World of Oz, le joyau psychédélique oublié des sixties

Il y a des groupes qui traversent les années 1960 en laissant derrière eux une discographie imposante, et d’autres qui n’ont besoin que de quelques singles et d’un album pour devenir de véritables curiosités historiques. World of Oz appartient clairement à la seconde catégorie. Formé à Birmingham en janvier 1968, le groupe anglais n’aura qu’une existence éphémère, puisqu’il disparaît dès 1969. Pourtant, son mélange de pop psychédélique, d’arrangements orchestraux et de mélodies délicieusement étranges mérite largement que l’on ressorte aujourd’hui son unique album des étagères poussiéreuses.

The World of Oz

World of Oz, une aventure née à Birmingham

L’histoire commence donc à Birmingham au début de 1968 avec Christopher Robin Evans, David « Kubie » Kubinec, Tony Clarkson et David Reay. Le groupe signe rapidement avec Sparta Florida Music, le 13 février 1968, puis prend la direction de Londres afin de travailler avec Deram Records.

Le premier véritable coup de projecteur arrive avec « The Muffin Man », publié en mai 1968. Le morceau possède tout ce qui pouvait séduire une partie du public de l’époque : une mélodie accrocheuse, une orchestration ambitieuse et cette petite dose de bizarrerie qui permet à la pop psychédélique de sortir des sentiers battus.

Le pari semble d’ailleurs plutôt bien engagé. « The Muffin Man » atteint la 52e place au Royaume-Uni, mais surtout la 6e place aux Pays-Bas. « King Croesus », publié quelques mois plus tard, fera encore mieux dans ce pays avec une 9e place et atteindra également la 94e place du classement Cash Box américain.

Et c’est là que l’histoire devient presque injuste.

« The Muffin Man », le succès qui aurait pu tout changer

Le destin de World of Oz est intimement lié à celui de « The Muffin Man ». Le titre bénéficie d’une importante campagne promotionnelle et semble avoir tous les arguments pour devenir un succès britannique.

Mais le calendrier va jouer contre le groupe.

Selon les souvenirs recueillis auprès de David « Kubie » Kubinec par Marmalade Skies, le manager Barry Class quitte l’Angleterre peu après la sortie du single afin de s’occuper de The Foundations aux États-Unis. Michael Levi prend alors le relais et réduit le budget consacré à la promotion du disque. Kubinec considère que cette décision a contribué à empêcher le titre de bénéficier de l’exposition nécessaire au Royaume-Uni.

Une anecdote particulièrement savoureuse résume presque à elle seule cette occasion manquée : alors que « The Muffin Man » aurait pu poursuivre son ascension, Marmalade aurait bénéficié de l’exposition télévisée qui lui aurait échappé.

La carrière de World of Oz ne sera pourtant pas limitée à un seul 45-tours. Le groupe enregistre « King Croesus », puis « Willow’s Harp », avant de publier son unique album.

Un album entre pop psychédélique et imagination orchestrale

Intitulé simplement The World of Oz, l’album paraît chez Deram en mars 1969. Il rassemble douze morceaux et constitue aujourd’hui le principal témoignage discographique de cette aventure.

Le disque navigue dans cette zone passionnante où la pop britannique de la fin des années 1960 commence à s’affranchir des formats les plus conventionnels. Les mélodies restent accessibles, mais les arrangements ajoutent des cordes, des claviers, des guitares et des effets qui donnent à l’ensemble une coloration volontiers psychédélique.

L’écoute de « The Muffin Man » donne immédiatement le ton. On y retrouve cette capacité typiquement britannique à transformer une chanson pop en petite pièce de théâtre sonore. « King Croesus » poursuit dans cette direction, tandis que « Willow’s Harp » adopte une atmosphère plus mystérieuse et élégante.

Marmalade Skies rapporte d’ailleurs que Kubinec avait composé « The Muffin Man », « The Hum-Gum Tree » et « Beside The Fire ». Il explique également avoir participé à plusieurs autres titres de l’album avant son départ en cours d’enregistrement.

Une formation qui change en pleine aventure

L’album est également marqué par les changements de personnel. David Kubinec quitte World of Oz alors que l’enregistrement est déjà largement avancé et Geoff Nicholls prend sa place. De son côté, David Reay abandonne la batterie et se tourne vers le management du groupe. Rob Moore lui succède derrière les fûts.

Cette évolution explique en partie pourquoi la composition exacte du groupe varie selon les périodes. Elle n’empêche toutefois pas World of Oz de poursuivre ses activités scéniques et télévisuelles.

World of Oz à la télévision

Le groupe ne se contente pas de défendre ses chansons sur scène. Il apparaît notamment dans l’émission allemande Beat-Club, où il interprète « The Muffin Man » en 1968. Marmalade Skies indique que cette prestation a été conservée et que les images permettent aujourd’hui de retrouver le groupe dans son contexte d’époque.

World of Oz apparaît également dans Colour Me Pop, programme musical de la BBC2, en mars 1969. Le groupe participe par ailleurs à l’émission documentaire The Same Trade As Mozart, consacrée aux techniques de production électronique et au travail en studio. Leur présence dans ce programme illustre bien l’intérêt porté à l’époque aux nouvelles possibilités offertes par l’enregistrement multipiste.

Selon Rob Moore, la formation se produit également sur le circuit universitaire et partage notamment l’affiche avec The Moody Blues et Bonzo Dogs. Son répertoire scénique comprend alors des reprises de « Eight Miles High » des Byrds et de « Revolution » des Beatles.

Une fin prématurée

Après la sortie de l’album, World of Oz tente encore de prolonger l’aventure avec de nouveaux singles. « The Hum-Gum Tree », accompagné de « Beside The Fire », paraît en mai 1969, mais le titre ne rencontre pas le succès espéré et sa publication britannique est même considérée comme officieuse dans les archives de Decca.

L’absence de véritable succès commercial en 1969 finit par avoir raison du groupe.

Et c’est probablement là que réside toute la singularité de World of Oz. En un peu plus d’un an, le groupe aura réussi à enregistrer plusieurs singles, un album, à voyager en Europe, à apparaître à la télévision et à côtoyer quelques-uns des acteurs importants de la pop britannique. Pourtant, il disparaît presque aussi vite qu’il était apparu.

World of Oz : Une pépite à redécouvrir

Avec le recul, World of Oz possède tout du groupe culte que l’histoire aurait pu oublier. Son unique album n’est certes pas un monument comparable aux productions des grands noms de la pop psychédélique britannique, mais il constitue un témoignage particulièrement attachant d’une époque où les studios devenaient de véritables laboratoires.

Ce qui séduit surtout aujourd’hui, c’est cette façon de mélanger pop mélodique, psychédélisme, arrangements orchestraux et songwriting fantasque sans chercher à durcir artificiellement le propos. World of Oz préfère les couleurs, les harmonies et les petites histoires musicales aux démonstrations de virtuosité.

La postérité leur a finalement accordé ce que les charts britanniques leur avaient refusé : une seconde chance. L’album a ainsi gagné une nouvelle visibilité avec sa réédition en CD, permettant à une nouvelle génération de collectionneurs et d’amateurs de pop psychédélique de découvrir ces chansons.

Et franchement, quand on aime les trésors oubliés des sixties, World of Oz mérite mieux qu’une simple note de bas de page. Entre « The Muffin Man », « King Croesus » et « Willow’s Harp », il y a suffisamment de matière pour comprendre pourquoi quelques passionnés continuent, plus d’un demi-siècle après, à remettre ce curieux groupe sous les projecteurs.

The World of Oz - Fenklup 31 mai 1968

Membres de World of Oz

Christopher Robin Evans : Chant, guitare
Tony Clarkson : Basse
David « Kube » Kubinec : Guitare, orgue
David Reay : Batterie
Geoff Nicholls : Orgue, guitare
Rob Moore : Batterie

Discographie de World of Oz

Album studio
1969 – The World of Oz

Singles
1968 – The Muffin Man / Peter’s Birthday
1968 – King Croesus / Jack
1969 – Willow’s Harp / Like A Tear
1969 – The Hum-Gum Tree / Beside The Fire

À retenir concernant World of Oz

World of Oz reste l’un de ces groupes britanniques de la fin des sixties dont la carrière fut beaucoup trop courte au regard du potentiel affiché. Porté par des mélodies inventives, des arrangements ambitieux et une vraie personnalité, le groupe n’aura finalement laissé qu’un album, quelques singles et le souvenir d’un succès manqué. Mais c’est justement ce parfum d’occasion ratée qui rend aujourd’hui sa musique aussi attachante. Une petite capsule temporelle psychédélique à ressortir sans modération.

Nat Hathaway dévoile « Say You Do » avant son nouvel album

Nat Hathaway

Le 19 août 2026, l’auteur-compositeur et producteur néo-zélandais Nat Hathaway lèvera le voile sur « Say You Do », ultime extrait avant la sortie de son deuxième album Catrina, Go. Basé à Auckland, l’artiste poursuit son exploration d’une pop sophistiquée où le soft rock de la fin des années 70, le rock progressif et la pop psychédélique contemporaine se rencontrent avec une élégance naturelle.

Avec ce nouveau titre, Nat Hathaway confirme une identité musicale déjà remarquée grâce à son précédent single « Vacation », diffusé notamment sur UP-Radio Paris ainsi que sur plusieurs stations en Nouvelle-Zélande et en Uruguay.

Un hommage aux grandes heures du soft rock

Dès les premières mesures, « Say You Do » installe une ambiance hypnotique grâce à une ligne de basse et de piano jouée à l’unisson. Cette entrée en matière rappelle la richesse mélodique du soft rock et du rock progressif des années 70 avant de laisser progressivement la place à des guitares psychédéliques aériennes et des nappes de synthétiseurs luxuriantes.

Le résultat est particulièrement réussi : les couplets intimistes contrastent avec des refrains amples et lumineux, offrant un équilibre entre nostalgie assumée et production résolument actuelle. Cette dualité constitue d’ailleurs l’un des fils conducteurs de Catrina, Go, dont « Say You Do » donne un avant-goût prometteur.

Une chanson portée par l’émotion

Sur le plan des paroles, Nat Hathaway aborde les sentiments qui persistent après une rupture. Le refrain, volontairement simple – « If you love me, say you do » – exprime ce besoin universel d’entendre une dernière fois les mots qui ne pourront pourtant plus changer le cours des choses.

L’artiste explique avoir construit l’arrangement comme un reflet de cette évolution émotionnelle : une montée progressive de l’incertitude vers une libération mélodique où les instruments prennent toute leur ampleur. Cette approche renforce l’impact émotionnel du morceau sans jamais tomber dans l’excès.

Une ascension qui se confirme

Avant même la sortie de ce nouveau single, Nat Hathaway s’est constitué une communauté fidèle. Sa chaîne YouTube rassemble plus de 6 000 abonnés et cumule plus de 350 000 vues grâce à ses vidéos consacrées à la composition et à la production musicale.

Son précédent titre, « Vacation », a dépassé les 15 000 écoutes sur YouTube et a bénéficié d’une belle exposition radiophonique à l’international. Le morceau a même attiré l’attention de Gaspard Augé, qui l’a partagé dans une story Instagram, offrant à Nat Hathaway une visibilité supplémentaire auprès des amateurs de musique exigeante.

Nat Hathaway - Say You Do

Pourquoi écouter « Say You Do » ?

Avec « Say You Do« , Nat Hathaway démontre une nouvelle fois son talent pour marier les sonorités intemporelles du soft rock avec une production moderne et raffinée. Son sens de la mélodie, la qualité des arrangements et l’atmosphère immersive du morceau séduiront aussi bien les amateurs de rock progressif mélodique que les passionnés de pop psychédélique actuelle.

À quelques semaines de la sortie de Catrina, Go, ce dernier avant-goût donne envie de découvrir un album qui pourrait bien confirmer le potentiel d’un artiste en pleine ascension.

Nat Hathaway : Chant, Guitares, Claviers, Basse, Production

Discographie de Nat Hathaway

Albums studio

2023 – The Best Worst Thing
2026 – Catrina, Go (à paraître)

Singles (sélection)

2026 – Vacation
2026 – Say You Do

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