Les Wampas, toujours debout et plus vivants que jamais

Les Wampas

Il y a des groupes dont le retour agit comme un réflexe pavlovien. Un nouvel album des Wampas, c’est une décharge immédiate de rock’n’roll, une secousse familière, presque rassurante. Quarante ans après Tutti Frutti, Didier Wampas et sa bande signent en 2026 un quinzième album studio au titre aussi bancal que parfaitement wampassien : Où va nous ?. Une question qui claque comme un slogan absurde, mais qui résonne étrangement avec l’époque.

Où va nous ?, un album ancré dans l’instant

Enregistré en juin dernier dans les Landes, au Manoir de Léon, Où va nous ? marque la dernière aventure du groupe dans ce lieu chargé de souvenirs. Fidèles à leur méthode, Les Wampas enregistrent en live, tous ensemble, cherchant avant tout la fusion, la puissance brute, l’électricité immédiate. Ici, pas de surproduction ni de calcul : le rock est frontal, instinctif, viscéral.

La formation actuelle, solide depuis une décennie, affiche une complicité évidente. Les guitares de Tony Truant et Effello tranchent net, la section rythmique portée par Jean-Michel Lejoux et Nicolas Schauer cogne avec efficacité, tandis que Didier, voix en avant, mène la danse avec sa gouaille inimitable. Le son est dense, tendu, vivant, fidèle à l’ADN du groupe.

Les Wampas

Les textes, eux, regardent parfois dans le rétroviseur sans sombrer dans la nostalgie. Didier évoque ses racines bretonnes, rend hommage à des figures chères, convoque des personnages réels ou imaginaires, et laisse filtrer une colère diffuse, un besoin urgent de réveil collectif. Le morceau-titre, oscillant entre abattement et sursaut électrique, résume parfaitement l’état d’esprit de l’album.

Une première symbolique et un esprit intact

Parmi les surprises, Où va nous ? contient une première dans l’histoire du groupe : une reprise de Didier Wampas par Les Wampas. Punk ouvrier, initialement paru sur un disque solo, trouve ici toute sa place. Jouée sur scène depuis un moment, la chanson gagne en impact et en évidence, comme si elle avait toujours appartenu au répertoire du groupe.

Musicalement, Les Wampas continuent de rassembler plusieurs générations autour d’un même amour du rock primaire, du twist au punk, en passant par l’héritage du rock alternatif français. Cette capacité à fédérer, à rester populaires sans jamais se lisser, demeure l’une de leurs grandes forces.

Les Wampas : Quarante ans de carrière sans compromis

Depuis le début des années 80, Les Wampas tracent une route singulière dans le paysage rock français. Porté par l’énergie scénique démente de Didier, le groupe s’est imposé comme une entité à part, à la fois punk dans l’attitude et profondément attachée à la chanson. Albums cultes, refrains fédérateurs, concerts chaotiques et jubilatoires : Les Wampas n’ont jamais cessé d’avancer, refusant les modes et les compromis.

Avec Où va nous ?, ils prouvent qu’ils n’ont rien perdu de leur urgence ni de leur pertinence. Toujours bruyants, toujours libres, toujours excessifs, Les Wampas continuent de poser la même question, encore et encore, sans jamais vraiment chercher la réponse. Et c’est sans doute pour ça qu’on les suit toujours.

Membres du groupe

Didier Wampas : Chant
Tony Truant : Guitare
Effello : Guitare
Jean-Michel Lejoux : Basse
Nicolas Schauer : Batterie

Discographie des Wampas

Albums studio
1983 – Tutti Frutti
1987 – Chauds, sales et humides
1990 – Les Wampas sont la preuve que Dieu existe
1992 – …Et moi, et moi, et moi
1995 – Trop précieux
1997 – Chicoutimi
2000 – Never Trust a Guy Who After Having Been a Punk Is Now Playing Electro
2003 – Rock’n’Roll Part 9
2006 – Les Wampas sont la preuve que Dieu existe (nouvelle version)
2009 – … ont la grippe
2012 – … font la gueule
2014 – … font la tête
2017 – … font la tronche
2020 – Sauvre le monde
2023 – Planète des singes
2026 – Où va nous ?

Lives
2001 – Live

Compilations
1998 – Never Trust a Best Of

EPs
1982 – The Wampas

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Chris Spedding : le virtuose discret de la guitare rock

Un parcours atypique dans le rock anglais

Chris Spedding occupe une place singulière dans l’histoire du rock britannique. Guitariste d’une rare polyvalence, il s’est imposé dès la fin des années 1960 comme l’un des musiciens les plus fiables et les plus inventifs de sa génération. Né en 1944 en Angleterre, il développe très tôt une approche ouverte de la guitare, refusant de s’enfermer dans un seul style. Cette liberté artistique deviendra sa marque de fabrique.

Dès ses débuts, Spedding navigue entre rock, jazz et musiques plus expérimentales. Il se fait rapidement remarquer pour sa précision, son sens du groove et sa capacité à servir une chanson sans jamais la surcharger. Cette qualité essentielle lui ouvre les portes des studios, où il devient un musicien de session extrêmement recherché.

Chris Spedding

Chris Spedding, musicien de l’ombre devenu référence

Au fil des années, Chris Spedding participe à un nombre impressionnant d’enregistrements majeurs. Sa guitare accompagne aussi bien des figures du rock que des artistes issus de la pop, du glam, du jazz ou de la scène alternative. Son jeu, toujours juste et élégant, s’adapte aux contextes les plus variés.

Il joue également un rôle discret mais important dans l’émergence du punk britannique, en participant à la production de premiers enregistrements devenus historiques. Cette capacité à comprendre l’air du temps, sans jamais renier son identité musicale, contribue à faire de lui un acteur clé de plusieurs périodes charnières du rock.

La carrière solo de Chris Spedding trop souvent sous-estimée

Parallèlement à son travail en studio, Chris Spedding développe une discographie personnelle riche et cohérente. Dès ses premiers albums, il affirme un goût prononcé pour les mélodies soignées, les arrangements précis et une écriture directe. Son morceau le plus célèbre, devenu un classique au Royaume-Uni, lui offre une reconnaissance plus large sans pour autant l’éloigner de ses choix artistiques exigeants.

Ses albums solos révèlent un musicien curieux, capable d’explorer le rock, la pop, le jazz ou le blues avec la même sincérité. Loin des effets de mode, Spedding privilégie la musicalité et l’efficacité, construisant une œuvre discrète mais durable.

Chris Spedding

Une influence toujours vivante

Toujours actif à 81 ans, Chris Spedding continue d’enregistrer et de se produire sur scène. Son parcours inspire de nombreux guitaristes qui voient en lui un modèle d’équilibre entre virtuosité, humilité et longévité artistique. Figure respectée par ses pairs, il reste l’exemple parfait du musicien essentiel, parfois en retrait, mais toujours déterminant.

Discographie de Chris Spedding

Albums studio
1970 – Songs Without Words
1971 – Backwood Progression
1973 – The Only Lick I Know
1975 – Chris Spedding
1977 – Hurt
1980 – I’m Not Like Everybody Else
1981 – Friday the 13th
1985 – Mean and Moody
1986 – Enemy Within
1990 – Cafe Days
2002 – One Step Ahead of the Blues
2005 – Click Clack
2011 – Pearls
2015 – Joyland

Album live
1976 – Live in Nottingham

Compilation
1989 – The Very Best of Chris Spedding

Collaborations de Chris Spedding

Joan Armatrading : Guitare sur Me Myself I (1980)
John Cale : Guitare sur Slow Dazzle (1975), Helen of Troy (1975), Music for a New Society (1982)
Roger Daltrey : Guitare sur Parting Should Be Painless (1984)
Willy DeVille : Guitare sur Loup Garou (1995)
Diamond Dogs : Guitare sur Macon Georgia Giant (2025)
Donovan : Guitare sur Cosmic Wheels (1973)
Cass Elliot : Guitare sur The Road Is No Place for a Lady (1972)
David Essex : Guitare sur David Essex (1974), All the Fun of the Fair (1975), Imperial Wizard (1979), The Whisper (1983)
Bryan Ferry : Guitare sur Let’s Stick Together (1976), In Your Mind (1977), Frantic (2002), Dylanesque (2007), Olympia (2010), Avonmore (2014)
Art Garfunkel : Guitare sur Fate for Breakfast (1979), Scissors Cut (1981)
Nina Hagen : Guitare sur NunSexMonkRock (1982)
Elton John : Guitare sur Madman Across the Water (1971)
John Lodge : Guitare sur Natural Avenue (1977), 10,000 Light Years Ago (2015)
Paul McCartney : Guitare sur Pipes of Peace (1983)
Katie Melua : Guitare sur Call Off the Search (2003), Piece by Piece (2005), Pictures (2007), Ketevan (2013)
Frankie Miller : Guitare sur Full House (1977), Standing on the Edge (1982), Dancing in the Rain (1986)
Harry Nilsson : Guitare sur Nilsson Schmilsson (1971), Son of Schmilsson (1972)
Paolo Nutini : Guitare sur Caustic Love (2014)
Annette Peacock : Guitare sur X-Dreams (1978)
John Phillips : Guitare sur Pay Pack & Follow (2001)
Rodriguez : Guitare sur Coming from Reality (1971)
Tom Waits : Guitare sur Rain Dogs (1985)

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