2006 : Jacques Higelin > Crocodaïl



2006 : Jacques Higelin > CrocodaïlPour fêter la première année de Mazik, une p’tite chronique sur notre alsacien « Jacques Higelin », qui enregistre sur ses terres le magnifique « Amor Doloroso » dans la ferme-studio de son ami « Rodolphe Burger » à Sainte Marie aux Mines. Hop’là.

« Amor doloroso » nous chante bien évidemment l’amour sensuel, charnel, pour nous parler d’elles, entre blues et rock par un Higelin retrouvé après 8 années de silence.

Pour ouvrir cet album, le blues orientalisé de la « Queue de paon » nous laisse folâtrer dans l’imaginaire du feu qui couve en chacun de nous, entre longues et larges queues de paon ou de serpent, pour toi mon amour.

Et puis, on se laisse glisser sur les slides du blues de « Prise de bec » disputé d’une voix râpeuse par un Higelin qui se la coule pas douce sur le Mississipi entre Memphis et Chicago.

« Ice Dream » et ses SSS sensuels comme un rêve glacé Tombé du ciel.

Le superbe texte de « L’hiver au lit à Liverpool » est un hommage jazzy à Charles Trenet.

Le spleen joyeux de l’attente d’un amour perdu ou pas avec « Se revoir et s’émouvoir » laisse l’espoir sur des notes de banjo aux accents cajun.

« Halloween » ou comment déclamer une légende des forêts bretonnes, Cidre ou Champagne ?

La raillerie politiquement funk de « Crocodaïl » est rapé par un black « Higelain » au juste flow.

Il est temps de se laisser aller dans un spleen mélancolique parce qu’« Ici, c’est l’enfer ».

« Amor Doloroso » est bien évidemment poignant, les histoires d’amour finissent mal en général.

« J’t’aime telle » ne ment pas à Izia sur cette ballade sous un ciel étoilé.

« J’aime » est une déclaration d’amour à nous autres, chanté, sifflé, par un frère Jacques comme au bon vieux temps.

Higelin se laisse porter par les superbes arrangements de Rodolphe Burger pour nous conter l’amour de sa voix chaude et sensuelle qui nous accompagne depuis si longtemps. Avec cet album luxurieux et voluptueux, Jacques Higelin nous revient comme aux premiers jours, avec la fraîcheur de son immense talent, merci mon ami.

Je vous laisse en live avec un « Higelin » encore au meilleur de sa forme en 2007 au bataclan, avec un Yan Pechin magique à la guitare, comme à son habitude…

Paroles de « Crocodaïl » de et par Jacques Higelin sur « Amor Doloroso »

On est de plus en plus de moins en moins con
Sidéré comme
Des êtres humains à part entière
Plutôt
Comme les têtes de bétail du troupeau
Qu’au pire
On mène à l’abattoir et qu’au mieux
On envoie paître
Boire et brouter là où la bête, bébé,
Est plus facile à traire
Aussi,
Petit agneau qui tête encore ta mère,
Méfie-toi
Du bord des eaux troubles
Où l’on peut voir flotter
Les narines et l’oeil opaque
Les gros reptiles à quatre pattes
Qui te guettent
Pour te happer
Et te croquer tout cru, pris en tenaille dans les mâchoires de crocodaïl, bien !

Crocodaïl, crocodaïl, crocodaïl

Ni pitié ni cadeau, serré sous les crocs du crocodaïl
On est de plus en plus de moins en moins con
Cerné par les discours
Pleins d’astuces et de consensus
Des engraisseurs de porcs qui nous sucent le cortex
On est de plus en plus
Enchaînés aux rouages
De la machine qui s’emballe, nous entraîne en spirale
Vers le bas, vers le chaos
Aussi, gracile antilope, charmant phacochère,
Méfie-toi des violents coups de queue
Du caïman à lunettes
Le plus racaille, le plus retors des crocodaïls
Crocodaïls, crocodaïls, crocodaïls
Moi je crains le lavage de cerveau
Crocodaïl, crocodaïl, crocodaïl,

Ni pitié ni cadeau entre les crocs du crocodaïl

Cela dit, j’éprouve parfois, je l’avoue,
Une certaine sympathie
Pour le crocodile du Nil et le gavial de Birmanie,
Dont la cruauté cannibale,
La férocité inouïe,
Les classent au top
De toutes les espèces en voie de désintégration
Mais
Si tu finis par l’avoir
Tu pourras faire le beau
Dans les bars de Shanghai, Djakarta ou Bornéo
En fourrure léopard
Avec un jean en skaï
Une cape, un sac, des bagues et des boots
Et des lunettes en écailles
De crocodaïl, crocodaïl, crocodaïl
Ni pitié, ni cadeau, en tenaille entre les crocs du crocodaïl, crocodaïl, crocodaïl, ho ho !
Ni drapeau, ni médaille, serré dans les mâchoires du crocodaïl, crocodaïl, crocodaïl
Pris dans ses entrailles
Crocodaïl, crocodaïl
Pris dans ses entrailles,
J’donnerais pas cher de ta peau.

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