Tombé pour la France : Matmatah revisite Daho et reprend la route

Matmatah - Tombé pour la France

“Tombé pour la France” version Matmatah ? Sur le papier, l’idée peut surprendre. Reprendre un classique de la pop française signé Étienne Daho et Arnold Turboust, quand on est un groupe de rock brestois, relève presque du pari. Il fallait oser. Et pourtant, le quatuor s’en empare avec un panache certain et une énergie décomplexée, transformant ce titre emblématique en véritable terrain de jeu électrique. Sortie le 13 février, cette reprise dépasse largement le simple clin d’œil nostalgique : elle se révèle à la fois sincère, jubilatoire et habitée, tout en dévoilant une facette plus ludique et spontanée du groupe, comme un retour aux sources, à une époque où tout semblait encore possible, surtout sur scène.

Matmatah - Tombé pour la France

Tombé pour la France : Une reprise comme retour aux sources

Derrière cette idée « saugrenue » se cache en réalité une démarche assez limpide. À leurs débuts, Matmatah écumait les clubs avec un répertoire mêlant compositions et reprises. Revenir à cet exercice, c’est renouer avec une forme de liberté, presque d’insouciance. Le choix de Tombé pour la France s’impose alors naturellement : une chanson solide, intemporelle, capable de supporter une injection massive de guitares sans perdre son âme.

Le résultat ? Une version plus rugueuse, mais respectueuse, qui conserve la mélodie entêtante de l’original tout en y injectant l’ADN du groupe. Une manière pour Matmatah de s’amuser, de lâcher prise, et de rappeler qu’au-delà des années et des albums, le plaisir de jouer reste intact.

Une trajectoire singulière dans le rock français

Formé à Brest à la fin des années 90, Matmatah s’est rapidement imposé avec un style mêlant rock, folk et influences celtiques. Leur premier album, La Ouache, porté par des titres devenus cultes, les propulse sur le devant de la scène. Le groupe enchaîne alors les succès avant de se séparer en 2008, laissant derrière lui une empreinte durable.

Le retour en 2016 marque une nouvelle étape. Plus mûr, mais toujours animé par la même énergie, Matmatah retrouve son public avec des albums qui confirment sa capacité à évoluer sans se renier. Cette reprise s’inscrit parfaitement dans cette dynamique : regarder en arrière pour mieux avancer.

Une tournée estivale bien remplie

Et pour défendre cette actualité sur scène, Matmatah ne ménage pas ses efforts. La tournée 2026 s’annonce dense, avec une série de festivals à travers la France et au-delà :

16 MAI – Festival Moissons Rock – Juvigny
22 MAI – Festival Petites Folies – Lampaul-Plouarzel
24 MAI – Outdoor Mix Festival – Embrun
30 MAI – Les Arts s’en Mêlent – Les Landes-Genusson
31 MAI – Marcel Festoch’ – Illiers-Combray
12 JUIN – Festival Le Clos des Tourelles – Sennecey-le-Grand
26 JUIN – Retro C Trop Festival – Tilloloy
28 JUIN – Irréductible Festival – Quimper
04 JUILLET – Les Nuits de l’Erdre – Nort-sur-Erdre
17 JUILLET – Les Alpagas Bleus – Saverne
18 JUILLET – Festival À Tout Bout d’Champ – Chantenay-Villedieu
22 JUILLET – Fête du Cognac – Cognac
25 JUILLET – Festival Art Sonic – Briouze
21 AOÛT – Les Gueules de Bois – Valzin en Petite Montagne
22 AOÛT – Drulhe en Fête – Drulhe
23 AOÛT – Festival Le Roi Arthur – Bréal-sous-Montfort
04 SEPTEMBRE – Festival Le Chant du Gros – Le Noirmont (Suisse)
05 SEPTEMBRE – Les Musicales du Parc des Oiseaux – Villars-les-Dombes
12 SEPTEMBRE – La Poule des Champs – Auberive

Une belle occasion de découvrir cette reprise en live, là où elle prend sans doute toute sa dimension.

Tombé pour la France : Une parenthèse rafraîchissante

Avec Tombé pour la France, Matmatah ne cherche pas à révolutionner son répertoire, mais plutôt à s’offrir une respiration. Une parenthèse légère, presque ludique, qui rappelle que la musique est aussi une affaire de plaisir partagé. Pieds nus sous la lune, le groupe semble retrouver une forme de jeunesse. Et franchement, ça fait du bien.

Membres de Matmatah

Tristan Nihouarn : Chant, guitare
Cédric Floc’h : Guitare
Jean-François Paillard : Basse
Benoît Fournier : Batterie

Discographie de Matmatah

Albums studio
1998 – La Ouache
2000 – Rebelote
2003 – Archie Kramer
2017 – Plates Coutures
2023 – Miscellanées Bissextiles

Albums live
2001 – Live au Zénith

Compilations
2005 – Simplement la vie

EPs
1997 – Lambé An Dro

Site officiel | Facebook | Youtube

Paul d’Amour cultive l’émotion avec Au Jardin des Délices

Paul d’Amour

Paul d’Amour : Une trajectoire entre poésie et liberté

Avant de tracer sa route en solo, Paul d’Amour (ne pas confondre avec son homonyme, bassiste du groupe rock américain Tool) s’illustre au sein du groupe Les Garçons Trottoirs. Il amorce ensuite un virage plus personnel avec un premier EP publié en 2010, réalisé par Jean-Louis Piérot, figure reconnue pour ses collaborations avec des artistes majeurs de la scène française (Alain Bashung, Étienne Daho, Renan Luce ou Hubert-Félix Thiéfaine). Trois ans plus tard, il confirme cette orientation avec un album éponyme qui lui ouvre les portes de nombreuses premières parties prestigieuses, de Bénabar à Florent Marchet, en passant par Da Silva, Les Wampas ou encore Weepers Circus.

En 2017, La Belle Aventure marque une nouvelle étape. Défendu sur scène dans une formule épurée, entouré d’un pianiste et d’un clarinettiste, Paul d’Amour y développe un univers intimiste et profondément incarné. Une approche qui fait écho à ses influences revendiquées, de Leonard Cohen à Serge Gainsbourg, en passant par Alain Bashung ou Neil Young.

Mais plus encore que la musique, c’est dans la littérature que l’artiste puise une grande partie de son inspiration. De Verlaine à Prévert, de Nerval à Houellebecq, il inscrit ses chansons dans une tradition poétique où les mots occupent une place centrale. Désir, amour, absence : ses textes explorent les émotions humaines avec finesse, portés par des arrangements minimalistes qui privilégient la sincérité et l’authenticité.

Une parenthèse sensible au cœur du vivant

Avec « Au Jardin des Délices », sorti le 8 avril 2026, Paul d’Amour dévoile une chanson à la fois intime et lumineuse, née dans un cadre pour le moins inspirant : le jardin médicinal de Schengele (« Petit Jean » en alsacien), dans le pays de Bitche en Moselle. Loin du tumulte quotidien, l’artiste y capte un instant suspendu, presque hors du temps, où les masques tombent et où les échanges retrouvent leur sincérité première.

Portée par une douceur printanière, la chanson évoque ces moments rares où les êtres se rencontrent sans artifice. Autour d’une table, les voix s’élèvent, les confidences circulent, et l’amour s’exprime avec simplicité. Une atmosphère délicate, presque fragile, que Paul d’Amour parvient à retranscrire avec une grande justesse.

Paul d’Amour

Une réalisation collective et inspirée

Si Paul d’Amour signe à la fois la musique et le texte, il s’entoure ici de collaborateurs fidèles pour donner vie à ce titre. La réalisation musicale est confiée à Nicolas Quéré et Maxime Tisserand, qui sculptent un écrin sonore subtil et organique. Le clip, quant à lui, est réalisé par François Dourlen, prolongeant visuellement cette immersion dans un univers apaisé et authentique.

Produit par Stéphanie de Freitas et Paul d’Amour, ce premier extrait annonce un projet plus vaste : Bitcherland, un album attendu le 6 mai 2026. Ce disque s’annonce déjà comme un voyage artistique singulier, entre carnet de route musical et récit illustré, en collaboration avec Jean Chauvelot.

Paul d’Amour : Un parcours libre et ouvert sur le monde

Depuis ses débuts, Paul d’Amour trace une trajectoire atypique, loin des sentiers balisés. Des rues de Strasbourg aux scènes de Bogotá, en passant par l’Europe de l’Est et les États-Unis, il a multiplié les expériences et les rencontres. Avec dix albums et quatre EPs à son actif, il construit une œuvre riche, nourrie par une curiosité constante et un goût affirmé pour l’exploration.

En 2020, il cofonde avec Stéphanie de Freitas le label Neno&Tala, au sein duquel il développe la Collection NOS. Ce projet met en lumière des voix souvent marginalisées à travers des formats hybrides mêlant musique, littérature, arts visuels et performances. Une démarche profondément humaine, en accord avec son engagement artistique.

Bitcherland, un projet entre musique et récit

Avec Bitcherland, Paul d’Amour propose bien plus qu’un simple album. Il s’agit d’un véritable road trip artistique à travers le pays de Bitche, où paysages, souvenirs et rencontres se mêlent dans une narration sensible. Au Jardin des Délices en est la première porte d’entrée, une invitation à ralentir, écouter et ressentir.

Dans un monde souvent fragmenté, Paul d’Amour rappelle, avec douceur, la nécessité de se reconnecter à l’essentiel : l’autre, la nature, et soi-même.

Instagram | Facebook | Youtube | Bandcamp