Flyingdeadman, mirages en clair-obscur

Une trajectoire singulière dans le post-rock français

Fondé à Bressuire, dans les Deux-Sèvres, il y a près de quinze ans, Flyingdeadman s’est progressivement imposé comme une formation à part dans le paysage du post-rock hexagonal. Porté par une volonté constante de faire voyager l’auditeur, le groupe a su évoluer au fil des années, malgré de nombreux changements de line-up, sans jamais renier son ADN émotionnel.

flyingdeadman

Depuis 2010, Flyingdeadman creuse un sillon instrumental où se mêlent envolées aériennes et tensions plus rugueuses. Ce rock atmosphérique, à la fois raffiné et chargé d’intensité, repose sur une maîtrise évidente des contrastes. Le groupe cultive ainsi un art du clair-obscur qui rappelle les grandes signatures du genre, entre puissance brute et délicatesse ciselée.

Aujourd’hui structuré autour d’un quatuor, le projet conserve une ligne directrice claire : traduire des émotions en paysages sonores immersifs.

« Mirages », un voyage introspectif et cinématographique

Avec « Mirages », leur sixième opus, Flyingdeadman franchit une nouvelle étape. Enregistré à domicile durant l’été 2025, cet album est né d’un élan créatif fulgurant, les bases de sa composition ayant vu le jour en à peine vingt-quatre heures. Une spontanéité qui se ressent dans la cohérence globale du disque.

Composé de six longues pièces instrumentales, « Mirages » s’écoute comme une œuvre continue, chaque titre répondant au précédent dans une fluidité remarquable. Dès l’ouverture avec To The Abyss, les guitares oscillent entre douceur onirique et abrasivité contrôlée, soutenues par une section rythmique puissante. Le voyage se poursuit avec October, plus tempétueux, avant d’introduire des textures vocales parlées sur Rives et Hate & Die, apportant une dimension narrative subtile.

Les deux derniers titres, Seven Sins et Before Chaos, viennent parachever cette fresque sonore avec une intensité dramatique saisissante. Entre nappes éthérées et déflagrations saturées, Flyingdeadman démontre une nouvelle fois sa capacité à captiver sans jamais recourir aux mots.

Flyingdeadman : Une esthétique fidèle, enrichie par le collectif

Malgré les évolutions de formation – du duo au quatuor, puis au trio avant de revenir à une formule élargie – Flyingdeadman conserve une identité forte. Sur « Mirages », le retour d’une batterie live apporte une profondeur supplémentaire, renforçant l’impact organique des compositions.

L’apport de voix invitées sur certains titres enrichit également la palette sonore, sans trahir l’essence instrumentale du projet. Le tout est sublimé par une production soignée, réalisée dans un esprit artisanal, fidèle à l’indépendance revendiquée du groupe.

Tracklist de Mirages

1. To the abyss 08:48
2.October 06:14
3.Rives 03:42
4.Hate & Die 04:33
5.Seven Sins 08:38
6.Before chaos 06:35

Une actualité riche et une scène toujours vivante

Après avoir joué devant des milliers de spectateurs en Chine, Flyingdeadman confirme son rayonnement au-delà des frontières. Le groupe continue d’explorer de nouveaux horizons tout en restant profondément ancré dans ses racines.

Pour accompagner la sortie de « Mirages », disponible depuis le 18 mars 2026 en formats numérique, CD et vinyle, Flyingdeadman retrouvera son public local avec un concert attendu à la salle Émeraude de Bressuire le 4 avril 2026. Une occasion idéale de plonger dans cet univers sonore dense et évocateur.

Flyingdeadman Mirages

Membres de Flyingdeadman

Tof : Basse
Fab : Guitare
Aurélien : Guitare, samples, programmation
Louis : Batterie

Discographie de Flyingdeadman

Albums studio
2011 – The Forgotten T(h)ree
2014 – Sending Fires to the Sky
2017 – 56 seasons
2020 – The Night
2024 – As Hearts Stop to Beat
2026 – Mirages

EPs
2010 – Flyingdeadman EP
2012 – Two Sides of Silence
2016 – Echoes in the Dust
2019 – Live Sessions
2022 – Fragments

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GLEN frappe fort avec It Was A Bright Cold Day In April

GLEN. It was a bright cold day in April,

Le 20 février 2026, les Berlinois de Glen, groupe formé en 2015, sortent leur quatrième album studio, It Was A Bright Cold Day In April, chez Kapitän Platte, distribué par Cargo Records. Un disque instrumental dense et ambitieux qui confirme la singularité de ce quatuor à part dans le paysage européen.

Le titre, emprunté à la célèbre phrase d’ouverture de 1984 de George Orwell, n’a rien d’anecdotique. Il suggère un climat d’instabilité, un monde en suspens, où l’ordre apparent peut basculer à tout instant. Cette tension diffuse irrigue l’ensemble de l’album.

GLEN. It was a bright cold day in April,

Une architecture sonore pensée comme un récit

Conçu comme une œuvre en cinq actes, le disque s’appuie sur une structure quasi narrative, renforcée par cinq poèmes intégrés au gatefold (pochette d’album qui s’ouvre en deux volets, comme un livre). L’ouverture avec Frenzy est un véritable tourbillon : guitares en friction, batterie martelée, montée en pression continue. Glen y affirme son goût pour le chaos maîtrisé, cette énergie brute tenue par une ossature rigoureuse.

Lotosesser installe ensuite une atmosphère plus hypnotique, presque trompeuse, avant que Brute Force ne déchire l’espace avec l’apport grinçant de la daxophone de Kriton Beyer et les interventions incisives des saxophones soprano et baryton de Norbert Stammberger. La matière sonore se fissure, grince, respire.

Avec Sublime, le groupe joue sur la suspension : une élévation fragile, aussitôt ramenée vers la gravité. Enfin, “… and the clocks were striking thirteen” referme l’album comme un avertissement, écho direct à l’univers dystopique d’Orwell. Les éditions CD et digitale proposent deux titres supplémentaires, Zugzwang et Il Ricordo, prolongeant l’expérience.

Une évolution constante depuis 2017

Depuis Crack (2017), Glen creuse un sillon exigeant. Ce premier album, collision frontale entre noise et structures libres, a posé les bases d’un langage singulier. Pull! (2021) puis I Can See No Evil (2023) ont élargi la palette, introduisant davantage de profondeur spatiale et une dynamique plus cinématographique.

Avec It Was A Bright Cold Day In April, le quatuor allemand affine encore son identité. Les compositions s’allongent, les arcs de tension se déploient avec patience, les motifs minimalistes émergent puis se transforment au fil d’une évolution organique. Glen se montre moins intéressé par la chanson que par le processus : répétition, friction, métamorphose progressive.

Un son sculpté avec précision

Enregistré au studio andereBaustelle à Berlin par Boris Wilsdorf (connu pour son travail avec Einstürzende Neubauten) et mixé par le producteur MACK, passé par les studios de Giorgio Moroder et collaborateur de groupes tels que Led Zeppelin ou Queen, l’album bénéficie d’une clarté sonore impressionnante. Chaque texture, même la plus abrasive, conserve sa lisibilité.

Le line-up reste fidèle à sa formule : deux guitares (Wilhelm Stegmeier et Eleni Ampelakiotou), basse (Roland Feinaeugle) et batterie (Achim Faerber), enrichis de clavinet, synthétiseurs et interventions invitées. L’ensemble oscille entre minimalisme et éruption, précision structurelle et improvisation libre.

À la croisée de l’avant-rock européen, de l’esprit No New York et de réminiscences krautrock, Glen poursuit sa route sans compromis. Abstrait, parfois déroutant, mais toujours habité. Un disque exigeant, certes, mais captivant pour qui accepte de s’y immerger.

Membres de Glen

Wilhelm Stegmeier : Guitare
Eleni Ampelakiotou : Guitare
Roland Feinaeugle : Basse
Achim Faerber : Batterie

Discographie de Glen

Albums studio
2017 – Crack
2021 – Pull!
2023 – I Can See No Evil
2026 – It Was A Bright Cold Day In April

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