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Étiquette : Progressive-Metal

Publié le 10 septembre 20269 septembre 2026

Ølyp dévoile Molden avant son premier album I(m)MORTAL

Ølyp - 2026 - Molden

Le metal instrumental français n’a décidément pas dit son dernier mot. Avec Ølyp, deux musiciens venus de France proposent une approche aussi massive qu’atmosphérique, quelque part entre metal progressif moderne et post-metal ambiant. Après « The Human Error », premier aperçu de leur univers, le duo dévoile aujourd’hui « Molden », nouveau single accompagné d’un clip, avant la sortie de son premier album, I(m)MORTAL, le 25 septembre 2026 chez Klonosphere.

Ølyp, lorsque les fjords deviennent une source d’inspiration

Fondé dans les fjords norvégiens avant de poursuivre son aventure en France, Ølyp est né d’une rencontre entre la puissance du metal et une réflexion plus intime sur la relation entre l’être humain et son environnement. Le groupe revendique une musique instrumentale, donc débarrassée de toute parole, mais certainement pas de tout propos.

Le duo s’intéresse notamment à la dissonance entre l’humain et la nature, à l’inaction face à la crise environnementale et à la montée de l’individualisme. Autant de sujets qui trouvent naturellement leur place dans une musique construite sur les contrastes : passages contemplatifs, montées en tension, déferlantes rythmiques et séquences plus aériennes.

Cette démarche donne à Ølyp une identité qui dépasse le simple exercice de style. La musique devient un espace d’introspection, mais également un appel à la solidarité et à la recherche d’un équilibre que notre époque semble avoir quelque peu égaré. Le groupe cite notamment The Ocean, Psychonaut, Russian Circles et Night Verses parmi ses références.

Ølyp

« Molden », un voyage au cœur des paysages norvégiens

Après « The Human Error », Ølyp poursuit la présentation de son premier album avec « Molden », disponible depuis le 8 septembre 2026. Le titre doit son nom au mont Molden, sommet situé au cœur des fjords norvégiens, un lieu particulièrement important dans l’histoire du groupe puisque c’est là que l’idée de créer Ølyp aurait commencé à prendre forme.

À travers ce morceau, le duo cherche précisément à retranscrire le contraste offert par ce paysage : d’un côté le calme du bleu de l’eau, de l’autre la verticalité imposante des falaises.

Musicalement, « Molden » semble parfaitement résumer cette dualité. Le morceau associe une dimension heavy et massive à des textures plus atmosphériques, donnant à la composition une véritable sensation de voyage. Une manière pour Ølyp de faire de ses morceaux des paysages sonores, plutôt que de simples successions de riffs.

Le titre est également enrichi par la présence d’un quatuor à cordes : Pauline Henric et Zoé Sallefranque aux violons, Sylvain Rullier à l’alto et Eugénie Ursch au violoncelle. Ces interventions apportent une dimension supplémentaire à l’univers cinématographique développé par le duo.

I(m)MORTAL, un premier album pensé comme une immersion

Prévu pour le 25 septembre 2026 chez Klonosphere, I(m)MORTAL constitue la première véritable déclaration artistique d’Ølyp. L’album rassemble huit compositions pour près de cinquante minutes de musique instrumentale et explore, à travers de vastes paysages sonores, les liens humains, la conscience individuelle et notre impact sur la planète.

La tracklist donne déjà une idée de l’ambition du projet :

The Human Error,
797,
Molden,
One’s Tormented Mind Is A Crumbling Universe,
Solace,
The Great Acceleration,
The Great Denial – Part 1,
The Great Denial – Part 2.

Le disque bénéficie par ailleurs d’un travail de production particulièrement soigné. L’enregistrement, le mixage et le mastering ont notamment été confiés à Chiaran Verheyden, tandis que David Castel participe également à l’enregistrement. L’univers graphique est signé Journal of Emptiness, avec des photographies de James K. Barbosa.

Une musique instrumentale qui sait raconter

Avec Ølyp, l’absence de chant ne signifie donc jamais l’absence de narration. Au contraire, les deux musiciens utilisent les dynamiques du metal progressif et les espaces du post-metal pour construire une musique qui laisse une large place à l’imagination.

« The Human Error », premier extrait, annonçait déjà cette volonté de parcourir différentes facettes de leur identité, de l’aérien introspectif aux passages beaucoup plus lourds. Le clip, réalisé par Alice Jeanmart, accompagne cette approche en donnant une dimension visuelle à une musique qui fonctionne déjà comme une succession de tableaux.

L’expérience scénique a également commencé à prendre forme en 2026. Ølyp a notamment été invité par Psychonaut à ouvrir plusieurs dates de sa tournée néerlandaise, avec des passages au TivoliVredenburg d’Utrecht, au Vera de Groningen et au Doornroosje de Nijmegen. Le site officiel du groupe souligne l’importance particulière de cette série de concerts, Psychonaut faisant partie des formations ayant fortement influencé Ølyp.

Une entrée en matière plutôt musclée pour un duo qui n’en est pourtant qu’au début de son histoire.

Ølyp, à suivre de très près

Avec « Molden », Ølyp confirme donc l’impression laissée par « The Human Error » et affine les contours d’un univers où le metal progressif rencontre le post-metal, l’ambient et une véritable réflexion écologique.

L’originalité du projet tient surtout à cette capacité à faire cohabiter la puissance et la contemplation. Ølyp ne cherche pas simplement à impressionner par la technique : le duo utilise les contrastes, les silences, les montées en puissance et les textures pour raconter quelque chose.

I(m)MORTAL sortira le 25 septembre 2026 chez Klonosphere, en CD et vinyle, et s’annonce comme l’une des sorties françaises à surveiller pour les amateurs de metal instrumental, de post-metal et de progressif contemporain.

Membres d’Ølyp

Thibaud Lépicier : Guitare, basse, production additionnelle
David Annenkoff : Batterie

Musiciens invités
Pauline Henric : Violon
Zoé Sallefranque : Violon
Sylvain Rullier : Alto
Eugénie Ursch : Violoncelle

Discographie d’Ølyp

2026 – I(m)MORTAL

Singles
2026 – The Human Error
2026 – Molden

Site officiel | Facebook | Youtube | Bandcamp

Publié le 24 août 202624 août 2026

Stare At The Clouds : Gravity, le poids de l’adieu

Après plusieurs années de silence discographique, Stare At The Clouds poursuit son retour avec « Gravity », deuxième single annonçant The Veil, le nouvel album du groupe australien. Après « The Patient: Fray », paru en novembre 2025, cette nouvelle composition confirme une orientation aussi ambitieuse que profondément émotionnelle. Le morceau s’intéresse à un instant où quelques mots suffisent à faire basculer une existence : l’annonce d’un diagnostic de démence.

Derrière les guitares et les rythmiques massives, Stare At The Clouds raconte ici une histoire de couple, de maladie, de perte et surtout d’amour. Une manière particulièrement forte de rappeler que le metal progressif peut aussi être un formidable vecteur d’émotions humaines.

Stare At The Clouds

Stare At The Clouds, entre atmosphère et déferlement

Originaire de Newcastle, en Australie, Stare At The Clouds se définit comme un groupe de progressive post-metal. Sa musique repose sur des voix claires et envoûtantes, des accords saturés de réverbération, des textures de guitare cristallines, des basses profondes et des rythmiques polymétriques.

Cette identité était déjà pleinement installée sur This Clear Divide, premier album du groupe sorti en avril 2016. Le disque, enregistré et mixé à Sydney, mêlait déjà passages instrumentaux, compositions progressives et séquences plus lourdes. Les crédits de l’album attribuent l’ensemble des morceaux à Seb Key, Keelan Butterick, Cassandra Key, Evan Jackson et Jacob Grindrod.

Dix ans plus tard, Stare At The Clouds reprend donc cette formule en lui donnant une dimension narrative particulièrement poignante.

« Gravity », le jour où tout bascule

« Gravity » raconte le moment dévastateur où un couple apprend qu’une démence va désormais faire partie de son quotidien. Le morceau ne se contente cependant pas d’adopter le point de vue de la personne malade. Il donne également une voix à celle qui reste à ses côtés.

C’est Olivia Mirrington, également connue pour son implication au sein de SUNNDIAL, qui intervient ici comme voix du conjoint. Sa présence enrichit considérablement le récit, les deux voix se répondant dans une forme de dialogue musical où se croisent le chagrin, la peur, la consolation et la volonté de rester ensemble.

Cette construction à deux voix est probablement l’un des éléments les plus touchants de « Gravity ». La maladie n’est pas seulement présentée comme une épreuve individuelle. Elle devient une expérience partagée, qui oblige deux personnes à redéfinir leur avenir alors même qu’elles viennent d’apprendre que celui-ci ne sera plus celui qu’elles avaient imaginé.

Et c’est là que le titre « Gravity » prend tout son sens. Il évoque ce poids soudain, presque physique, qui s’abat sur le couple. Une force impossible à arrêter, qui entraîne progressivement les deux protagonistes vers ce que le groupe décrit comme un « slow goodbye ».

Une construction musicale qui épouse le récit

Stare At The Clouds ne cherche pas à illustrer cette histoire avec une musique constamment dramatique. Au contraire, « Gravity » prend le temps de construire son émotion.

Le morceau s’ouvre sur des guitares claires et atmosphériques, accompagnées de mélodies intimes et de couches vocales fantomatiques. L’ensemble semble presque suspendu, comme si le temps s’était momentanément arrêté après l’annonce du diagnostic.

Gravity - Stare At The Clouds

Puis la tension s’accumule.

Les éléments s’empilent progressivement jusqu’à transformer cette fragilité initiale en un véritable mur de son. Les guitares gagnent en densité, les graves deviennent plus imposants et les rythmiques prennent une dimension de plus en plus implacable.

La progression musicale épouse ainsi parfaitement le propos. Le poids de la nouvelle s’installe peu à peu, jusqu’à devenir impossible à contenir.

C’est précisément dans ce contraste entre délicatesse et puissance que Stare At The Clouds trouve une grande partie de son identité. Le groupe ne juxtapose pas simplement passages calmes et séquences lourdes : il les fait évoluer les uns à partir des autres.

The Veil, un album consacré à la démence

« Gravity » ne doit surtout pas être considéré comme un morceau isolé. Il constitue l’un des éléments d’un projet beaucoup plus vaste : The Veil, le prochain album de Stare At The Clouds.

Le disque est pensé comme un hommage aux innombrables familles confrontées à la démence. Le groupe souhaite aborder la maladie et ses conséquences, mais également raconter les histoires de celles et ceux qui continuent d’avancer malgré la perte progressive de repères.

Derrière la souffrance se trouvent ainsi la dévotion, la résilience et cet amour capable de subsister alors même que la maladie transforme profondément une relation.

Ce choix thématique donne au retour de Stare At The Clouds une résonance particulière. Après This Clear Divide, album qui témoignait déjà d’un goût prononcé pour les récits complexes et les compositions évolutives, le groupe semble avoir choisi de placer l’humain encore davantage au centre de son écriture.

Une émotion qui ne cherche pas la facilité

Ce qui fonctionne particulièrement bien dans « Gravity », c’est que Stare At The Clouds ne transforme jamais son sujet en simple prétexte à une démonstration de puissance. Les montées instrumentales ont un véritable rôle narratif.

La musique devient progressivement plus lourde à mesure que la réalité s’impose. Elle donne presque une matérialité au poids du diagnostic, tandis que les voix conservent cette dimension humaine qui empêche le morceau de sombrer dans la seule noirceur.

Le résultat est un titre qui peut séduire les amateurs de metal progressif, de post-metal et de post-rock, mais qui dépasse aussi largement les frontières du genre. Car avant d’être une composition ambitieuse, « Gravity » est une chanson sur deux personnes confrontées à une épreuve qu’elles n’ont pas choisie.

Et finalement, c’est peut-être là que Stare At The Clouds est le plus convaincant : lorsqu’il utilise la démesure du metal pour raconter quelque chose d’intime.

Stare At The Clouds prépare un album ambitieux

Avec « The Patient: Fray » puis « Gravity », Stare At The Clouds construit progressivement le chemin vers The Veil. Dix ans après son premier album, le groupe australien ne semble donc pas vouloir revenir simplement pour prolonger une histoire commencée en 2016.

« Gravity » possède au contraire tous les ingrédients d’une nouvelle étape : une écriture plus narrative, une dimension émotionnelle forte, une invitée qui apporte un second point de vue vocal et une production pensée pour faire évoluer progressivement l’auditeur d’une fragile intimité vers une impressionnante déferlante sonore.

Le morceau est aussi une belle démonstration de ce que peut être le post-metal lorsqu’il ne se contente pas de chercher la lourdeur. Ici, la puissance a un sens. Elle représente le poids du temps, celui de la maladie et cette lente disparition évoquée par le groupe comme un « slow goodbye ».

Un titre sombre, certainement, mais pas dépourvu d’espoir. Car au cœur de « Gravity », ce qui demeure finalement le plus fort n’est peut-être pas la maladie : c’est le lien entre deux êtres qui décident de continuer à avancer ensemble.

Membres de Stare At The Clouds

Seb Key : Guitare, chant
Keelan Butterick : Chant, guitare
Cassandra Key : Batterie, piano, percussions
Evan Jackson : Basse
Jacob Grindrod : Guitare

Discographie de Stare At The Clouds

Albums studio
2016 – This Clear Divide

Singles
2025 – The Patient: Fray
2026 – Gravity

À retenir

Avec « Gravity », Stare At The Clouds transforme l’annonce d’un diagnostic de démence en une expérience musicale aussi lourde que bouleversante. La voix d’Olivia Mirrington, les guitares atmosphériques et la montée progressive vers un mur de son donnent au morceau une force particulière. Après « The Patient: Fray », ce deuxième extrait laisse surtout entrevoir un The Veil qui pourrait s’imposer comme un album particulièrement humain et ambitieux.

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