grain de sable, l’art de faire beaucoup avec peu

Dernier extrait avant la sortie de son premier EP qui sort en février 2026, « Grain de sable » s’impose comme un hymne pop lumineux et introspectif. Le morceau célèbre la force de l’instant présent et notre capacité à en faire quelque chose de grand, même à partir de presque rien.

Lueurs - Grain de Sable

Porté par un texte poétique et sensoriel, le titre évolue d’une base acoustique délicate vers une envolée électro-pop pleine d’élan. Une véritable ode à l’action douce, à la confiance retrouvée et à la joie simple, sans emphase inutile.

Le clip, tourné sur les plages landaises avec ses proches, prolonge naturellement ce message. L’océan y devient un personnage à part entière, symbole de mouvement, d’ancrage et de respiration. À l’image des châteaux de sable : fragiles, éphémères, mais infiniment précieux.

Une pop pour avancer, guérir et rester debout

La musique de Lueurs évoque le mouvement, le renouveau et l’ancrage. Elle ne cherche pas à masquer les failles, mais à les traverser. Une pop française sincère, pensée pour ceux qui avancent, qui doutent, qui se relèvent. Une bande-son pour les sensibles, les rêveurs, et tous ceux qui choisissent de rester debout, même après la pluie.

Thibaud : Chant, guitare | Pierre Vergeat : Production

Discographie

Singles
2024 – Nouvelle Année
2024 – Si reine
2026 – Grain de sable

EP
2026 – EP à venir

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