L’Orne : II. WINDOW, une plongée entre mélancolie et tension

L’Orne poursuit son ambitieux projet How Are You Ragged Old Bunny? avec la sortie de II. WINDOW, prévue le 31 juillet sur le label Inner Basement. Ce deuxième volet de la trilogie confirme la singularité du quintette néerlandais, dont la musique oscille entre post-rock, slowcore, noise-rock psychédélique et expérimentations sonores. À travers trois morceaux d’une grande intensité émotionnelle, le groupe continue de bâtir un univers où mélancolie, tension dramatique et immersion sonore se rejoignent.

L'Orne

L’Orne approfondit son identité musicale

Depuis ses débuts, L’Orne développe une esthétique sonore qui privilégie les contrastes et les émotions. Les longues montées instrumentales côtoient des passages d’une grande délicatesse, tandis que les guitares saturées dialoguent avec les nappes de synthétiseur pour créer des paysages sonores aussi hypnotiques qu’inquiétants.

Comme le premier EP de la trilogie, II. WINDOW a été enregistré dans un ancien gazomètre du XIXe siècle situé au sud de Rotterdam. Ce lieu atypique, à l’acoustique exceptionnelle, participe pleinement à la profondeur et à la dimension cinématographique des compositions. Sur scène, cette atmosphère est prolongée par un travail visuel qui renforce encore le caractère immersif des performances du groupe.

L’Orne raconte trois histoires fortes

Le premier titre, « Live, from the horse’s mouth », aborde les paradoxes de la scène musicale de Rotterdam. Inspirée par les expériences vécues par Quincy Fortes, la chanson évoque la désillusion face à un milieu que l’on imagine ouvert mais qui peut parfois reproduire les mêmes mécanismes d’exclusion que le reste de la société. Le morceau devient ainsi une prise de parole sincère sur la liberté d’expression et la nécessité d’oser dénoncer certaines réalités.

« Brook » s’intéresse quant à lui à la souffrance silencieuse provoquée par une relation toxique observée de l’extérieur. L’impuissance ressentie face à un proche incapable de se libérer de son emprise nourrit une composition lente et pesante, fortement influencée par le post-metal et le doom. Cette tension permanente confère au morceau une puissance émotionnelle remarquable.

Enfin, « The Looking Leak » puise son inspiration dans la vision des miroirs développée par Kurt Vonnegut, qu’il décrit comme des passages vers d’autres réalités, tout en faisant écho à De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll. À travers ce titre énergique, Luka Lagoone revient sur une amitié adolescente faite d’excès, de manipulations et de recherche permanente de sensations fortes, avant d’exprimer le désir d’une existence plus sereine, tournée vers le calme et la sécurité.

L'Orne II. WINDOW

Le groupe confirme son ambition artistique

Avec II. WINDOW, L’Orne démontre une nouvelle fois sa capacité à transformer des expériences profondément personnelles en compositions universelles. L’équilibre entre les textures aériennes du slowcore, la puissance du post-rock, les éclats du noise-rock et les explorations psychédéliques donne naissance à une œuvre dense, cohérente et particulièrement immersive.

Ce deuxième chapitre de How Are You Ragged Old Bunny? confirme les ambitions d’un groupe qui refuse les conventions et poursuit un parcours artistique exigeant. Les amateurs de musiques atmosphériques, expérimentales et émotionnellement intenses trouveront dans cet EP une œuvre riche, sensible et captivante, qui donne déjà envie de découvrir le troisième et dernier volet de cette ambitieuse trilogie.

Membres

Quincy Fortes : Guitare, Basse, Chant, Composition, Paroles
Luka Lagoone : Basse, Guitare, Chant, Composition, Paroles
Dominic Milder : Guitare, Chœurs
Maj Rachel Wouterson : Synthétiseur, Chœurs
Branko Valchev : Batterie

Discographie de L’Orne

EPs
2026 – II. WINDOW
2026 – I. (How Are You Ragged Old Bunny? – Part I)

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Jean-Luc Admin Mazik 2026©

Prisoner : un garage rock cinématique qui bouscule les codes

Prisoner : un troisième album qui marque un tournant

Prisoner n’est décidément pas une formation comme les autres. Né en 2019 entre Mulhouse, Bordeaux et Munich, ce collectif franco-allemand s’est forgé une identité sonore unique en mêlant garage rock, post-punk, musique de film et bandes originales des séries cultes des années 60 et 70 (ne pas confondre avec « The Prisoner », un groupe de metal parisien fondé en 2010) .

Avec son troisième album éponyme, attendu le 7 août chez Wicked Cool Records, le label de Steven Van Zandt (Little Steven), guitariste du E Street Band de Bruce Springsteen, le groupe franchit une nouvelle étape de son parcours.

Prisoner

Après deux albums largement consacrés à la réinterprétation de thèmes emblématiques de séries comme The Persuaders, The Avengers ou The Streets of San Francisco, Prisoner délaisse presque totalement les reprises pour proposer un disque composé à 99 % d’œuvres originales. Une évolution naturelle qui conserve pourtant tout ce qui fait la singularité du sextet : une écriture cinématographique, des mélodies accrocheuses et une tension permanente entre élégance orchestrale et énergie rock.

Prisoner développe une bande-son imaginaire

Écouter ce groupe, c’est avoir l’impression d’assister à la projection d’un film qui n’existe pas encore. Chaque morceau évoque un générique oublié, un polar des années 70 ou une série d’espionnage vintage, tout en restant profondément contemporain.

L’album a été enregistré dans la cave du batteur, mixé dans le salon du guitariste avant d’être confié au mastering d’Andy Walter aux mythiques studios Abbey Road. Ce contraste entre production artisanale et finition haut de gamme reflète parfaitement l’ADN du groupe : une musique ambitieuse, mais jamais démonstrative.

L’influence de compositeurs comme Lalo Schifrin, Laurie Johnson, Edwin Astley ou encore François de Roubaix se retrouve dans les orchestrations, tandis que l’énergie brute du garage rock et du post-punk maintient une intensité permanente.

La voix de Susanne Pemmerl constitue l’un des éléments les plus marquants de l’ensemble. Tantôt lyrique, tantôt pop, parfois scandée avec une véritable urgence politique, elle dialogue constamment avec le trombone de Marc Hett, devenu au fil des albums l’une des signatures sonores les plus originales du groupe.

Prisoner

« La femme qui s’était faite toute seule » donne le ton

Premier extrait du disque, La femme qui s’était faite toute seule résume parfaitement la démarche artistique de Prisoner. Construite comme la bande originale d’un film imaginaire, la chanson mêle riffs de guitare aux accents surf, rythmiques hypnotiques, cuivres incisifs et envolées vocales spectaculaires.

Le morceau développe également un propos engagé autour du mythe de la réussite individuelle, rappelant que personne ne se construit totalement seul. Une dimension politique qui traverse plusieurs titres du nouvel album sans jamais sacrifier l’efficacité mélodique.

Le groupe revendique un rock cinématographique où chaque composition raconte une histoire, sans avoir besoin d’images pour captiver l’auditeur.

Une signature américaine méritée

La signature de Prisoner chez Wicked Cool Records constitue une véritable reconnaissance internationale. Fondé par Steven Van Zandt, le label défend depuis de nombreuses années un rock indépendant exigeant et authentique.

Cette collaboration confirme le potentiel d’un groupe qui a déjà attiré l’attention de médias spécialisés, bénéficié du soutien de FIP et multiplié les prestations scéniques à travers l’Europe.

Si John Lennon affirmait avec ironie que « le rock français, c’est comme le vin anglais : ça n’existe pas », Prisoner apporte aujourd’hui un démenti particulièrement convaincant à cette célèbre formule. Avec ce troisième album, le sextet démontre qu’il est encore possible de proposer une musique profondément originale en s’inspirant du passé sans jamais tomber dans la nostalgie.

Pour les amateurs de garage rock, de post-punk, de musiques de films et de bandes originales vintage, Prisoner s’annonce comme l’une des sorties les plus singulières de cet été.

Un album qui confirme toute l’originalité de Prisoner

Dès les premières secondes, Prisoner impose une atmosphère qui lui appartient entièrement. Les références sont nombreuses, mais jamais envahissantes : on pense aux génériques de séries britanniques, aux bandes originales de Lalo Schifrin ou François de Roubaix, au post-punk et au garage rock, mais le groupe dépasse rapidement le simple exercice de style.

L’équilibre entre la voix polymorphe de Susanne Pemmerl, le trombone omniprésent, les guitares nerveuses et une section rythmique particulièrement inspirée produit un résultat étonnamment cohérent. Chaque morceau semble illustrer un film imaginaire dont l’auditeur devient le réalisateur.

La production, volontairement organique, conserve toute la spontanéité des enregistrements tout en bénéficiant d’un mastering irréprochable signé Andy Walter. Le disque alterne passages frénétiques et moments plus contemplatifs sans jamais perdre son fil conducteur.

Avec Prisoner, le groupe signe probablement son album le plus abouti. Original, audacieux, immédiatement reconnaissable et terriblement addictif, il confirme que cette formation franco-allemande occupe désormais une place à part sur la scène rock européenne.

Membres de Prisoner

Philippe Girard : guitare
Susanne Pemmerl : chant
Marc Hett : trombone
Lucas Gentilhomme : claviers
Etienne Meyer : batterie
Seba Grienti : basse

Discographie de Prisoner

Albums studio
2020 – The Prisoners
2022 – II
2026 – Prisoner

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