Run Away : la traversée sombre et lumineuse d’Ellside

Ellside : Run Away

Un groupe parisien en pleine ascension

Originaire de la scène parisienne, Ellside s’impose progressivement comme une formation à suivre dans le paysage rock hexagonal. Né de la rencontre entre Shake (guitare) et Pierre (chant, guitare rythmique) en 2012, le projet prend véritablement forme quelques années plus tard avec l’arrivée de Matt (basse), Nico (batterie) et Greg (guitare rythmique, chœurs). Ensemble, ils bâtissent une identité solide, à la croisée du punk californien et du heavy metal, puisant autant dans l’énergie brute que dans une approche narrative ambitieuse.

Run Away : un concept album à contre-courant

À l’heure où les sorties musicales se consomment à la vitesse des playlists, Ellside fait le pari audacieux de raconter une histoire au long cours. Run Away, leur premier album, se dévoile progressivement jusqu’en juin 2026 sous forme de chapitres. Douze titres, répartis en six actes, composent ce récit introspectif centré sur Light, un personnage en quête de sens après une rupture brutale.

Reaper extrait de Run Away (groupe Ellside)

Inspiré par une descente symbolique proche de celle imaginée par Dante, l’album explore les méandres de l’âme humaine : perte de repères, colère, fuite, puis résilience. Chaque morceau agit comme une pièce d’un puzzle émotionnel, porté par une musique qui oscille habilement entre tension électrique et envolées plus mélodiques.

Reaper : face à la Mort

Sorti le 10 avril 2026, le single Reaper marque un tournant dans cette narration. Plus sombre et plus heavy, le titre met en scène un affrontement direct avec la Mort. Le clip, tourné dans l’ambiance feutrée du Dr Feelgood à Paris, plonge le spectateur dans un univers digne d’un western nocturne : un cowboy solitaire, une salle de jeu clandestine, et des dés qui scellent des destins.

La tension est palpable, presque cinématographique. Ellside ne se contente pas d’illustrer sa musique : il la met en scène, la prolonge visuellement. Ce soin apporté à l’image confirme l’ambition globale du projet Run Away, pensé comme une expérience immersive.

Run Away : Une narration musicale intense

Au fil des titres, Light traverse plusieurs états : l’abattement, la rage, l’audace, puis la reconstruction. Des morceaux comme Without a Word posent les bases d’une douleur brute, tandis que Take a Look After Me dévoile une facette plus fragile, presque désespérée. Mais c’est bien dans des titres comme Reaper ou Kickout que l’on ressent toute la puissance cathartique du groupe.

Loin d’être linéaire, l’album joue sur les contrastes. Les influences punk apportent une urgence, une spontanéité, tandis que les racines metal renforcent l’intensité dramatique du propos. Cette dualité donne à Run Away une profondeur rare pour un premier album.

Run Away : Une œuvre sincère et ambitieuse

Avec Run Away, Ellside livre bien plus qu’un simple recueil de chansons. Le groupe propose une véritable immersion dans une lutte intérieure universelle. Entre ombre et lumière, douleur et espoir, chaque titre participe à une montée progressive vers une forme d’apaisement.

Le final, porté par The Final Step, agit comme une respiration, une sortie de l’obscurité. Une conclusion lumineuse qui vient récompenser un parcours semé d’embûches.

Une odyssée intérieure sur le long terme

Avec Run Away, Ellside ne se contente pas de livrer un premier album : le groupe construit une véritable fresque émotionnelle pensée pour s’étendre dans le temps. Déployé sur une année entière à travers six chapitres, ce projet ambitieux affirme une volonté rare aujourd’hui : celle de redonner du sens à l’écoute en racontant une histoire complète, dense et profondément humaine.

À travers le parcours de Light, plongé dans une spirale faite de douleur, de colère et de reconstruction, Ellside explore avec justesse les mécanismes intimes de la chute et du renouveau. Porté par une production solide signée Fred Duquesne et des influences allant de l’énergie punk à la puissance du metal, Run Away s’impose comme une œuvre sincère, habitée, où chaque morceau agit comme une étape vers la lumière. Une expérience immersive et cathartique qui confirme les ambitions artistiques du groupe parisien, bien décidé à marquer les esprits durablement.

Membres d’Ellside

Shake : Guitare
Pierre : Chant, guitare rythmique
Matt : Basse
Nico : Batterie
Greg : Guitare rythmique, chœurs

Discographie d’Ellside

2026 – Run Away

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Jean-Luc Admin Mazik avril 2026©

Living Colour, l’explosion rock métissée

Apparu au milieu des années 80 dans le bouillonnement artistique de New York, Living Colour a dynamité les codes du rock avec une audace rare. À une époque où les genres semblaient cloisonnés, le quatuor a choisi la collision : riffs acérés, groove funk, conscience politique et énergie scénique incendiaire.

Le résultat ? Un groupe devenu culte, respecté autant pour sa virtuosité que pour son engagement.

Living Colour

Une déflagration nommée Vivid

En 1988, le premier album, Vivid, agit comme un électrochoc. Porté par l’hymne Cult of Personality, le disque, coproduit par Mick Jagger, propulse le groupe sur le devant de la scène internationale. Le titre, devenu classique instantané, frappe autant par son riff tranchant que par son texte incisif sur le pouvoir et les figures charismatiques.

Ce succès n’a rien d’un hasard. Living Colour assume une identité hybride : un rock nourri de funk, de metal, de jazz et même de touches hip-hop. Une musique à la fois technique et viscérale, capable de faire trembler les scènes tout en stimulant les esprits.

L’art de la fusion sans compromis

Le deuxième album, Time’s Up, confirme la richesse créative du groupe. Plus ambitieux encore, il explore des territoires sonores variés, alternant passages explosifs et respirations sophistiquées. Puis vient Stain, plus sombre et abrasif, marqué par l’arrivée du bassiste Doug Wimbish.

Malgré une reconnaissance critique solide, les tensions internes mènent à une séparation au milieu des années 90. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Renaissance et maturité artistique

Réformé au début des années 2000, Living Colour revient avec Collideøscope, preuve que l’alchimie est intacte. Suivront The Chair in the Doorway et Shade, où le groupe affine encore son identité : un rock dense, puissant, nourri de blues, de metal et d’expérimentations maîtrisées.

Ce qui frappe aujourd’hui, c’est la constance. Living Colour ne s’est jamais contenté de recycler sa formule. Chaque album propose une évolution, un déplacement, un défi. Une longévité rare pour une formation née dans l’urgence créative des années 80.

Living Colour : Une influence durable

Au-delà des ventes et des récompenses, Living Colour a ouvert une brèche. En assumant une esthétique métissée et un discours social affirmé, le groupe a élargi le champ des possibles du rock. Il a prouvé qu’on pouvait être virtuose sans être froid, engagé sans être moralisateur, explosif sans perdre en finesse.

Plus de quarante ans après ses débuts, le quatuor demeure une référence pour celles et ceux qui refusent les étiquettes figées. Un groupe qui rappelle que le rock, quand il ose, reste un formidable terrain d’expression.

Une importance culturelle et un héritage élargi

Au‑delà de leur musique, Living Colour a joué un rôle majeur dans la redéfinition du rock en tant qu’espace culturel et multiculturel. À une époque où le rock dur et le metal étaient largement dominés par des artistes blancs, le groupe a affirmé son identité avec fierté et audace, confrontant souvent les attentes et les préjugés du milieu musical.

Leurs textes, allant de réflexions intimes à des commentaires incisifs sur le racisme et les injustices sociales, ont donné une dimension politique à leur art et inspiré de nombreuses générations d’artistes qui ne se reconnaissaient pas dans les catégories traditionnelles du rock. Living Colour a aussi été associé à des mouvements comme la Black Rock Coalition, un collectif visant à soutenir et promouvoir des artistes noirs dans des genres souvent excluants, ce qui renforce encore leur héritage culturel et leur influence au‑delà des seules scènes rock ou metal.

Living Colour

Membres de Living Colour

Vernon Reid : Guitare, chant
Corey Glover : Chant
Will Calhoun : Batterie
Doug Wimbish : Basse, chant

Discographie de Living Colour

Albums studio
1988 – Vivid
1990 – Time’s Up
1991 – Biscuits
1993 – Stain
2003 – Collideøscope
2009 – The Chair In The Doorway
2016 – Who Shot Ya
2017 – Shade

Albums live
1990 – Time Is Now
1994 – Dread
2004 – Live From CBGB’s 1989
2005 – Instant Live: Avalon – Boston, MA 10/17/04
2008 – CBGB Omfug Masters 2005
2009 – The Paris Concert 2007

Compilations
1995 – Pride
1998 – Super Hits
2001 – Play It Loud
2006 – Everything Is Possible: The Very Best of Living Colour
2008 – Playlist: The Very Best Of Living Colour

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Spéciale dédicace à mon ami Pascal qui m’a fait découvrir ce groupe 🙂

Jean-Luc Admin Mazik mars 2026©