Hommage à Jacques Higelin

Jacques Higelin naît en 1940 en Seine et Marne, d’un père Alsacien et d’une mère Belge.

Il aura tout d’abord été influencé par Charles Trenet, le fou chantant.

En 1955, le jazz s’est emparé de lui lorsqu’il joue dans une comédie musicale avec Sidney Bechet à la trompette.

En 1956, il intègre le cours Simon pour apprendre l’art dramatique.

En 1960, il rencontre Areski Belkacem pendant la guerre d’algérie, avec qui il anime des soirées musicales.

En 1962, son retour en France le conduit vers le cinéma et le théâtre ou il rencontre entre autre Bulle Ogier et Jean-Pierre Kalfon.

En 1964, il s’épanouit avec le café-théâtre dans des spectacles délirants avec Rufus et Brigitte Fontaine.

En 1965, Fontaine et Higelin enregistrent deux disques « Douze chansons d’avant le déluge », et « Quinze chansons d’avant le déluge », dans lesquels ils revisitent Boris Vian.

En 1968, Jacques Higelin politise la chanson avec Catherine Ribeiro et François Béranger.

En 1969, Higelin retrouve son ami Areski qui devient le compagnon de Brigitte Fontaine pour enregistrer un album.
C’est une époque d’improvisation ou il peut faire des boeufs avec les musiciens de l’Art Ensemble de Chicago, les Wild Angels ou les Pretty Things.

En 1971, il sort son premier album solo « Jacques Crabouif Higelin » avec le titre « Je suis mort qui qui dit mieux ».
Puis Jacques Higelin quitte Paris pour expérimenter le retour à la nature dans les communautés « Hippies » installées dans les Alpes ou dans le Lubéron.

En 1974, le baladin se transforme en poète rocker pour sortir ce qui est considéré par beaucoup comme le 1er véritable album de Rock Français, « BBH 75 » avec le fameux « Paris-New York/New York-Paris », hymne aux paumés de France et d’Amérique qui sera repris dans presque tous ses concerts.

Débutant de manières bluesy, Higelin raconte son histoire avant que la folie électrique commence à monter au même rythme que les paroles « Vises-moi ce connard, t’as pas 100 balles pour un junkie héroïne pressing cocaïne, baby? ». Cet album électrique oscillant entre rock, blues et ballades acoustiques offre aussi à Higelin un deuxième fils, Ken, alors que Arthur est déjà âgé de huit ans.

En 1975, « Irradié » est enregistré dans les studios du Château d’Hérouville pour nous offrir un rock empreint d’une grande tendresse avec un certain Louis Bertignac à la guitare.

En 1976, « Alertez les bébés » avec les complémentaires « Aujourd’hui la crise » et « Demain (ça sera vachement mieux) » reçoit le Prix de l’Académie Charles-Cros et la reconnaissance du public pour ce disque optimiste, entre espoir et blues. Lancé sur la voie du succès, Jacques Higelin devient un artiste de scène impressionnant et aucun de ses concerts ne ressemble au précédent. De salles en festivals, Jacques Higelin enflamme les théâtres et les chapiteaux de France avec une débauche d’énergie communicative qui font de lui le chanteur de rock français le plus populaire.

En 1977, il participe à la première édition du festival du Printemps de Bourges qui a été créé pour résister à une certaine censure des médias envers une chanson française, plus rock, plus indépendante, plus alternative. Puis il enregistre le profondément poétique et sentimental « No man’s land » au Château d’Hérouville avec le titre « Pars » qui devient son premier vrai tube. Cette chanson enregistrée la nuit à la lueur des bougies est aussi joué par Higelin à la basse, l’accordéon et le mellotron qui imite le son du violoncelle et fut créé spécialement pour David Bowie qui le prêta à Higelin.

En 1979, « Champagne » et « Caviar » marquent un sommet dans la vie musicale du chanteur qui enchaîne les tubes avec « Tête en l’air », « Hold tight », et le titre-phare, « Champagne ».

En 1981, son premier live est un triple album « Higelin à Mogador », qui grave à tout jamais son talent d’improvisateur et l’énergie poétique qui lui donne une relation si particulière avec son public. Jacques Higelin alternera albums live et studio jusqu’en 2010.

En 1982, pour la première Fête de la Musique, il joue perché sur un camion et entraîne des milliers de personnes à travers les rues de Paris. Puis il sort l’album « Higelin 82 » avec de sublimes ballades comme « La ballade de chez Tao », « La Putain vierge » et la « Beauté crachée »qui font transparaitre son talent.

En 1983, il se lance dans un spectacle mêlant jazz et cirque « Corde raide et piano volant », au cours duquel un funambule enjambe l’esplanade du Trocadéro. On le voit également, aux côtés du jazzman Luther Allison à Paris ou de la chanteuse québécoise Diane Dufresne à Montréal. Puis il clôt l’année par une tournée africaine qui le mène du Zaïre au Sénégal.

En 1985, sort l’album « Aï » enregistré avec des musiciens aussi variés que Eric Serra à la basse, Didier Malherbe (ex-Gong) au saxophone, Jean-Louis Mahjun au violon ou Mahut aux percussions. La même année, il s’installe pendant quatre semaines à Bercy pour un show mis en scène par le metteur en scène Patrice Chéreau. A cette occasion, il présente au public parisien deux chanteurs africains encore peu connus en Europe, le Sénégalais Youssou N’Dour et le Guinéen Mory Kanté. Mais pour la première fois, Higelin est dépassé, débordé par une mise en scène qui frôle la mégalomanie avec comme décor le parvis de Notre dame. Le résultat est un échec critique, public et surtout financier. Assommé par cette dernière étape, Higelin prend du recul et se lance dans une tournée des petites salles où il retrouve un contact tout neuf avec le public plus proche des concerts de ses débuts.

En 1988, « Tombé du ciel », conçu en solitaire et produit par Jacno nous montre une Higelin apaisé et serein. C’est un énorme succès avec le titre éponyme de l’album et le titre préféré de Jacques Higelin « le Parc Montsouris ».

En 1989, pour le Nouvel an, Higelin organise un réveillon au Zénith de 21h30 à l’aube, ou il entraîne le public dans une nuit endiablée avec de nombreux amis qui le rejoignent sur scène : Paul personne, Raoul Petite, Didier Lockwood, Eric Serra ou les membres du cirque Arcaos.

En 1991, « Illicite » tonique, vif et vivant nous parle de sa fille Izia née l’année précédente, de l’amour mais aussi de la mort. Grâce à quelques invités dont Youssou N’dour et le percussionniste sénégalais Dudu N’diaye Rose, Higelin intègre des sonorités métissées que l’on retrouve lors des concerts au Grand Rex en 1992.

En 1994, « Aux Héros de la voltige » renoue avec un funk-rock métallique mais laisse une large place à la tendresse de ses sentiments et à la gravité de ses angoisses.

En 1997 et après un tour du monde en solitaire « Paradis Païen » marque les retrouvailles avec Areski qui réalise entièrement l’album, secondé par son fils Ali Belkacem. Ce disque est certainement à redécouvrir, car ses chansons sont méconnues et pour cause : pas d’habituel live suite à la sortie de cet album et rarement repris en concert depuis. Ce disque musicalement très riche, combine instruments du monde et sons à tendance électro. Peu facile d’accès et parfois proche des tous premiers albums d’Higelin, il n’offre aucun tube, mais de grandes chansons enregistrées avec des pointures comme Richard Bona à la basse, Loy Ehrlich au guembri (ex Touré Kunda, Youssou N’Dour, Hadouk Trio,…), Sylvain Luc à la guitare (ex John McLaughlin, Billy Cobham, Larry Coryell, Al Di Meola, Marcus Miller,…), Didier Malherbe à la clarinette, ocarina (ex Gong, Hadouk Trio). Comme d’habitude, les textes touchent à l’universel autour de ses thèmes de prédilection : la naissance, la vie, l’amour physique, l’amour spirituel et la mort.
Un disque qui peut sembler surprenant à la première écoute, mais qui prendra tout son intérêt avec le temps. Une atmosphère insolite, intimiste et soignée avec la production avant-gardiste de son pote de régiment, Areski. Une bonne cuvée qui se bonifie écoute après écoute avec une interprétation parfaite du grand frère Jacques. Paradis Païen est peut être le meilleur album d’Higelin depuis « Champagne pour tout le monde » en 79…

Cet album sera suivi pendant plusieurs années par de nombreux concerts à travers le monde. Aux Etats Unis qui découvrent avec délectation cet artiste truculent, en Afrique de l’Est, dans l’océan Indien auprès des Français expatriés, ce qui lui permet de rencontrer des musiciens locaux et de parfois les inviter sur scène comme ce fut le cas à Madagascar où, à l’occasion de la Fête de la musique, le 21 juin, il fit une large place aux artistes malgaches.

En 2004, Jacques Higelin revisite le répertoire de Charles Trenet avec le spectacle « Higelin enchante Trenet » constitué d’une vingtaine de chansons, avec son complice de longue date, le percussionniste Dominique Mahut et qui seront reprises sur un live du même nom.

En 2006, « Amor doloroso » marque son retour avec une production confiée à Rodolphe Burger, l’ex-leader de Kat Onoma. Pour l’enregistrement, celui-ci a accueilli Higelin et ses musiciens – notamment son fidèle collaborateur Dominique Mahut – dans sa ferme à Sainte-Marie aux Mines, en Alsace. Un univers privilégié qui a permis au chanteur de retrouver son souffle et son inspiration. « Amor doloroso » nous chante l’amour sensuel, charnel, entre blues et rock par un Higelin retrouvé après 8 années de silence. Avec cet album luxurieux et voluptueux, Jacques Higelin nous revient comme aux premiers jours, avec la fraîcheur de son immense talent porté par les superbes arrangements de Rodolphe Burger.

En 2010, « Coup de foudre » est à nouveau enregistré dans le studio alsacien de Rodolphe Burger, qui assure la réalisation de ce disque avec le fidèle Dominique Mahut. L’amour, la mort, la vie ou les problèmes de société constituent l’essentiel des thèmes abordés par le grand Jacques, toujours vif et malicieux. Son écriture d’orfèvre, poétique, ne semble pas marquée par le temps qui passe. Dans cet opus, on trouve d’ailleurs une reprise de « Aujourd’hui la crise » une chanson écrite en 76, comme un clin d’œil à la période actuelle. A 70 ans, 45 années de chansons et 17 albums, notre vieux baladin déclame avec sa fraîcheur légendaire des textes un peu plus sombres que l’opus précédent mais avec des mélodies plus finement ciselées. Avec une réalisation très soignée de Burger et de Mahut, Higelin nous emmène dans une machine à remonter les différents styles qui ont jalonné sa carrière. Un funambule sur le fil de la portée musicale comme on l’aime, l’aime, l’aime.

En 2013, Jacques Higelin signe avec « Beau repaire » l’ensemble des textes et des musiques

En 2016 et pour ses 50 ans de carrière, on revient une dernière fois vers le grand frère Jacques avec « Higelin 75 »: à 75 ans l’auteur du premier véritable album de rock français « BBH75 » en 1975 veut nous montrer de quel bois il peut encore nous chauffer avec ce 18ème disque studio, enchanteur, fascinant, salvateur, envoûtant et tout simplement inclassable. Notre poète chanteur qui aime s’épancher sur scène dans la poésie avec des phrases sans fin, n’aime pas à contrario l’exercice factice du studio. C’est donc dans la ferme alsacienne de Rodolphe Burger avec Édith Fambuena (ex guitariste des valentins) que son fidèle ami Dominique Mahut a emmené Higelin pour qu’il se prélasse au travail en lui laissant l’inspiration verbale en écho à son recueil de textes « Flâner entre les intervalles ». Sur la forme, la liberté continue d’être totale et revendiquée puisque plusieurs morceaux font plus de 6 minutes, un autre dépasse même les 21 minutes « À feu et à sang » ,enregistré en une seule prise. Ce n’est pas Higelin à 75 ans, mais Higelin en 75 qui nous entraine dans une spirale infernale pendant vingt minutes de transe ébouriffée par ses idées noires. Ce disque est une cure de jouvence pour lui comme pour nous.

Chapeau bas Mr Higelin et surtout ne te retourne pas.

Pas de musique pour ce coup, mais Jacques Higelin invité dans la discothèque de radio France.

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2017 : Rodolphe Burger > Good



Rodolphe Burger - Good - MazikPour ma dernière, dans ce format chronologique journalier, je vais vous parler de l’impressionnant et magnifique chef d’oeuvre « Good » de « Rodolphe Burger », l’alsacien de la vallée de Sainte Marie aux Mines, qui est en quelque sorte mon alter ego, puisque je suis un Strasbourgien (contraction de Strasbourg et de Vosgien).

Rodolphe Burger nous invite dans sa ferme vosgienne pour partager dans un climat intimiste, une musique poétique et sensuelle, enveloppée par sa voix chaude pour créer un blues rock dans une ambiance trip-hop sur fond de sonorités indus… Co-réalisé avec Christophe Calpini, musicien, percussionniste et batteur vaudois qui nuance les écritures musicales pour naviguer avec élégance entre les styles.

Un album à écouter et réécouter, notamment dans sa version vinyle qui offre un premier enregistrement de Samuel Hall. La créativité musicale de Rodolphe sublime les poèmes de Samuel Beckett, Goethe, Georg Büchner, T.S Eliot, E.E Cummings, Mahmoud Darwich, Olivier Cadot, Pierre Alfieri et Michel Deguy.

On écoute…

Rodolphe ouvre cet album sur un climat tendu et obsédant avec « Good », porté par des claviers et une batterie qui laissent des samples d’arrière-plan et des bourdonnements de machine à la « Pink Floyd » ouvrir un final angoissant, d’après un texte Samuel Beckett. Inquiétant

Suit comme une musique de film, l’envoûtant « Happy Hour » qui dépeint une lugubre et perfide réception mondaine, co-signé avec Pierre Alféri et Christophe Calpini. Cinemascope en technimusical.

Avec le bluesy « Cummings », la guitare de Rodolphe Burger guide sa voix à la Gainsbourg pour se marier à celle de Sarah Murcia. Enchanteur

Le « Poème en or » d’après un magnifique texte d’Olivier Cadot, irradie cet album sur le chagrin d’une rupture : « Je suis comme fané – Squelette éparpillé – Mon cœur est en cire – En fusion dans mon corps, je suis sec – Petit morceau d’argile, vase en miettes – Je suis de l’eau qui s’écoule – Pourquoi m’as-tu abandonné, force perdue ? – Désert en un instant… ». Douloureux de beauté

« Rien ni personne » ne doit faire ce que le commandement primordial de tout être humain nous dicte : « Tu ne tueras pas, un point c’est tout ». Biblique et …rédempteur ?

Le puissant rock indus tonitruant de « Fx of love », comme une « jungle music » abrupte et toute en distorsion à la Nine Inch Nails. Envoutant.

Avec « Providence », on entre dans un univers typique à la « Kat Onoma » à la beauté monumentale. Somptueusement écrit.

Sur « An Lilli », Rodolphe chante en allemand un texte de Goethe, avec Sarah Murcia. Germanophile

L’efficace « Painkiller » ouvre à nouveau un rock indus avec une batterie très en avant. Anti douleur grandiloquent.

Arrive le blues de « Waste Land » comme une ivresse pour magnifier les 433 vers du poème de T. S Eliot « The Wasteland ». Mystique.

Un vrai blues avec « Hard times » qui suggère affectueusement l’abattement. Louisiane…sque.

On termine avec l’hypnotique poème « Lenz » de Büchner, comme un voyage musical transcendant des paysages divin. Atmosphérique

Avec ce « GOOD » serein, les poèmes surréalistes sont sublimés par la musique sobre mais riche de sons et d’ambiances. Un album qui se déguste lentement pour savourer dans chaque note le nectar musical qui coule dans les veines de l’artiste. Envoutant.

L’œuvre de Burger, compte une vingtaine d’albums avec le groupe Kat Onoma d’abord, puis une série d’albums en solo et des dizaines de collaborations avec des artistes allant de Françoise Hardy à Jeanne Balibar, d’Olivier Cadiot à Pierre Alferi, de James Blood Ulmer à Serge Teyssot-Gay, de Jacques Higelin à Alain Bashung

On écoute Good

Et puis

Happy Hour
Ou tout simplement
Poème en or
Sans oublier
Rien Ni Personne
Et pourquoi pas
Fx of love
J’allais oublier
An Lilli
Allez hop
Waste Land
Pour terminer
Hard times

A moins qu’un concert en entier vous tente :

Le pont des artistes #14 – Rodolphe Burger / Cyril Mokaiesh / Lescop

Interview de Rodolphe en personne

Discographie

Avec Kat Onoma

1988 : Cupid
1990 : Stock Phrases
1992 : Billy the Kid
1992 : The Radio Remixes
1993 : Post Scriptum to Billy the Kid
1995 : Far from the Pictures
1997 : Happy birthday public
2001 : Kat Onoma
2002 : Live à la Chapelle
2004 : All The Best from Kat Onoma
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En solo

1993 : Cheval-mouvement
1998 : Meteor show
2005 : Schweyk
2008 : No Sport
2009 : Valley Session
2011 : This is a Velvet Underground song that i’d like to sing
2014 : Le Cantique des cantiques & Hommage à Mahmoud Darwich
2017 : Good
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Collaboration

2000 : avec Olivier Cadiot : On n’est pas des indiens c’est dommage
2002 : avec Olivier Cadiot : Hôtel Robinson
2003 : avec James Blood Ulmer : Guitar Music
2003 : avec Chloé Mons et Alain Bashung : Cantique des cantiques
2004 : avec Pierre Alféri : Lon
2005 : avec Erik Marchand : Before Bach
2005 : avec Yves Dormoy : Planetarium
2006 : avec Chloé Mons et Alain Bashung : La Ballade de Calamity Jane
2013 : avec Olivier Cadiot : Psychopharmaka
2015 : avec Philippe Poirier : Play Kat Onoma

Participation sur d’autres albums

1996 : Françoise Hardy: Le Danger
1997-2000 : Françoise Hardy : Clair-obscur
1998 : Alain Bashung : Fantaisie militaire
1999 : Collectif GISTI : Liberté de circulation
2001 : Xavier Bussy : POEsession
2003 : Jeanne Balibar : Paramour
2006 : Jeanne Balibar : Slalom Dame
2006 : Françoise Hardy : (Parenthèses…)
2006 : Jacques Higelin : Amor Doloroso,
2009 : Ben Sidran : Dylan different
2010 : Jacques Higelin : Coup de foudre

Dans le cadre du collectif 48 Cameras

1997 : From Dawn to Dust & Backwards
1999 : Three Weeks with my Dog
2002 : I Swear I Saw Garlic Growing under my Father’s Steps

Au cinéma

2006 : Apparition musicale dans le film Bled Number One de Rabah Ameur-Zaïmeche. Rodolphe Burger y chante et joue de la guitare dans la montagne.
2010 : Joue son propre rôle dans Ne change rien de Pedro Costa, aux côtés de Jeanne Balibar
2010 : And I Ride, film de Franck Vialle et Emmanuel Abela, Production Atopic
2012 : Signe la musique du film « Au prochain printemps », de Luc Leclerc du Sablon.

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2016 : Jacques Higelin > Higelin 75


2016 : Jacques Higelin > Higelin 75Pour ses 50 ans de carrière, on revient une dernière fois vers le grand frère Jacques avec « Higelin 75 », parce qu’à 75 ans l’auteur du premier véritable album de rock français « BBH75 » en 1975 veut nous montrer de quel bois il peut encore nous chauffer avec ce 18ème disque, enchanteur, fascinant, salvateur, envoûtant et tout simplement inclassable.

Notre poète chanteur qui aime s’épancher sur scène dans la poésie avec des phrases sans fin, n’aime pas à contrario l’exercice factice du studio.

C’est donc dans la ferme alsacienne de Rodolphe Burger avec Édith Fambuena (ex guitariste des valentins) que son fidèle ami Dominique Mahut a emmené Higelin pour qu’il se prélasse au travail en lui laissant l’inspiration verbale en écho à son recueil de textes « Flâner entre les intervalles ».

Pour commencer, Jacques écrit une élégante ballade à sa fille Izïa, pour chanter « Elle est si touchante ». Tendresse paternelle.

On poursuit avec le poème métempirique « L’emploi du temps » de 8mn et 33 secondes… Jacques Higelin égrène les secondes face au temps qui s’accélère pour lui, sans pouvoir imposer sa loi aux aiguilles. La suprématie des engrenages de l’horloge est accompagné par Mahut au tic-tac.

« J’fume » sur « Higelin 75 » comme une déclaration d’amour à une cigarette de « BBH 75 ». Provocateur face au fossoyeur qui creusera son trou au Père-Lachaise. Méditatif.

Avec « Loco loco », on roule sur les rails d’un cheval de fer qui n’a peur de rien, tellement elle en a vue…Cheminesque.

Une petite ballade country comme au bon vieux temps sur « Lonesome bad boy ». Souvenirs, souvenirs.

Sur le rock funky et haut en couleur de « Habla quoi ? », Higelin nous fait une impro comme s’il était sur scène. Cocasse.

Avec la cavalcade déjantée à la Arno « Le monde est fou », Higelin nous diverti avec un carnaval musical. Extravagant.

Quoi, un morceau de 21mn enregistré en une seule prise ? Higelin nous met « A feu et à sang », histoire de remettre les pendules à l’heure. Ce n’est pas Higelin à 75 ans mais Higelin en 75. La spirale infernale d’À feu et à sang nous entraine dans vingt minutes de transe ébouriffée par ses idées noires.

Pour son dernier album, Higelin nous entraîne dans un univers musical audacieux que l’on ne lui croyait plus capable de nous pondre.

Ce disque est une cure de jouvence pour lui comme pour nous.

Chapeau Mr Higelin.

Présentation du disque par Higelin en personne

Quelle carrière ! C’est pourquoi je ne vous fait pas écouter un morceau de ce magnifique album, mais un aperçu de sa vie musicale…

Discographie de Jacques Higelin

Enregistrements en studio

1965 : 12 chansons d’avant le déluge
1969 : Higelin et Areski
1971 : Jacques Crabouif Higelin
1974 : BBH 75
1975 : Irradié
1976 : Alertez les bébés !
1978 : No Man’s Land
1979 : Champagne pour tout le monde…
1979 : … Caviar pour les autres
1980 : La Bande du Rex
1982 : Higelin ’82
1985 : Aï
1988 : Tombé du ciel
1991 : Illicite
1994 : Aux héros de la voltige
1998 : Paradis païen
2006 : Amor Doloroso
2010 : Coup de foudre
2013 : Beau Repaire
2016 : Higelin 75
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Enregistrements en public

1981 : Higelin à Mogador (triple album, 2 CD)
1983 : Casino de Paris (album simple, 1 CD)
1986 : Higelin à Bercy (triple album, 2 CD)
1990 : Follow the live (double album, 1 CD)
1992 : Higelin Le Rex (double album, 1 CD)
2000 : Higelin Live 2000 (1 CD)
2005 : Higelin enchante Trenet (1 CD 12 titres et édition collector 18 titres en 2 CD)
2007 : En plein Bataclan (1 CD)
2010 : Paris/Zénith 18-10-2010 (1 CD ou 3 CD)

Participations et titres inédits isolés

1960 : guitare sur Saint-Tropez blues et sur Tumbleweed, chantés par Marie Laforêt, pour le film Saint-Tropez blues (voir filmographie)
1963 : guitare sur quatre chansons de Marie Laforêt, Blowin’ in the wind, Flora, House of the rising sun, Banks of the Ohio
1967 : Cet enfant que je t’avais fait (en duo avec Brigitte Fontaine), Les Encerclés et Le Roi de la naphtaline : 45 T de la musique du film Les encerclés de Christian Gion. On peut néanmoins se procurer Cet enfant que je t’avais fait sur trois albums de Brigitte Fontaine : Brigitte Fontaine est… folle, Morceaux de choix et Plans fixes ainsi que sur la compilation Higelin entre 2 gares, tous disponibles en CD.
1969 : un morceau sur le 45 T Saravah Et vouâla le piano : Je jouais le piano, non réédité sur un de ses CD. L’autre morceau, Remember, se trouve sur l’album Higelin et Areski (1969)
1975 : Tango tango sur la compilation Dix ans de Saravah
1977 : Rock’n roll ça veut dire, sur une compilation en 33 t de divers artistes rock
1977 : Jaloux d’un rêve, un titre prévu pour l’album No man’s land, enregistré ici au cours de l’émission télé Numéro 1 de Maritie et Gilbert Carpentier (5 novembre). Seule la face B du single, Denise, figurera sur l’album.
1983 : Informulé, en duo avec Armande Altaï, 45 T Mercury extrait du spectacle Jacques Joseph Victor dort
1984 : Champagne, en public, en duo avec Diane Dufresne, sur son album Magie rose
1984 : récite Pierre et le loup sur l’album Pierre et le loup – Le carnaval des animaux, de Katia et Marielle Labèque
1986 : Poucet Logre et associés (sur l’album collectif La Fugue du Petit Poucet, conte pour enfants, collectif pour la Croix-Rouge française)
1987 : To sangela sur l’album Bwana Zoulou Gang de Ray Lema, chanté avec Manu Dibango et Lokua Kanza
1987 : chante sur Et c’est comme ça que la terre est carrée, en duo avec Didier Lockwood sur son album 1.2.3.4
1987 : Jolie môme et Annonce, sur l’album La Fête à Ferré, enregistrement public aux Francofolies de La Rochelle
1989 : Chanson, Poil dans la main, est une version studio différente de celle parue sur l’album Tombé du Ciel en 1988 1989 : Follow the Line : version studio différente de celle parue sur l’album Tombé du ciel.
1989 : Follow the Line : version studio différente de celle du 45T paru dans le commerce (mentionné ci-dessus), et de celle de l’album Tombé du ciel
1990 : Je ne peux plus dire je t’aime (avec Isabelle Adjani) sur le Désormais disponible sur la compilation Higelin entre 2 gares.
1992 : Je ne peux plus dire je t’aime (avec Patrick Bruel) et L’aviateur dans l’ascenseur sur le double CD collectif Urgence – 27 artistes pour la recherche contre le SIDA
1994 : D’ailleurs en trio avec Brigitte Fontaine et Areski, sur un CD single en tirage limité, et sur la deuxième édition de l’album de Brigitte Fontaine French Corazon.
1995 : Seul à seule, avec Eddy Louiss, sur l’album collectif de l’association Sol En Si, Solidarité enfants sida
1995 : Électrocardiogramme plat, sur l’album collectif en public La fête du disque 1995 – Le collector (Snep)
2002 : L’Hélicon en duo avec Izïa Higelin, sur l’album collectif Boby Tutti-Frutti – L’hommage délicieux à Boby Lapointe.
2003 : Jolie môme sur l’album collectif Avec Léo en hommage à Léo Ferré
2004 : Je voudrais dormir, en duo avec Jeanne Cherhal sur son album Douze fois par an
2005 : La rousse au chocolat, en duo avec Jeanne Cherhal sur l’album collectif Tôt ou tard
2005 : les deux titres précédents, en public et en duo avec Jeanne Cherhal, sur son album À la Cigale
2005 : Le destin du voyageur, en duo avec Arthur H sur son album Adieu tristesse
2006 : Encore une journée d’foutue, avec Tryo sur l’album Tryö Fête Ses 10 Ans inclus avec le DVD du même titre
2007 : La Courneuve, sur l’album Chez Leprest, vol. 1 (Hommage à Allain Leprest)
2008 : Crocodail, en duo avec Petra Magoni sur son album Musica Nuda 55/21
2008 : Projet Baltimore, avec Sweet Air, Maurane et Riké.
2011 : Mauvaise humeur, sur l’album d’hommage à Jacno, Jacno Future
2011 : Duel, en duo avec Brigitte Fontaine sur son album L’un n’empêche pas l’autre

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2016 : Arno > Human Incognito



2016 : Arno >Human IncognitoLa dernière d’Arno, le vakidioot d’Ostende, dont je vous aurais présenté 11 albums avec cet ultime Human Incognito qui sonne comme un testament musical thérapeutique après 40 ans de carrière, 32 albums studio, dont 13 en solo et en comptant toutes ses aventures collectives allant de Freckleface à TC Matic en passant par Tjens Couter et de Charles et les Lulus à The Subrovniks ! Et je ne vous parle pas de ses duos…

Arno ouvre sur un blues au tempo lent avec l’existentialiste « I’m Just An Old Motherfucker » qui pleure les faiblesses des expériences de sa vie et de son corps qui fout le camp avec l’âge. Heureusement cela se termine en rock qui jailli comme la vie ou comme son vit.

On change d’univers avec la complainte utopique electrock sur « Please exist » et sa demande burlesque d’athéiste « Please God, please exist ».

Premier titre en français avec la ballade déglinguée « Je veux vivre » d’une métaphore à fleur de peau animalière « Je veux vivre dans un monde où les chiens embrassent les chats, et où ils dansent, ils dansent une rumba. » et au final de trompette des morts entre candeur et effronterie.

Retour au rock déjanté surgit des synthés avec « Now she likes boys » et au constat de trahison.

La ballade « Oublie qui je suis » comme un dernier signe avant la rupture. C’est sûr que si tu dis à ta future ex « J’oublierai jamais notre premier baiser quand ta langue elle rentrait, entrait dans ma bouche comme une nouille sautée », il y a peu de chances que cette aventure continue…

Sur le rock benêt et enrobé de « Never trouble trouble », l’amour fait à nouveau rage.

La basse envoutante de « Dance like a goose » nous emmène sur un solo de guitare plaintive. Très beau morceau avec un je ne sais quoi de Gainsbourg « Mieux vaut danser comme une oie, que de nager pour boire »…

Beau rock à la Stones avec « Ask me for a dance » .

A quoi peut-on s’attendre avec « Une chanson absurde » d’Arno ? Ben a un bazarock déjanté à la Arno entre musique de ouf et paroles de fou « une mouche qui tousse, un serpent qui monte sur un vélo, une vache qui danse le tango, un renard qui fume un pétard, une mouette avec des lunettes, un poisson mouillé, une moule en bonne santé… »

Avec cette dernière complainte à boire et à danser « Santé », c’est tout ce que l’on peut lui souhaiter « Et on boit à la santé de tous les cocus du monde entier » sur le mode slow.

Avec son talent sur le fil du rasoir qui lui fait marier à la perfection ironie et chatterie, blues rock et électro, ce vieil enfoiré parvient une dernière fois à nous enivrer avec sa voix lézardé.

Bravo Arno qui n’est ni « l’ Higelin ou le Tom Waits Belge » mais tout simplement, Arnold Charles Ernest Hintjens, le rocker au coeur tendre, qui mélange le flamand et l’anglais à la langue de Molière. Santé Arno

On écoute, I’m just an old motherfucker

et on termine la soirée avec :

Dance like a goose
Please exist
Santé

Discographie

Albums originaux sous le nom d’Arno

1986 : Arno
1988 : Charlatan
1990 : Ratata
1993 : Idiots savants
1995 : A la française
1999 : A poil commercial
1999 : European cowboy
2002 : Arno Charles Ernest
2004 : French bazaar
2007 : Jus de box
2010 : Brussld
2012 : Future vintage
2016 : Human Incognito
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Albums sous d’autres noms

Avec Freckleface
1972 : Freckleface

Avec Tjens Couter
1975 : Who Cares
1978 : Plat Du Jour
1978 : Singles 1975-1980

Avec TC Matic
1981 : TC Matic
1982 : L’Apache
1983 : Choco
1985 : Yé Yé

Avec les lulus
1991 : Charles et les Lulus

Avec les Subrovniks
1994 : Arno & the Subrovniks – Water

Avec les white trash européen blues connection
1998 : Charles and the White Trash European Blues Connection

Autres collaborations

1986 : Arno compose et enregistre avec son groupe lors des sessions de son premier album un EP comprenant les morceaux I Don’t Play The Game Your Way et Time It Was pour Reggie.
1987 : harmonica sur The Rope’s Around Your Neck et Mannish Boy de La Muerte (album Every Soul By Sin Oppressed).
1990 : Pull-over blanc de Graziella de Michele (album Diversion pour les 10 ans de Virgin France)
1994 : harmonica sur Mannish Boy de La Muerte (album live Raw).
1995 : Arno interprète des titres de la version néerlandaise du film Toy Story de Pixar : Je bent een vriend van mij, Vreemde Dingen, Vliegen doe ik nooit et You’ve Got A Friend In Me.
1998 : La La La (album hommage à Jacques Brel Aux Suivants)
1999 : Jean Baltazaarrr (avec Beverly Jo Scott)
2000 : Ils ont changé ma chanson (avec Stephan Eicher)
2001 : harmonica sur l’album Survivant de Starflam
2001 : reprise de Be-Bop-A-Lula de Gene Vincent sur Ma Chanson d’enfance
2002 : Sarah (album hommage à Serge Reggiani Autour de Serge Reggiani)
2003 : Elle adore le noir, en duo avec Axelle Red sur le disque de duos de son coffret Axelle Red
2005 : Mirza (album hommage à Nino Ferrer On Dirait Nino)
2006 : sortie d’un album hommage à Arno avec entre autres Têtes Raides, Magyd Cherfi, Rodolphe Burger, Cali, DJ Zebra et Uminski
2006 : I don’t need a hip, I don’t need a hop avec le rappeur Faf Larage (compilation Dis l’heure Hip Hop Rock)
2007 : Hellelujah du groupe The Experimental Tropic Blues Band : harmonica sur les titres Twice Blues et Dry Whisky.
2007 : C’est quand qu’on rigole de Mell, duo sur le titre Le Trou noir
2008 : Ersatz de Julien Doré, duo sur le titre De mots
2009 : Just as You Are en duo avec Yaël Naïm (Around Robert Wyatt, album hommage à Robert Wyatt produit par l’Orchestre national de jazz)
2011: Putain putain remixé et en duo sur scène avec Stromae
2011 : L’un n’empêche pas l’autre de Brigitte Fontaine, en duo sur les titres Supermarket et Inadaptée
2013 : Pauvre diable de Julio Iglesias, sur la bande orginale du film de Guillaume Gallienne Les Garçons et Guillaume, à table 2013 : Between Up and Down, sur l’album The Fall du groupe belge Yew
2014 : Ma gonzesse sur l’album hommage à Renaud La Bande à Renaud 2
2017 : Lèche-bottes blues en duo et à l’harmonica avec Eddy Mitchell sur son album La Même Tribu

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