The Dredge élargit son horizon avec Down The Beach

The Dredge est l’un de ces groupes que l’on ne découvre jamais vraiment par hasard. Originaire de Bergen, en Norvège, ce projet né dans les années 1990 a longtemps laissé mûrir ses ambitions artistiques avant de dévoiler officiellement son univers avec Torches en 2024. Deux ans après ce premier album remarqué dans les sphères les plus aventureuses du rock alternatif, le duo formé par Kjetil Vikene et Frode Røsjø revient avec Down The Beach, publié le 5 juin 2026 chez Apollon Records. Fidèle à son approche créative sans contraintes, la formation poursuit son exploration d’un territoire musical inclassable où se croisent art rock, rock alternatif, jazz, pop décalée et expérimentations sonores. Une nouvelle démonstration de liberté artistique pour un groupe qui refuse les compromis et continue de tracer une route qui n’appartient qu’à lui.

The Dredge

The Dredge : Une liberté artistique totale

Dès les premières secondes de « Blink », l’auditeur est plongé dans un univers singulier où les conventions semblent avoir été abandonnées sur le bord de la route. Là où beaucoup de groupes cherchent à s’inscrire dans une tradition ou à reproduire une formule éprouvée, The Dredge préfère suivre son instinct et laisser libre cours à sa créativité.

Cette approche donne naissance à un album profondément organique, capable de passer d’ambiances presque pop à des passages plus jazzy, sans jamais perdre sa cohérence. Les compositions s’enchaînent comme autant de tableaux aux couleurs variées, formant une mosaïque musicale riche et captivante.

Huit morceaux entre introspection et étrangeté

Les huit titres qui composent Down The Beach explorent des thèmes universels tels que l’appartenance, la solitude, les choix de vie ou encore le sentiment de décalage face au monde. Les textes de Kjetil Vikene abordent ces sujets avec une sensibilité particulière, mêlant observations du quotidien, réflexions existentielles et images parfois surréalistes.

Des morceaux comme « Nature » ou « Everything » illustrent parfaitement cette capacité à transformer des interrogations intimes en récits accessibles et touchants. Même lorsque les situations évoquées flirtent avec l’absurde, elles révèlent une profonde humanité qui traverse l’ensemble du disque.

Une richesse instrumentale discrète mais essentielle

L’une des grandes forces de The Dredge réside dans sa capacité à enrichir ses compositions sans jamais tomber dans la démonstration technique. Les interventions de saxophone, de vibraphone ou encore les touches électroniques apportent de nouvelles couleurs à l’ensemble sans détourner l’attention des chansons elles-mêmes.

Le saxophoniste invité Kjetil Møster apporte ainsi une dimension supplémentaire à plusieurs passages, tandis que la production assurée par Iver Sandøy et le groupe met parfaitement en valeur les nombreuses nuances de l’album.

Cette sophistication reste toujours au service de l’émotion et du groove, permettant à l’auditeur occasionnel comme au mélomane le plus exigeant d’y trouver son compte.

The Dredge-Down The Beach

Un album qui refuse les compromis

Avec Down The Beach, The Dredge confirme que son originalité n’est pas un simple exercice de style. Chaque morceau semble guidé par une nécessité artistique sincère, loin des tendances ou des attentes du marché. Le groupe compose avant tout pour exprimer sa vision du monde, avec une authenticité rare.

L’album réussit ainsi l’exploit d’être à la fois complexe et accessible, étrange et accueillant, sophistiqué et spontané. Une œuvre qui demande parfois plusieurs écoutes pour révéler toutes ses subtilités, mais qui récompense largement la curiosité de ceux qui acceptent de s’y aventurer.

Une nouvelle étape prometteuse

Après Torches en 2024, Down The Beach marque une évolution naturelle dans le parcours du groupe. Plus ambitieux, plus riche et encore plus personnel, ce deuxième album confirme le potentiel remarquable de cette formation norvégienne atypique.

Pour tous ceux qui apprécient les artistes capables de bousculer les habitudes d’écoute tout en conservant un véritable sens de la mélodie, The Dredge constitue une découverte incontournable. Avec Down The Beach, le duo signe un disque aussi surprenant qu’attachant, et laisse espérer de nombreuses autres explorations musicales dans les années à venir.

Membres de The Dredge

Kjetil Vikene : Chant, guitare, basse, claviers, divers instruments
Frode Røsjø : Batterie, chœurs, divers instruments

Invité
Kjetil Møster : Saxophone

Discographie de The Dredge

Albums studio
2024 – Torches
2026 – Down The Beach

Singles
2024 – Whales
2024 – Brake
2024 – Torches II – The Future Is Burning
2026 – Animal
2026 – Nature
2026 – Blink

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Randy Lover affine sa pop introspective

Un projet solo né du besoin d’introspection

Derrière Randy Lover se cache un musicien actif depuis une vingtaine d’années, connu notamment comme membre du groupe SunX. Habitué aux dynamiques collectives et à une énergie plus rock, l’artiste a ressenti le besoin de s’isoler pour explorer une facette plus personnelle de son écriture. Cette démarche en solo lui permet de s’affranchir des cadres habituels et d’aborder la musique comme un espace intime, presque thérapeutique.

Randy Lover

Entièrement réalisé chez lui, en Lorraine, dans son propre studio, le projet Randy Lover repose sur une volonté claire : ralentir, épurer et laisser parler l’émotion. Chanter en anglais, tout en écrivant ses textes en français, s’impose comme un choix naturel pour créer une distance propice à la pudeur et à la retenue.

Hare, un premier album tout en retenue

Son premier album studio, Hare, marque une rupture esthétique avec SunX (ex Sun Express). Composé de neuf titres, ce disque se distingue par une pop douce, introspective et volontairement minimaliste. La retenue y devient un moteur créatif, au service d’une sensibilité longtemps tenue à l’écart. Randy Lover y explore les contrastes entre agitation intérieure et quête de sérénité, assumant une vulnérabilité rarement exposée jusque-là.

La pochette de l’album, trouvée presque par hasard sur les réseaux sociaux, renforce cette dimension personnelle. Elle agit comme un écho discret à son histoire familiale, tout en prolongeant l’atmosphère contemplative du disque.

The Chair Next to the Sofa, un album de nostalgie

Prévu pour avril 2026, The Chair Next to the Sofa sera le deuxième album de Randy Lover. Entièrement conçu seul, ce nouveau disque s’annonce comme un condensé de nostalgie, où les absences, les souvenirs et les objets immobiles deviennent des vecteurs d’émotion. Entre pop alternative et formes plus intimistes, l’album évoque ces traces laissées dans une pièce, entre un fauteuil et un canapé, quand le passé refuse de se taire.

Ce nouvel opus prolonge la démarche introspective amorcée avec Hare, tout en approfondissant une écriture plus cinématographique et évocatrice. Une œuvre pensée comme un espace de mémoire, à la fois doux et mélancolique.

Randy Lover

Randy Lover : Une démarche artistique durable

Loin d’être une parenthèse, Randy Lover envisage son projet solo comme un terrain d’expression durable, complémentaire à l’aventure collective. Cette double identité lui permet de continuer à avancer, d’expérimenter et de transformer l’anxiété en matière artistique, sans renoncer au plaisir du groupe.

Randy Lover

Line-up

Randy Lover : Chant, guitare, composition, production

Discographie de Randy Lover

Albums studio
2024 – Hare
2026 – The Chair Next to the Sofa (date de sortie prévue en avril)

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Randy Lover a bien voulu se prêter au petit jeu de l’Auto-Interview sur Mazik

Pourquoi j'ai refait un disque ?

Lorsque j’ai terminé mon premier album (Hare), j’en étais très satisfait. S’en sont suivies des heures d’écoute, parce que j’ai toujours douté de tout ce que j’ai pu entreprendre dans ma vie. J’étais très fier de cet album, et je le suis toujours. J’ai donc décidé de le sortir véritablement : j’ai lancé la promotion, défini les singles, etc.

C’est à ce moment-là que j’ai compris d’où venait mon doute.

J’avais encore besoin de composer, j’avais encore des choses à dire.

J’ai donc attaqué la composition du deuxième album en même temps que la promotion du premier. Les sonorités étaient déjà définies quelque part, dans un coin de ma tête. Je savais inconsciemment ce que je voulais depuis le début.

À quoi j'espère qu'on pensera en l'écoutant seul ?

J’espère sincèrement que ce disque sera un remède pour beaucoup, comme il a pu l’être pour moi.

C’est un condensé de nostalgie, qui peut faire mal dans un premier temps. Il faut accepter que le temps passe trop vite et que nous ne revivrons probablement plus certains moments d’innocence de notre vie. Une fois cette amertume acceptée, j’aimerais que les auditeurs puissent se remémorer leurs plus beaux souvenirs de jeunesse, lorsqu’ils étaient enfants ou adolescents, à la poursuite de l’amour et de la liberté.

Ce disque, c’est un peu ça : des moments précieux ou marquants de ma vie, de l’enfance jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à ce que je me sente pleinement heureux, plus « sage » et apaisé.

Qu’est-ce qui le distingue du premier album ?

Je dirais : la maturité.

En terminant mon premier album, j’ai acquis une certaine expérience dans la composition, l’enregistrement, le mixage et le mastering. En attaquant le deuxième, je savais exactement ce que je ne voulais pas faire — ou ce qu’il ne fallait pas faire. Je savais aussi précisément quels sons j’allais utiliser.

Le fait de l’avoir composé dans la continuité du premier album peut quelque peu biaiser l’objectivité, mais j’étais encore « dans le bain » pour peaufiner des choses que j’avais volontairement laissées brutes.

Pour le premier album, j’ai saisi une adresse inconnue sur un GPS.

Pour le deuxième, j’ai atteint ma destination.

Un disque et un film incontournables selon moi ?

Comme film, j’opterais pour The Truman Show, je crois. J’ai grandi avec. C’est une masterclass, de la réalisation à la bande-son signée Philip Glass.

Bon… sinon, l’intégrale de Twin Peaks, évidemment.

Comme disque, j’hésite.

Pourquoi pas Disintegration de The Cure. Quitte à voir un astéroïde percuter la Terre avec le morceau éponyme en fond sonore, ça me paraît être une belle fin, non ?

Pour finir, soyons sérieux : Mon repas préféré ?

J’adore toutes les cuisines, et j’adore cuisiner. J’aime beaucoup le bon vin aussi.

Je dirais que la cuisine sud-américaine est ma préférée. Mais s’il faut choisir : une bonne entrecôte Angus, nappée d’un chimichurri pour rappeler l’Argentine, accompagnée d’un bon côtes-du-Rhône — Syrah, Grenache, Mourvèdre (à consommer avec modération).

 

Merci Randy et à bientôt 🙂

Jean-Luc Admin Mazik décembre 2025©