Fast Money Music : romance électrique et vertige moderne

Une identité forgée entre deux continents

Derrière Fast Money Music se cache Nick Hinman, auteur-compositeur et producteur américain installé à East London. Après avoir longtemps œuvré dans l’ombre pour d’autres artistes, il choisit de se réinventer en solo avec un projet à la fois introspectif et audacieux. Le nom lui-même, emprunté à un morceau du duo new-yorkais Suicide, joue sur un contraste volontaire : une musique sensible et habitée, dissimulée derrière une appellation presque ironique.

Fast Money Music Nick Hinman

Son écriture se nourrit d’un parcours nomade, entre San Francisco, New York, Los Angeles et Londres. Cette mosaïque géographique se retrouve dans ses compositions, pensées comme une succession de vignettes émotionnelles, où les atmosphères urbaines et les états d’âme s’entrelacent.

Bossa Supernova, la rencontre fondatrice

Avec « Bossa Supernova », il dévoile une pièce centrale de son univers. Ce titre, véritable pivot narratif de son premier album éponyme attendu le 17 avril 2026 chez Sick Records, agit comme une scène de rencontre — une “meet-cute” au sens cinématographique du terme.

Fast Money Music BOSSA SUPERNOVA

Coproduit avec Sam Petts-Davies et Mikko Gordon, le morceau capture avec finesse la dualité de l’attirance : à la fois euphorique et absurde, intense et fragile. Porté par une rythmique nerveuse et un groove entêtant, Bossa Supernova impose une énergie immédiate tout en laissant affleurer une certaine mélancolie.

Hinman décrit ce titre comme une archive exhumée, chargée d’un sentiment universel : celui de cette danse incertaine qu’est la séduction. Une métaphore de la vie elle-même, entre excitation, maladresse et vertige.

Un album collaboratif et ambitieux

Le premier album éponyme s’annonce comme une œuvre collective riche en textures. Autour de Nick Hinman gravitent des musiciens issus de formations reconnues : John Waugh et George Daniel, Jamie Reynolds et Steffan Halperin, ou encore Daniel Vildósola. Des participations d’Oliver Marson et de l’actrice Zoë Bleu viennent compléter ce casting éclectique.

Ce travail collaboratif donne naissance à un disque dense, où chaque contribution enrichit une vision globale cohérente. L’album se présente comme un kaléidoscope sonore, traversé par des influences post-punk, indie et électroniques, toujours au service d’une narration intime.

Fast Money Music : Une présence scénique en pleine ascension

Nick s’est déjà illustré sur scène, notamment à Londres et à Paris. Il poursuivra cette dynamique avec un concert prévu le 10 juin 2026 au Supersonic à Paris, confirmant une volonté de porter cette musique habitée au plus près du public. Entre tension et lâcher-prise, ses performances promettent une immersion totale dans son univers.

Conclusion

Au fond, l’artiste échappe à toute tentative de définition stricte. Projet mouvant, à la fois intime et ouvert sur le monde, il joue avec les contrastes et les perceptions. Comme le résume lui-même Nick Hinman avec une pointe d’ironie : « What is Fast Money Music? Could be fast? Could be money. Could even be music. » Une manière élégante de brouiller les pistes, tout en affirmant une liberté artistique totale — celle d’un créateur qui préfère suggérer plutôt que s’enfermer dans une case.

Fast Money Music

Nick Hinman : Chant, guitare, production

Discographie de Fast Money Music

Albums studio
2026 – Fast Money Music

EPs
2025 – Rouge

Bandcamp | Youtube

RoseDog font passer un message avec « Man Of My Own »

Avec Man of My Own, le duo bruxellois RoseDog signe une entrée en matière aussi frontale qu’élégante et offre proposition artistique cohérente qui intrigue autant qu’elle séduit.

Premier extrait de leur EP Threshold, le morceau pose immédiatement les bases d’un univers hybride, quelque part en électro-rock et pop addictive.

Difficile de ne pas penser à une certaine filiation avec Daft Punk, notamment dans cette manière de mêler textures électroniques et efficacité pop. Mais RoseDog ne s’arrête pas là : une touche new wave très années 80 plane sur l’ensemble, apportant une nostalgie froide qui contraste avec la chaleur du propos. Car oui, Man of My Own n’est pas qu’un titre accrocheur, c’est aussi une vraie prise de position, particulièrement importante dans la société actuelle.

Portrait du duo RoseDog

Au centre, la voix d’Emil, nuancée et expressive, devient le fil conducteur du message de la chanson. L’idée est de remettre en question une masculinité archaïque qui étouffe toutes les émotions. Il y a dans son interprétation une forme de retenue qui rend le propos encore plus percutant, comme une tension constante entre contrôle et lâcher-prise.

Le refrain, lui, fait mouche dès la première écoute. Entraînant, facile à reprendre, il s’impose presque malgré nous et reste en tête bien après la fin du titre.

On sent aussi l’influence du parcours des deux artistes : le théâtre pour Emil, qui donne une dimension narrative à l’interprétation, et la musique de film pour Victor, dont les arrangements contribuent à donner une véritable ambiance cinématographique. Leurs univers se marient parfaitement bien et ensemble, ils créent une tension dramatique qui donne au morceau une certaine originalité. 

Avec Man of My Own, RoseDog interpellent, questionnent, et surtout, ils donnent envie d’en entendre plus. Une première carte de visite solide et prometteuse, qui laisse présager un bel avenir pour le duo dans le monde de la musique.

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