H.B. Whitman : une country qui ne triche pas

H.B. Whitman ne cherche pas à réinventer la musique country. Et c’est justement ce qui rend sa démarche intéressante. Avec son premier single, « No. 1 Best Selling Page Turner », le singer-songwriter britannique revendique une approche profondément attachée aux traditions du genre, au récit et à l’art de construire une chanson avant toute autre considération. Le titre, attendu le 2 septembre 2026, constitue le premier aperçu de son album inaugural, « Out Here Trying », prévu pour février 2027.

H.B. Whitman

H.B. Whitman : Un parcours entre country, rock et scènes britanniques

Élevé dans la campagne anglaise, H.B. Whitman commence à jouer dans les pubs de village avant de rejoindre Brighton. Pendant huit années, il se plonge dans la scène psychédélique et garage rock locale, multiplie les tournées et prend notamment le rôle de frontman au sein de Trip Westerns.

Son parcours prend ensuite une direction inattendue lorsqu’il travaille dans un cimetière. Cette période lui permet de renouer avec les musiques qui l’ont initialement marqué, en consacrant du temps à l’écoute et à l’étude de l’histoire des disques qui ont façonné la country.

À Brighton, Whitman devient également musicien de tournée pour le duo américain alors connu sous le nom de Native Harrow. Durant trois ans, il y joue de la batterie, de la basse, de la guitare et des claviers. Cette polyvalence l’amène ensuite vers le travail de session auprès de Dylan Earl, Willi Carlisle et Jude Brothers, jusqu’à participer au Black Deer Festival avec l’Ozark Holler Hootenanny.

La tradition country comme école d’écriture

Au fil de ses recherches, H.B. Whitman s’intéresse particulièrement à des figures majeures de l’écriture country comme Kris Kristofferson, Guy Clark, John Prine et Roger Miller. Ce qui l’attire n’est pas seulement l’esthétique du genre, mais sa capacité à raconter une histoire avec précision, parfois en quelques minutes.

Chez lui, chaque élément doit servir la chanson : les arrangements, les instruments, le phrasé vocal ou encore la production. Cette philosophie se retrouve directement dans l’enregistrement de son propre matériel. Whitman a choisi d’écrire les arrangements et de jouer lui-même tous les instruments, une manière de conserver le contrôle artistique tout en faisant de ces morceaux une véritable carte de visite de ses compétences musicales.

« No. 1 Best Selling Page Turner », une première histoire pleine d’ironie

Premier single officiel de H.B. Whitman, « No. 1 Best Selling Page Turner » sortira en 7 pouces chez Kroustpop! Records. Le morceau raconte l’histoire d’un homme qui découvre la Bible sans même savoir ce qu’elle est, puis décide d’en prendre chaque mot au pied de la lettre.

Entre foi, confusion et conviction, Whitman construit ainsi une histoire à la fois sincère et subtilement humoristique. Le morceau semble vouloir retrouver l’une des grandes forces de la country classique : raconter des histoires humaines avec des mots simples, des personnages crédibles et suffisamment de recul pour laisser apparaître quelques sourires.

Cette approche correspond parfaitement à la philosophie revendiquée par l’artiste. Plutôt que de chercher l’originalité à tout prix, H.B. Whitman préfère travailler ses chansons avec le respect d’un artisan qui connaît ses classiques. Une démarche finalement assez rafraîchissante à une époque où l’on demande souvent aux artistes de se réinventer avant même de savoir raconter une bonne histoire.

H.B. Whitman : Un premier album attendu en 2027

« No. 1 Best Selling Page Turner », qui m’évoque par moments le groove nonchalant de JJ Cale, ouvre donc la route vers « Out Here Trying », premier album de H.B. Whitman annoncé pour février 2027. Le disque devrait prolonger cette approche centrée sur l’écriture, les arrangements et la tradition country, avec cette combinaison de respect du patrimoine et d’humour pince-sans-rire qui semble constituer la signature du musicien.

H.B. Whitman

En attendant l’album, Whitman sera également présent sur scène aux côtés du groupe de La Nouvelle-Orléans Slow Motion Cowboys, dont il accompagnera la tournée britannique de septembre à la guitare et à la pedal steel. Plusieurs dates sont prévues entre Leeds, Sheffield, Otley, Nottingham, Stroud, la Cornouailles, Frome, Brighton et Londres.

Quand la tradition devient une force

Avec H.B. Whitman, la country n’a manifestement pas besoin de poudre aux yeux. Son ambition est plus simple et peut-être plus difficile : écrire de bonnes chansons, respecter ceux qui l’ont précédé et raconter des histoires avec suffisamment de finesse pour qu’elles restent en tête.

« No. 1 Best Selling Page Turner » apparaît ainsi comme une première carte de visite particulièrement cohérente. Entre country traditionnelle, expérience de musicien de scène et goût prononcé pour le storytelling, H.B. Whitman semble avoir trouvé dans le passé une matière idéale pour construire son propre présent.

À retenir concernant H.B. Whitman

H.B. Whitman, chant, guitare, basse, batterie, claviers, pedal steel, arrangements, est un singer-songwriter britannique qui défend une country traditionnelle, portée par le storytelling, l’humour sec et une approche résolument centrée sur la chanson.

Discographie

Albums studio
2027 – Out Here Trying (prévu pour février)

Singles
2026 – No. 1 Best Selling Page Turner

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Prisoner : un garage rock cinématique qui bouscule les codes

Prisoner : un troisième album qui marque un tournant

Prisoner n’est décidément pas une formation comme les autres. Né en 2019 entre Mulhouse, Bordeaux et Munich, ce collectif franco-allemand s’est forgé une identité sonore unique en mêlant garage rock, post-punk, musique de film et bandes originales des séries cultes des années 60 et 70 (ne pas confondre avec « The Prisoner », un groupe de metal parisien fondé en 2010) .

Avec son troisième album éponyme, attendu le 7 août chez Wicked Cool Records, le label de Steven Van Zandt (Little Steven), guitariste du E Street Band de Bruce Springsteen, le groupe franchit une nouvelle étape de son parcours.

Prisoner

Après deux albums largement consacrés à la réinterprétation de thèmes emblématiques de séries comme The Persuaders, The Avengers ou The Streets of San Francisco, Prisoner délaisse presque totalement les reprises pour proposer un disque composé à 99 % d’œuvres originales. Une évolution naturelle qui conserve pourtant tout ce qui fait la singularité du sextet : une écriture cinématographique, des mélodies accrocheuses et une tension permanente entre élégance orchestrale et énergie rock.

Prisoner développe une bande-son imaginaire

Écouter ce groupe, c’est avoir l’impression d’assister à la projection d’un film qui n’existe pas encore. Chaque morceau évoque un générique oublié, un polar des années 70 ou une série d’espionnage vintage, tout en restant profondément contemporain.

L’album a été enregistré dans la cave du batteur, mixé dans le salon du guitariste avant d’être confié au mastering d’Andy Walter aux mythiques studios Abbey Road. Ce contraste entre production artisanale et finition haut de gamme reflète parfaitement l’ADN du groupe : une musique ambitieuse, mais jamais démonstrative.

L’influence de compositeurs comme Lalo Schifrin, Laurie Johnson, Edwin Astley ou encore François de Roubaix se retrouve dans les orchestrations, tandis que l’énergie brute du garage rock et du post-punk maintient une intensité permanente.

La voix de Susanne Pemmerl constitue l’un des éléments les plus marquants de l’ensemble. Tantôt lyrique, tantôt pop, parfois scandée avec une véritable urgence politique, elle dialogue constamment avec le trombone de Marc Hett, devenu au fil des albums l’une des signatures sonores les plus originales du groupe.

Prisoner

« La femme qui s’était faite toute seule » donne le ton

Premier extrait du disque, La femme qui s’était faite toute seule résume parfaitement la démarche artistique de Prisoner. Construite comme la bande originale d’un film imaginaire, la chanson mêle riffs de guitare aux accents surf, rythmiques hypnotiques, cuivres incisifs et envolées vocales spectaculaires.

Le morceau développe également un propos engagé autour du mythe de la réussite individuelle, rappelant que personne ne se construit totalement seul. Une dimension politique qui traverse plusieurs titres du nouvel album sans jamais sacrifier l’efficacité mélodique.

Le groupe revendique un rock cinématographique où chaque composition raconte une histoire, sans avoir besoin d’images pour captiver l’auditeur.

Une signature américaine méritée

La signature de Prisoner chez Wicked Cool Records constitue une véritable reconnaissance internationale. Fondé par Steven Van Zandt, le label défend depuis de nombreuses années un rock indépendant exigeant et authentique.

Cette collaboration confirme le potentiel d’un groupe qui a déjà attiré l’attention de médias spécialisés, bénéficié du soutien de FIP et multiplié les prestations scéniques à travers l’Europe.

Si John Lennon affirmait avec ironie que « le rock français, c’est comme le vin anglais : ça n’existe pas », Prisoner apporte aujourd’hui un démenti particulièrement convaincant à cette célèbre formule. Avec ce troisième album, le sextet démontre qu’il est encore possible de proposer une musique profondément originale en s’inspirant du passé sans jamais tomber dans la nostalgie.

Pour les amateurs de garage rock, de post-punk, de musiques de films et de bandes originales vintage, Prisoner s’annonce comme l’une des sorties les plus singulières de cet été.

Un album qui confirme toute l’originalité de Prisoner

Dès les premières secondes, Prisoner impose une atmosphère qui lui appartient entièrement. Les références sont nombreuses, mais jamais envahissantes : on pense aux génériques de séries britanniques, aux bandes originales de Lalo Schifrin ou François de Roubaix, au post-punk et au garage rock, mais le groupe dépasse rapidement le simple exercice de style.

L’équilibre entre la voix polymorphe de Susanne Pemmerl, le trombone omniprésent, les guitares nerveuses et une section rythmique particulièrement inspirée produit un résultat étonnamment cohérent. Chaque morceau semble illustrer un film imaginaire dont l’auditeur devient le réalisateur.

La production, volontairement organique, conserve toute la spontanéité des enregistrements tout en bénéficiant d’un mastering irréprochable signé Andy Walter. Le disque alterne passages frénétiques et moments plus contemplatifs sans jamais perdre son fil conducteur.

Avec Prisoner, le groupe signe probablement son album le plus abouti. Original, audacieux, immédiatement reconnaissable et terriblement addictif, il confirme que cette formation franco-allemande occupe désormais une place à part sur la scène rock européenne.

Membres de Prisoner

Philippe Girard : guitare
Susanne Pemmerl : chant
Marc Hett : trombone
Lucas Gentilhomme : claviers
Etienne Meyer : batterie
Seba Grienti : basse

Discographie de Prisoner

Albums studio
2020 – The Prisoners
2022 – II
2026 – Prisoner

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