Karasu Merodi réinvente sa pop avec STORIES

Après Bedroom Memories, Karasu Merodi revient avec STORIES, un EP de deux titres qui marque une évolution claire dans son univers : une pop plus affirmée, plus lumineuse, sans perdre la sensibilité introspective qui fait son identité.

Pensé comme la suite naturelle de son précédent projet, STORIES explore cette fois un territoire sonore où la narration personnelle, les textures électroniques et une production léchée se rencontrent.

L’artiste explique avoir été impliqué dans chaque étape du processus créatif, de l’écriture à la sélection des samples, en passant par la construction des mélodies et le sound design. Sa singularité artistique s’exprime dans ces fragments d’histoires personnelles, où chaque piste reflète un moment de vie, un souvenir, une émotion.

Dans ce projet, Karasu a choisi de collaborer ponctuellement avec SUNO.IA, un outil d’IA générative utilisé comme extension de sa créativité :

« Je n’ai pas de chanteur, donc SUNO m’a aidé à concrétiser certaines idées et à finaliser ma vision. Mais je suis resté maître de chaque décision, chaque version, chaque nuance du son. »

Karasu Merodi dévoile STORIES

Le résultat donne un EP hybride, où l’équilibre entre création humaine et assistance technologique est parfaitement assumé.

Certaines compositions sont entièrement créées par l’artiste, tandis que d’autres sont co-construites lorsque l’IA apportait l’étincelle nécessaire pour finaliser une idée déjà amorcée.

Avec STORIES, Karasu Merodi confirme une direction artistique singulière : avancer « main dans la main » avec l’IA sans jamais perdre l’essence humaine de sa musique. Une démarche qui ouvre des perspectives inédites pour l’artiste, tout en conservant une sincérité narrative palpable.

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Big Scaries : la douce échappée de Lucy in the Lighthouse

Big Scaries

Il y a des disques qui s’écoutent, et d’autres qui se traversent comme des souvenirs. Avec Lucy in the Lighthouse, Big Scaries signent un EP court mais habité, une parenthèse suspendue entre adolescence rêvée et nostalgie douce-amère.

Le duo originaire des États-Unis, composé de Dean Chittenden et Gavin Kendrick Brown, n’a pourtant rien d’évident. Leur rencontre tient presque du paradoxe : l’un venait de l’indie rock, l’autre d’un folk sombre et tous deux semblaient d’accord sur un point… ne pas faire de folk. Raté. Ou plutôt, réussite inattendue. Car c’est précisément dans cette zone floue, entre leurs influences respectives, que leur musique trouve aujourd’hui sa justesse.

Au cœur de cet EP, il y a Lucy. Pas une personne réelle, mais une présence familière, comme une amie dont on aurait oublié le visage mais gardé les sensations. Lucy, c’est celle qui fuit, qui aime, qui doute  et surtout celle qui regarde le monde avec une intensité propre aux premières fois.

À travers elle, Big Scaries racontent moins une histoire qu’un état : celui d’un moment de vie où tout semble possible, où l’on construit son identité dans les marges, entre rébellion discrète et rêves trop grands.

Big Scaries Lucy in the Lighthouse

Le morceau-titre, Lucy in the Lighthouse, ouvre l’EP comme on entrouvre une fenêtre sur la nuit. On y croise des escapades clandestines, des toits surplombant la ville, des films projetés à la volée… et ce phare, surtout, figure centrale et presque mythologique. Refuge, repère, promesse d’ailleurs : il incarne ce besoin d’évasion qui brûle doucement à cet âge-là.

Avec Lucy is Sentimental, le ton se fait plus introspectif. La chanson capte ce moment étrange où l’on commence à comprendre que les choses passent — et que l’on s’y attache d’autant plus. Les objets, les lieux, les gens deviennent des points d’ancrage fragiles, mais essentiels.

Enfin, Lucy Loves Anarchy vient bousculer cette douceur avec une énergie plus libre, presque insouciante. On y retrouve le goût de l’interdit, les journées volées à l’école, les routes sans destination. Mais sous cette légèreté affleure une envie sincère : celle de choisir sa vie, à deux, loin des cadres imposés.

Ce qui frappe dans Lucy in the Lighthouse, c’est sa manière d’évoquer un monde d’avant, non pas avec mélancolie pesante, mais avec une forme de tendresse lucide. Un temps où les souvenirs ne passaient pas par un écran, où les liens se construisaient dans la présence, dans le silence parfois, dans l’intensité souvent.

Big Scaries ne cherchent pas à recréer cette époque : ils la réinventent, à travers une écriture sensible et une atmosphère enveloppante. Leur musique agit comme un déclencheur, une madeleine sonore qui laisse à chacun la place d’y projeter ses propres images.

L’histoire ne s’arrête pas là. Le duo travaille déjà sur un nouveau chapitre centré sur un autre personnage : Margot. Si Lucy incarnait une lumière douce, presque nostalgique, Margot s’annonce plus étrange, peut-être plus trouble.

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