L’Avant-Garde : Sur ma fréquence, le rock français passe à l’offensive

L’Avant-Garde est un jeune power trio rock de Perpignan qui entend bien rappeler que le rock français peut encore avoir des nerfs, du style et quelques bonnes idées derrière les amplis. Avec son premier EP Sur ma fréquence, sorti le 9 octobre 2026, le groupe réunit six titres qui prolongent une année de singles et affirment une identité entre rock sixties, garage et insolence à la française.

L’Avant-Garde

L’Avant-Garde, trois jeunes pousses et une solide culture rock

Ils sont trois, ils ont autour de vingt ans et ils ont choisi une voie qui n’est peut-être pas la plus évidente en 2026 : jouer du rock, le chanter en français et assumer sans complexe leurs racines sixties.

Formé à Perpignan en février 2023, L’Avant-Garde réunit Alexandre Poizac au chant et à la basse, Théo Campos à la batterie et Raphaël Simon à la guitare. Tous trois se sont rencontrés à l’IDEM, école consacrée aux métiers du son, et leur complicité musicale s’est rapidement transformée en groupe.

La formule est celle d’un power trio, mais les influences dépassent largement les frontières du rock garage. Jacques Dutronc et son insolence période Play Boy, les BB Brunes, The Hives, The Cramps, les Small Faces ou encore le fantasme du Swinging London nourrissent leur imaginaire. On retrouve également dans leur parcours des références plus diverses, de Jimi Hendrix à AC/DC en passant par le funk, la pop et le rock des années 2000.

Dans cette volonté de défendre un rock français immédiat, malicieux et sans complexe, on peut aussi déceler une parenté d’esprit avec Elmer Food Beat, même si L’Avant-Garde regarde davantage vers les sixties, le garage et l’élégance insolente d’un Dutronc. Une filiation d’attitude plus que de style, donc, car le trio perpignanais construit finalement son propre cocktail entre héritage vintage et énergie contemporaine.

Une culture éclectique qui explique peut-être pourquoi L’Avant-Garde ne donne jamais l’impression de vouloir reproduire une époque. Le trio préfère s’en servir comme carburant.

L’Avant-Garde, un rock français entre sixties et garage

Le nom du groupe pourrait laisser imaginer une musique expérimentale et compliquée. C’est précisément l’inverse. Leur « avant-garde » est plutôt celle d’un groupe qui choisit de défendre une certaine idée du rock à une époque où celui-ci occupe une place nettement moins centrale dans le paysage musical français.

La recette est pourtant redoutablement efficace : des guitares nerveuses, une rythmique qui ne s’embarrasse pas de fioritures, des refrains mémorisables et surtout cette volonté de faire sonner le français avec suffisamment d’attitude pour éviter l’écueil de la chanson sage.

Le trio a commencé par les reprises, notamment des Small Faces, des Beatles ou des Hives, avant de rapidement passer à ses propres compositions. Dernier Tango, première création originale née d’un riff de Raphaël Simon, témoigne déjà de cette volonté de faire dialoguer les sixties françaises et anglo-saxonnes avec une énergie plus contemporaine.

Le titre rend hommage à cette époque où les 5 Gentlemen, les Problèmes ou Ronnie Bird faisaient souffler un vent de rock dans la chanson française, mais sans chercher à transformer L’Avant-Garde en groupe de reconstitution historique. Et c’est tant mieux.

L’Avant-Garde : de « Lola » à Sur ma fréquence

Avant cet EP, le trio avait déjà commencé à se faire entendre avec Lola, premier single publié en mai 2025. Une chanson qui annonce le ton : mélodie accrocheuse, guitare électrique et personnage féminin fantasmé, dans une ambiance qui regarde autant vers le rock français que vers la pop sixties.

Dernier Tango, paru en février 2026, poursuit cette trajectoire avec une composition plus franchement marquée par les racines du groupe. Puis vient Les Cactus, reprise garage du célèbre titre de Jacques Dutronc, qui permet au trio de pousser encore un peu plus loin son goût pour le rock vintage et l’ironie.

Le groupe a depuis bénéficié d’une diffusion radio croissante, notamment en France, en Belgique et au Canada. Son développement s’appuie également sur l’accompagnement du dispositif PaPA de la SMAC El Mediator à Perpignan. En trois ans, L’Avant-Garde a déjà accumulé plusieurs dizaines de concerts, avec notamment des passages à El Mediator et une participation au festival SCOOP.

Cette expérience de la scène compte. Car la musique du trio semble avant tout pensée pour être jouée fort, devant un public et avec cette petite part de danger qui disparaît parfois lorsque le rock devient trop propre.

L’Avant-Garde : Sur ma fréquence

Sur ma fréquence, un premier EP qui assume ses influences

Avec Sur ma fréquence, L’Avant-Garde franchit donc une nouvelle étape. Le premier EP rassemble six titres et vient conclure une année particulièrement active pour le groupe.

Le morceau éponyme constitue naturellement l’un des points forts du projet. Sur ma fréquence condense assez bien l’ADN du trio : guitare garage, refrain immédiat, chant français et cette attitude légèrement insolente qui évite au morceau de sombrer dans la simple nostalgie.

Le terme « néo-yéyé sous amphétamine », utilisé par le groupe pour résumer son univers, n’est finalement pas si éloigné de la réalité. Il y a bien dans cette musique quelque chose du rock sixties, mais passé au filtre d’un trio de jeunes musiciens qui ont grandi avec des références beaucoup plus larges.

C’est justement cette collision entre les époques qui rend le projet intéressant. L’Avant-Garde ne cherche pas à faire croire que nous sommes revenus en 1965. Il prend les codes de cette période et les fait fonctionner avec ses propres références.

Une jeune génération qui remet les amplis en marche

Il serait évidemment prématuré de parler de révolution. En revanche, L’Avant-Garde possède déjà quelque chose de précieux : une identité suffisamment claire pour être reconnaissable après seulement quelques singles et un premier EP.

Le groupe avance avec une certaine fraîcheur, sans donner l’impression de calculer chaque mouvement. Son rock est direct, énergique et volontiers rétro, mais il reste porté par trois musiciens de leur époque. Le résultat donne un cocktail assez réjouissant : un peu de swinging London, une pincée de garage américain, du rock français, quelques vestiges yé-yé et beaucoup d’électricité.

Après trois années de construction, de concerts et de compositions, Sur ma fréquence marque donc la fin d’un premier chapitre plutôt que son aboutissement définitif. Et à écouter la trajectoire parcourue depuis Lola, on se dit que le prochain pourrait être nettement plus ambitieux.

À Perpignan, L’Avant-Garde a trouvé sa fréquence. Reste maintenant à voir jusqu’où elle portera le signal.

Membres de l’Avant-Garde

Alexandre Poizac : chant, basse
Théo Campos : batterie
Raphaël Simon : guitare

Discographie

EPs
2026 – Sur ma fréquence

Singles
2025 – Lola
2026 – Dernier Tango
2026 – Les Cactus

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Jean-Luc Admin Mazik octobre 2026©

Lamu : Twin Demons, l’électro-rock en zone protégée

Lamu est le nouveau terrain de jeu musical de Laura Chevalier et CC, guitariste de Shaka Ponk. Avec Twin Demons, leur premier EP sorti le 9 octobre 2026 chez Delco Music, le duo plonge dans un univers électro-rock aussi sombre qu’entêtant, où guitares électriques, synthés et voix se confrontent dans un joyeux chaos parfaitement maîtrisé.

Lamu : Twin Demons, l’électro-rock en zone protégée

Lamu, un duo né du chaos

Derrière Lamu se cachent donc Laura, au chant et aux textes, et CC, guitariste et producteur. Partenaires de longue date, les deux artistes ont choisi de mettre leurs expériences précédentes de côté pour construire ensemble un univers qui leur ressemble davantage.

Le concept est plutôt clair : année zéro, zone protégée, nouvelles règles. Leur terrain d’expérimentation se situe quelque part entre rock alternatif, électro, pop massive et atmosphères plus volontiers dark. Une formule qui permet au duo de jouer autant sur l’énergie que sur les contrastes.

La production réalisée avec Valentin et Clément Aubert, alias The Ninety2, contribue largement à cette identité sonore. Les arrangements donnent de l’espace aux guitares tout en laissant les synthétiseurs installer une matière électronique dense et moderne.

Lamu façonne Twin Demons

Le premier single, « Twin Demons », a posé les bases de cette aventure avant la sortie de l’EP. Puis « Play », dévoilé durant l’été, a apporté une facette plus lumineuse et sensuelle au projet, avec la participation du crooner suédois Jay-Jay Johanson.

Avec « Holy Water Fever », sorti en septembre, Lamu a ensuite remis une bonne dose d’électricité dans la machine. Le titre repose sur un refrain particulièrement accrocheur, des cordes électriques et un bass synthé qui donnent au morceau une dimension dansante sans sacrifier son ADN rock. La voix de Laura et le jeu de guitare de CC occupent naturellement le devant de la scène.

Et puisqu’un duo baptisé Twin Demons ne pouvait décemment pas se contenter de rester sage, « Poison » accompagne désormais la sortie de l’EP. Plus sombre, le morceau explore la fascination et le désir avec une ambiance volontiers romantique et vénéneuse. Synthés et guitares s’y répondent sur une production massive et onirique.

Lamu, entre guitares électriques et synthés

Ce qui intrigue chez Lamu, c’est justement cette volonté de ne pas choisir entre rock et musique électronique. Les guitares conservent leur mordant tandis que les machines épaississent considérablement le décor. Le duo peut ainsi passer d’une pulsation dansante à une atmosphère plus obscure sans donner l’impression de changer de planète à chaque morceau.

Laura apporte une présence vocale qui peut se montrer aussi bien puissante que sensuelle, tandis que CC construit autour d’elle un environnement où les riffs et les textures électroniques se complètent plutôt qu’ils ne se concurrencent.

Twin Demons fonctionne ainsi comme une première déclaration d’intention. Lamu ne cherche manifestement pas à rentrer dans une case préexistante : le duo préfère en fabriquer une nouvelle, quitte à y laisser quelques étincelles.

Lamu en concert au Nouveau Casino

Après avoir progressivement dévoilé les contours de son univers au fil des singles, Lamu passe désormais à l’étape supérieure avec la scène. Le duo se produira au Nouveau Casino à Paris le 15 octobre 2026, quelques jours seulement après la sortie de l’EP, pour une soirée qui prendra naturellement des allures de release party.

Laura et CC y présenteront pour la première fois sur scène leur projet sous le nom de Lamu. Ils partageront l’affiche avec Maxence Alexandre, en première partie.

Pour un projet dont l’identité repose autant sur les contrastes, les textures et l’énergie électrique, le passage du studio à la scène devrait constituer un test particulièrement intéressant. Car si Twin Demons est l’année zéro de Lamu, le concert pourrait bien être le véritable début de l’histoire.

Une chose est certaine : avec Lamu, la guerre attendra. « Faites Lamu, pas la guerre ! »

Membres

Laura Chevalier : chant, textes
CC : guitare, production

Discographie

EP
2026 – Twin Demons

Singles
2026 – Twin Demons
2026 – Play
2026 – Holy Water Fever
2026 – Poison

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