Avec Gold, The Amber Day poursuit son chemin entre folk, pop et énergie rock, mais avec une tonalité particulièrement lucide. Le nouveau single s’intéresse à cette étrange dissonance du quotidien contemporain : observer un monde qui semble partir en vrille depuis son canapé, avant de reprendre malgré tout le cours d’une journée ordinaire et d’aller travailler.
Derrière une musique immédiatement accessible se cache ainsi un texte beaucoup moins confortable. Culpabilité, impuissance, perte de sens et sentiment de décalage s’invitent dans une chanson qui préfère l’ironie à la démonstration. Chez The Amber Day, le propos n’empêche jamais la mélodie de respirer, et Gold en est une nouvelle illustration.
Mandoline, guitares et rythmique incisive installent une dynamique indie folk chaleureuse, tandis que le refrain accroche rapidement l’oreille. Le contraste entre cette énergie musicale et un texte marqué par la désillusion donne justement au morceau toute sa force.
Gold, une nouvelle facette de l’univers de The Amber Day
Depuis ses débuts, The Amber Day cultive un équilibre entre douceur et énergie, porté par la voix singulière de Rachel Baum. Avec Gold, le groupe conserve cette identité mais l’oriente vers une écriture davantage tournée vers les contradictions du monde actuel.
Le morceau ne cherche pas à apporter de réponse toute faite. Il pose plutôt une question finalement assez universelle : comment continuer à vivre normalement lorsque l’actualité, les inquiétudes et les absurdités du quotidien semblent constamment nous dépasser ?
Cette approche permet à The Amber Day de rester fidèle à son goût pour les chansons intimistes tout en élargissant leur portée. Les grands espaces de la folk sont toujours là, mais le regard se fait ici plus frontal, parfois mordant. Une façon de rappeler qu’une chanson peut être mélodieuse sans être naïve.
Gold annonce Acronym, le nouvel album
Gold vient accompagner l’arrivée de Acronym, le nouvel album de The Amber Day, attendu le 30 octobre 2026. Après Our Stories, paru en 2023, le groupe franchit ainsi une nouvelle étape avec un disque qui semble vouloir conjuguer la chaleur de ses influences folk avec une écriture plus contemporaine et parfois plus préoccupée.
Le titre Gold s’inscrit parfaitement dans cette évolution. Sous ses airs lumineux et son refrain fédérateur, la chanson regarde le présent avec une certaine distance et pointe les paradoxes d’une époque où l’on peut passer en quelques secondes d’une catastrophe mondiale à une vidéo anodine sur son téléphone.
C’est sans doute là que The Amber Day trouve aujourd’hui une partie de son intérêt : dans cette capacité à faire cohabiter le réconfort d’une mélodie et une forme d’inquiétude sous-jacente.
The Amber Day, une histoire qui continue sur scène
Si Gold permet de découvrir une nouvelle facette du groupe, The Amber Day reste avant tout une formation dont l’identité s’est construite sur scène. Depuis son premier EP éponyme en 2021 puis Our Stories, le quintet franco-américain a multiplié les concerts et les premières parties, notamment aux côtés de Louise Attaque, Talisco et Ko Ko Mo.
L’arrivée de Acronym donnera donc naturellement lieu à de nouveaux rendez-vous avec le public. Le groupe retrouvera notamment le Confort Moderne à Poitiers le 7 novembre 2026 pour sa release party, avant de se produire au Hasard Ludique à Paris le 14 novembre.
Deux occasions de découvrir en live les nouvelles compositions d’un groupe qui continue de faire dialoguer la folk américaine, la pop et une énergie plus rock.
Avec Gold, The Amber Day ne change pas de nature : il affine simplement son regard. Une chanson entraînante pour parler d’un monde qui l’est nettement moins, un refrain qui reste en tête pour évoquer ce sentiment de ne plus très bien savoir où donner de la tête. Le nouvel album Acronym, attendu le 30 octobre, devrait permettre de prolonger cette réflexion en musique.
Le blues n’a décidément pas besoin d’un passeport américain pour continuer à vibrer avec authenticité. Depuis la Belgique, Steven Troch fait partie de ces musiciens qui ont parfaitement compris que respecter une tradition ne signifie surtout pas rester prisonnier de ses codes. Harmoniciste, chanteur, compositeur et véritable homme-orchestre, il s’est imposé au fil des années comme l’une des figures intéressantes du blues et des musiques roots belges.
Endorsé par Hohner, Steven Troch possède une relation particulièrement étroite avec l’harmonica. Mais réduire son univers à son instrument fétiche serait une erreur : sa voix, son écriture et son goût pour les mélanges stylistiques participent pleinement à son identité. À la tête du Steven Troch Band, il développe un Rhythm & Blues énergique qui regarde autant vers les maîtres du passé que vers une création contemporaine assumée.
De la contamination Rhythm & Blues au Steven Troch Band
Steven Troch a été « contaminé » par le Rhythm & Blues à la fin de son adolescence. Une contamination dont, manifestement, il ne cherche surtout pas à guérir ! Au contraire, il va progressivement approfondir son rapport à l’harmonica et aux racines du blues pour devenir un musicien reconnu bien au-delà des frontières belges.
Son approche s’inspire notamment des grands maîtres du blues ancien, mais aussi de figures plus modernes de l’harmonica telles que Gary Primich, William Clarke, Steve Baker ou Joe Filisko. Cette filiation ne l’empêche jamais de développer une personnalité propre. C’est même probablement là que réside une partie de son intérêt : Steven Troch connaît ses classiques, mais il ne les récite pas.
Lauréat de deux concours internationaux consacrés à l’harmonica, il s’est produit dans plus de dix pays et a accompagné plusieurs artistes internationaux. Son harmonica apparaît également sur plusieurs dizaines d’albums, témoignant d’une activité de musicien de session particulièrement conséquente. Son propre site évoque aujourd’hui plus de quarante albums sur lesquels on peut entendre son instrument.
Après diverses expériences dans la scène blues et roots, Steven Troch franchit une nouvelle étape en 2016 en développant son propre groupe. Le Steven Troch Band va alors devenir son principal laboratoire musical.
Un blues qui regarde devant lui
Le Steven Troch Band possède cette qualité assez rare de pouvoir jouer un blues qui sonne authentique sans donner l’impression d’avoir été enfermé dans un musée.
À la base, on trouve bien entendu les sonorités du Chicago blues, aussi bien acoustiques qu’amplifiées. Mais Troch ne s’interdit aucune escapade. Rhythm & Blues, swing, country, Americana et autres influences roots viennent régulièrement enrichir ses compositions.
Le résultat est un blues contemporain, parfois rugueux, parfois plus sophistiqué, mais toujours porté par une solide énergie collective. La guitare peut se faire mordante, la section rythmique particulièrement efficace et l’harmonica occupe naturellement une place centrale sans écraser les autres instruments.
Le groupe s’est ainsi produit dans de nombreux festivals et clubs européens, notamment aux Pays-Bas, en France, en Allemagne et en Suède, ce qui a contribué à installer sa réputation au-delà de la Belgique.
Une voix, une écriture et surtout une vraie personnalité
Steven Troch n’est pas seulement un virtuose de l’harmonica. Il est également un chanteur capable de donner du relief à ses textes et un compositeur attentif aux atmosphères.
Cette dimension prend une importance particulière dans ses albums. Les chansons ne sont pas de simples prétextes à démonstration instrumentale. Elles racontent quelque chose, suggèrent des histoires et laissent parfois suffisamment d’espace à l’auditeur pour interpréter ce qu’il entend.
C’est particulièrement évident sur The Call, troisième album studio de Steven Troch, paru le 15 avril 2022. L’album revendique une position intéressante : un pied dans le XXe siècle et l’autre dans le présent. Le blues reste le socle, mais il est enrichi de changements de tonalité, de tempo et de textures.
Sur ce disque, Steven Troch ne se contente d’ailleurs pas de chanter et de jouer de l’harmonica. Il utilise également la mélodica, le cosmic bow et même la scie musicale. Une façon assez parlante de rappeler que le bonhomme n’est pas du genre à laisser une idée sonore intéressante au bord de la route.
« The Dawning », un groupe qui élargit son horizon
Avec The Dawning, paru le 25 avril 2025, le Steven Troch Band franchit une nouvelle étape. Présenté comme son quatrième album studio, le disque est probablement celui qui illustre le mieux cette volonté d’élargir le vocabulaire musical du groupe.
Le blues demeure présent, évidemment, mais il se retrouve désormais au milieu d’un paysage beaucoup plus vaste où se croisent country, swing, R&B et différentes formes de roots music. Les morceaux peuvent ainsi passer du rugueux au plus sophistiqué sans perdre la cohérence de l’ensemble.
La force de The Dawning tient justement à cette diversité. Le groupe ne cherche pas à empiler artificiellement les influences : elles semblent naturellement intégrées à son langage.
La pochette, signée Iris Van Der Kerken, évoque elle aussi cette idée d’aube et de nouveau départ. Et musicalement, le disque porte bien son titre : quelque chose se lève, quelque chose s’ouvre.
La formation actuelle réunit Steven Troch au chant et à l’harmonica, Matt T. Mahony à la guitare, Liesbeth Sprangers à la basse et aux choeurs et Dennis de Gier à la batterie, aux percussions et aux choeurs. Des musiciens auxquels viennent ponctuellement s’ajouter différents invités, notamment Tom Eylenbosch, Vic Ruggiero ou Laura Vandeheede.
Une alchimie collective
Si Steven Troch demeure évidemment le visage et la voix du groupe, le Steven Troch Band fonctionne avant tout comme une véritable formation.
Liesbeth Sprangers apporte une basse particulièrement solide, tandis que Dennis de Gier élargit considérablement le registre rythmique du groupe. À la guitare, Matt T. Mahony dispose de suffisamment d’espace pour sortir du rôle de simple accompagnateur et apporter ses propres couleurs.
C’est cette interaction qui permet au groupe de dépasser le traditionnel format « chanteur-harmoniciste accompagné par un groupe de blues ». Les musiciens construisent ensemble une identité sonore où chaque instrument contribue à l’équilibre général.
Et puis il y a cette capacité à surprendre. The Call le démontrait déjà avec ses variations de timbres, de tonalités et de tempos. The Dawning pousse encore plus loin cette logique en multipliant les passerelles entre les différents territoires des musiques roots.
Une discographie qui raconte une évolution
La discographie de Steven Troch et du Steven Troch Band permet de suivre cette évolution. Après Nice ‘n’ Greasy, son premier album solo paru en 2016, viennent les productions du groupe, qui vont progressivement élargir son approche du blues.
Albums studio
2016 – Nice ‘n’ Greasy
2018 – Rhymes For Mellow Minds
2022 – The Call
2025 – The Dawning
Compilation
2020 – Leftovers
Live
2024 – Live @ MindYourHead
La discographie publiée sur Bandcamp recense également plusieurs singles et titres sortis entre les albums, dont Sweetest Angel, Bad Love et Old Oak Tree.
Steven Troch, un bluesman sans frontières
Ce qui rend Steven Troch particulièrement intéressant est finalement assez simple : il possède une connaissance profonde du blues sans avoir besoin de constamment démontrer qu’il la possède.
Son harmonica peut être incisif, son chant chaleureux ou rugueux selon les circonstances, tandis que son écriture lui permet de sortir régulièrement des sentiers balisés. Avec le Steven Troch Band, il transforme cette culture blues en une matière vivante, capable d’accueillir le swing, la country, le R&B ou l’Americana.
The Dawning confirme ainsi une évolution déjà perceptible sur The Call. Le blues reste la colonne vertébrale, mais les murs commencent sérieusement à tomber autour d’elle. Et c’est probablement la meilleure manière de faire vivre une musique née il y a plus d’un siècle : en la respectant suffisamment pour pouvoir encore la faire évoluer.
Steven Troch est donc bien plus qu’un excellent harmoniciste belge. C’est un musicien complet, curieux et expérimenté, dont le parcours démontre qu’un instrument aussi ancien que l’harmonica peut encore ouvrir de nombreuses portes. Il suffit simplement d’avoir envie de les pousser.
Membres du Steven Troch Band
Steven Troch : Chant, harmonica
Matt T. Mahony : Guitare
Liesbeth Sprangers : Basse, chœurs
Dennis de Gier : Batterie, percussions, chœurs
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